Pas de représentation démocratique dans l’assemblée métropolitaine !

Amendement au projet de délibération n° 2026-0096 portant sur la constitution des groupes politiques -

Amendement porté par les élues communistes républicaines et citoyennes, par le groupe Les Écologistes et apparentés, par le groupe Socialistes et Place Publique

Exposé des motifs

Il est nécessaire de défendre la démocratie.

Pour garantir le bon fonctionnement et la vivacité démocratique du Conseil de la Métropole, il est impératif et essentiel d’assurer une représentation équitable et juste des différentes forces politiques présentes à l’issue du scrutin.Cette exigence démocratique permet une représentation plus juste du pluralisme exprimé par les électeurset est donc gage de débats plus démocratiques et plus représentatifs. Dans un monde où le débat démocratique est de plus en plus abîmé, où l’invective, la violence et la force remplacent le débat et la construction collective, il nous paraît nécessaire que l’ensemble des sensibilités politiques désignées par les électeurs puissent participer de façon pleine et entière aux débats et décisions en disposant des moyens d’un groupe politique.

Pour tenir pleinement compte de ces impératifs démocratiques, nous proposons d’abaisser le seuil de constitution d’un groupe politique de 5 à 3 membres.

Amendement :

En page 2 de la délibération, modifier le délibéré :

« Fixe à 5 le nombre minimum d’élus pour constituer un groupe politique au sein du Conseil. »

Par : « Fixe à 3 le nombre minimum d’élus pour constituer un groupe politique au sein du Conseil. » 

L’amendement a été rejeté.

Les élues communistes républicaines et citoyennes siègeront comme « non inscrites » au sein de l’assemblée.

Les femmes communistes savent se faire entendre en toutes circonstances !

2026-0096 - Conseil de la Métropole de Lyon - Constitution des groupes politiques -

Mme la Conseillère L. Arthaud : Madame la Présidente, cher·es collègues, la délibération que vous nous présentez aujourd’hui fixe à 5 le nombre minimum d’élu·es pour constituer un groupe politique au sein du Conseil. Vos prédécesseurs avaient fait le choix de fixer ce nombre minimum à 2.

Vous avez déclaré à la presse qu’ « à deux on ne fait pas un groupe mais un binôme ». En mathématiques, 2, c’est déjà un groupe.

Le 26 mars, vous déclariez ici même que vous souhaitiez « conduire une gouvernance différente, plus proche, plus respectueuse, plus pragmatique et moins idéologique » et « être la présidente de tous les Grands Lyonnais » (et je rajouterais Grandes Lyonnaises).

Une gouvernance plus proche, plus respectueuse, qui représente tous les Grands Lyonnais et toutes les Grandes Lyonnaises, ce n’est pas une gouvernance qui ignore le vote de milliers d’électeurs qui ont porté leur choix sur des listes de gauche, listes qui -pour au moins l’une d’entre elles- a fait le choix d’une diversité de partis politiques, parce que nous savons que la démocratie se construit dans le débat.

Nous, élu·es communistes, dénonçons depuis la création de la Métropole en 2015 le statut de cette institution qui, malgré le suffrage direct, ne permet pas une vie démocratique à la hauteur des défis de nos sociétés fracturées. Cette métropolisation n’est, pour nous, qu’une remise en cause du triptyque Commune-Département-Nation au profit de ce qui éloigne les institutions des citoyen·es, le triptyque Métropole-Région-Union européenne.

Avec cette délibération, vous ne faites que renforcer l’éloignement des citoyens de la Métropole. Nous continuerons à défendre une métropole des communes et des citoyen·es, en portant un projet alternatif à votre majorité, qui ne va faire exister qu’une métropole des maires.

Une gouvernance plus proche, plus respectueuse, qui représente tous les Grands Lyonnais et toutes les Grandes Lyonnaises, ce n’est pas une gouvernance qui cherche à invisibiliser des partis, des idées, des forces politiques dans son assemblée. La démocratie en France, ce n’est pas museler l’opposition. La vie politique a besoin de pluralisme, d’expressions politiques contradictoires, nuancées. Dans un monde où le débat démocratique est de plus en plus abîmé, où l’invective, la violence et la force remplacent le débat et la construction collective, il nous paraît nécessaire que l’ensemble des sensibilités politiques désignées par les électeurs puissent participer de façon pleine et entière aux débats et décisions en disposant des moyens d’un groupe politique.

Avec cette délibération, vous montrez votre défiance envers le débat démocratique. Nous continuerons à défendre la démocratie, et nous savons le faire.

Enfin, une gouvernance moins idéologique ce n’est pas une gouvernance qui tend la main à l’extrême droite. Permettre, dans cette assemblée, l’existence d’un groupe politique du Rassemblement National et chercher à effacer des groupes de gauche est un acte politique fort. Le seuil de 5 élu·es est clairement choisi pour permettre ce groupe politique. C’est un choix que vous devrez assumer, lourd de conséquences. Avec cette délibération, vous sortez du barrage républicain à l’extrême droite, reniant une partie de notre histoire commune. Nous continuerons à lutter contre l’extrême droite, contre ses mensonges éhontés et ses idées nauséabondes.

Nous sommes, avec Aline Guitard et Michèle Picard, déterminées à mener le combat. Les femmes communistes savent se faire entendre dans toutes les circonstances. Contre cette délibération anti-démocratique, nous appelons tous les élus et toutes les élues qui se reconnaissent dans les valeurs de la République et de la démocratie à voter en faveur de l’amendement que nous portons avec le groupe des Écologistes et apparentés et le groupe Socialiste et Place publique.

Je vous remercie.

La vidéo de l’intervention : https://youtu.be/orgbNnl3zF8?t=9771

Il va falloir unir et rassembler les citoyens et les habitants !

Intervention liminaire -

Mme la Conseillère M. Picard : Madame la Présidente, cher·es collègues, il va falloir unir et rassembler les citoyens et les habitants. D’une décennie de Macronie, le principal legs restera la grande fragmentation du paysage électoral, qui s’est à nouveau vérifié dans les urnes le 22 mars, à l’occasion du second tour des municipales. À droite, une obsession croissante pour l’immigration, poreuse aux idées du Rassemblement National. À gauche, une tentative de rassemblement, parfois difficile, mais nécessaire pour contrer la montée des extrêmes. Et pourtant, la coloration politique de notre pays est mosaïque, que nous habitions dans les centres-villes, la banlieue, la ruralité où la pauvreté augmente encore et toujours, avec près de 10 millions de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté.

Néanmoins, avec un recul de 4 points de participation par rapport à 2014, ces élections confirment une tendance lourde : la démocratie locale, comme la démocratie tout court, est en crise. Ces municipales scellent surtout une fatigue démocratique aussi dramatique que décisive, avec une abstention qui atteint encore 43 %, témoignant s’il le fallait encore de l’éloignement durable entre une partie des citoyens et des institutions politiques jugées déconnectées de leurs souffrances et impuissantes à changer leur vie. À quand des réponses aux urgences sociales concernant le logement, l’emploi, la sécurité, la santé ? Le recours au droit face à la dématérialisation, à la fermeture de services publics, … est un premier pas, aujourd’hui, et nous devons tout faire pour rendre les guichets accessibles. Allons plus loin encore confrontés que nous sommes aux besoins toujours grandissants et plus vitaux !

Les maires ne disposant que de moyens réduits à cause des réformes de l’État, les communes doivent retrouver des marges de manœuvre financières et politiques grâce, entre autres, à un réinvestissement massif dans les services publics, l’école, la santé et le logement. Et le développement des intercommunalités et des métropoles a créé des espaces de décision peu transparents pour les citoyens. D’où notre engagement, encore plus d’actualité, pour une métropole des communes et des citoyens.

Nous vous entendons bien, madame la Présidente, quand vous affirmez vouloir « conduire une gouvernance différente, plus proche, plus respectueuse, plus pragmatique et moins idéologique » et que vous serez « la présidente de tous les Grands Lyonnais et de toutes les communes de la Métropole. » Chiche pour une métropole unie, où chaque voix compte et où les projets émergent du terrain !

– Alors, pourquoi supprimer l’encadrement des loyers sous prétexte qu’il participerait « à aggraver la pénurie de logements sur le marché » ? D’autant que les communes qui ont l’encadrement des loyers ont voté pour le conserver : le scrutin municipal est clair à Lyon comme à Villeurbanne.

– Alors, pourquoi imposer un mégatunnel Fourvière entre Tassin et Saint-Fons d’un coût abyssal et dont le ministre des Transports lui-même a exprimé son peu d’enthousiasme ?

Enfin, madame la Présidente, nous vous soutenons pleinement lorsque vous écrivez, le 1er avril dernier, aux plus de 9 500 agents de la Métropole que « la continuité, la neutralité, l’égalité de traitement et le sens de l’intérêt général guideront notre action » et nous espérons que lorsque vous évoquez « les évolutions nécessaires », cela ne signifie pas des baisses de personnels et une précarité de l’emploi. En ces temps de crises, d’angoisses, de vulnérabilité, n’abandonnons personne sur le chemin ! Il y va de la santé de notre métropole ! Il y va de notre avenir !

Nous serons vigilantes sur ce qui sera mis en place, mais votre première décision, madame la Présidente, de limiter à 5 la constitution d’un groupe est déjà une sacrée atteinte à la démocratie et à la liberté d’opinion. Nous, élues communistes républicaines et citoyennes, n’aurons plus aucun moyen de fonctionnement alors que nous représentons les habitants et les citoyens de la Métropole de Lyon. Nous vous avons d’ailleurs adressé un courrier à ce sujet. Nous vous assurons que les élues communistes seront présentes, dans tous les conseils, et que nous saurons nous faire entendre.

La vidéo de l’intervention : https://youtu.be/orgbNnl3zF8?t=8426

Pas de groupe communiste à la Métropole de Lyon ?

Message de Léna Arthaud, Aline Guitard et Michèle Picard à la présidente du Grand Lyon la Métropole

Madame la Présidente,

Quelle ne fut pas notre stupéfaction de lire la délibération n° 2026-0096 du conseil du 22 avril prochain limitant à 5 le nombre d’élus pour la constitution d’un groupe !

Nous ne pouvons que regretter cette première décision de votre présidence. En effet, ce projet de délibération est un déni de démocratie, une façon de museler toute opposition. Elle nous touche ainsi que d’autres formations politiques et va à rebours de votre discours où vous affirmiez : « Je serai à l’écoute » puisque tout est fait pour qu’on ne parle pas trop…

Vous remerciant de l’attention que vous voudrez bien accorder à nos remarques et en espérant que vous reviendrez sur votre décision,

Nous vous prions d’agréer, Madame la Présidente, l’expression de nos salutations distinguées.

Les Conseillères métropolitaines,

Léna ARTHAUD, Aline GUITARD, Michèle PICARD

Le grand détournement…

En 2025, les dividendes versés aux actionnaires atteignent le vertigineux montant de 72,8 milliards d’euros. Les 53 Français les plus riches gagnent en 24 minutes l’équivalent du revenu annuel moyen. En seulement cinq ans après l’arrivée au pouvoir de l’actuel président de la République, les revenus des 0,1 % les plus riches avaient grimpé de plus de 51 %, contre 44,7 % de hausse sur les quinze années précédentes ! Le revenu médian n’a augmenté que de 5 % sur la même période.

Pourtant, « parmi les personnes les plus fortunées, des milliers ont un revenu fiscal de référence de zéro. Ils ne paient aucun impôt sur le revenu. » Dès 2023, les 378 contribuables les plus fortunés ne s’acquittaient que de 2 % d’impôt sur le revenu. Notre système fiscal n’est donc pas complexe, comme on aime à nous le faire croire. Il est injuste, et réclame toujours des efforts des mêmes et protège les mêmes. C’est sur ceux qui n’ont plus rien à donner que vont peser les efforts budgétaires !

Taxer de 2 % les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros était largement justifié et aurait respecté « le principe d’égalité devant l’impôt consacré dans l’article 13 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. » Il va bien falloir passer à la caisse et mettre fin à ces privilèges.

Nous aussi, nous aimons la vie…

Moins 8 milliards pour les communes, plus 7 milliards pour l’armée !

Les élus communistes demandent :

– L’arrêt immédiat des prélèvements sur les budgets des collectivités.

– Une refonte de la fiscalité locale pour plus de justice sociale.

– Un fonds d’urgence de 100 milliards d’euros pour les investissements locaux.

– La défense de la paix et des services publics.

Nous aussi, nous aimons la vie…

Nous aussi, nous aimons la vie quand nous en avons les moyens.

Nous dansons entre deux martyrs et pour le lilas entre eux, nous dressons un minaret ou un palmier.

Nous aussi, nous aimons la vie quand nous en avons les moyens.

Au ver à soie, nous dérobons un fil pour édifier un ciel qui nous appartienne et enclore cette migration.

Et nous ouvrons la porte du jardin pour que le jasmin sorte dans les rues comme une belle journée.

Nous aussi, nous aimons la vie quand nous en avons les moyens.

Là où nous élisons demeure, nous cultivons les plantes vivaces et récoltons les morts.

Dans la flûte, nous soufflons la couleur du plus lointain, sur le sable du défilé, nous dessinons les hennissements

Et nous écrivons nos noms, pierre par pierre.

Toi l’éclair, éclaircis pour nous la nuit, éclaircis donc un peu.

Nous aussi, nous aimons la vie quand nous en avons les moyens.

(Mahmoud Darwich, 1986)

La verrue sous Fourvière ?… Elle commence à Limonest ! …

Le candidat Jean-Michel Aulas est un grand communicant, expert des médias, télés et réseaux sociaux. Ce début d’année, il frappe fort avec une annonce qui en rappelle d’autres, un nouveau tunnel sous Fourvière, la Saône, le Rhône, … Il ne nous dit pas si cela va « faire sauter le bouchon de Fourvière », comme l’avait promis Gérard Collomb en 2016 avec le déclassement des autoroutes A6-A7…

Oui, le tunnel sous Fourvière est une verrue, à l ’origine de ce célèbre « bouchon » qui engorge Lyon et les quais de la Saône et du Rhône bien trop souvent…

Jean-Michel Aulas est, sans doute, obnubilé par la ville de Lyon, mais a-t-il regardé la carte ? D’où viennent ces véhicules qui se retrouvent dans cette verrue ? Les faire disparaître sous terre va-t-il faire disparaître le bouchon ?

C’est toute l’autoroute A6 que la droite de l’époque a inauguré triomphalement en 1971 et qu’un maire de Lyon appellera, 20 ans plus tard, « la connerie du siècle »… C’était le siècle dernier, mais Jean-Michel Aulas est bien parti pour proposer la connerie du 21ème siècle !

Deux milliards pour un nouveau tunnel… 4 fois plus long que celui du siècle dernier… 10 fois plus cher…

On comprend pourquoi le RER à la lyonnaise, dont tout le monde parle depuis des décennies, en est toujours à multiplier les études ! Car la droite lyonnaise n’arrive toujours pas à tirer de vraies leçons de sa « connerie du siècle dernier ». On ne fait pas traverser une autoroute dans une ville ! Et si le pire est sans doute l’impact sur la Presqu’île et Perrache, Jean-Michel Aulas oublie que cette autoroute toute entière est une fracture qui défigure les villes à l’ouest et au sud de Lyon !

Les communistes avaient dénoncé la « connerie du XXème siècle » de Louis Pradel, ils demandaient un vrai contournement ouest de Lyon et le développement prioritaire du rail, pour offrir une alternative confortable, rapide, décarbonée, à tous ceux qui viennent travailler à Lyon de toute l’aire urbaine. Il nous faut des lignes de train cadencées venant de Bourg-en-Bresse, de Mâcon, de Roanne, de Saint-Étienne, de Vienne, de Grenoble, de Chambéry, … Il faut, pour cela, des dizaines de milliards sur les trois mandats au moins. C’est la priorité absolue pour faire sauter les bouchons, de Fourvière comme de l’est lyonnais.

La majorité de gauche et écologiste métropolitaine a fait un premier pas avec le doublement des investissements du SYTRAL, et les longues discussions avec la Région et l’État pour le SERM lyonnais. C’est la priorité des communistes. Il faut de nouveau doubler les investissements du SYTRAL, obtenir un plan RER dédié de l’État et fixer une nouvelle ambition de métros et trams articulée au rail pour la grande agglomération lyonnaise.

C’est le grand projet que portent les communistes dans le débat métropolitain de 2026.

Pierre-Alain Millet, Président du groupe communiste et républicain du Grand Lyon

Métropole de Lyon… et production de logements neufs, particulièrement dans le parc social…

2025-3273 - Aides à la pierre logement social -

M. le Conseiller R. Debû : Monsieur le Vice-Président, mesdames et messieurs, chers collègues, avec cette délibération, il est donné à voir l’importance de l’action métropolitaine dans le logement social mais également du soutien aux propriétaires du parc de logement privé.

En effet, la Métropole de Lyon joue un rôle moteur dans la production de logements neufs, particulièrement dans le parc social -avec pas moins 4 338 logements locatifs sociaux programmés pour cette année. Mais notre collectivité intervient aussi fortement dans la rénovation énergétique du parc privé ainsi que dans le soutien spécifique aux copropriétés dégradées.

Dans les faits, et malgré de nombreuses affirmations contraires, les budgets consacrés aux parcs privé et social sont équivalents, respectivement 115 millions et 122 millions. C’est un effort notable, et dont l’effet levier est de première importance qui, aujourd’hui, porte ses fruits.

Dans le parc privé, cela se traduit par une amélioration du confort thermique des logements et, à terme, permettra des économies pour les propriétaires occupants. Plus largement, un des objectifs du soutien de notre Métropole aux divers dispositifs, notamment « MaPrimeRénov’ », est aussi de remettre sur le marché locatif un certain nombre de logements aux étiquettes F et G, pour faire face à la pénurie de logements privés autant que sociaux. À ce titre, et malgré les démarches volontaristes de la Métropole, trop peu de propriétaires -souvent multipropriétaires- ont joué le jeu. Il reste donc, là, un gisement important à exploiter et, sans doute, de nouveaux outils à inventer.

Nous nous sommes également beaucoup investis dans le soutien aux copropriétés dégradées et avons développé, comme aucune autre collectivité, le BRS. Le Bail réel solidaire est un outil d’avenir permettant de dissocier propriété foncière et propriété du logement, tout en s’opposant aux logiques spéculatives. À mi-chemin entre les logiques publiques et privées, le BRS est un acquis important à conserver et qui, de fait, met le doigt sur l’obstacle majeur sur lequel nous butons, à savoir la cherté du foncier.

Car c’est bien là que le bât blesse : la production de logements sociaux se heurte encore et toujours aux prix excessifs du foncier, mais aussi à un manque d’enthousiasme – pour dire le moins- de certaines municipalités.

La production de logements sociaux repose donc sur une volonté politique, dont nous avons fait la démonstration, ici, tout au long du mandat. Mais cela demande aussi et, particulièrement, de maîtriser le foncier -afin d’en maîtriser le prix. Et, dans cet esprit, il nous apparaît indispensable de maintenir et développer l’encadrement des loyers, que d’aucuns veulent abroger.

C’est même tout l’arsenal anti-spéculatif qu’il faut déployer : limitation des meublés de tourisme, du coliving et, bien sûr, des tours de bureaux -bien souvent sous-occupées. La construction continue de surfaces tertaires illustre, d’ailleurs, bien la fuite en avant d’un marché immobilier de moins en moins rationnel, entièrement tourné vers la spéculation.

Alors, bien évidemment, la propriété foncière a toujours été au fondement du capitalisme, mais nous atteignons aujourd’hui des niveaux de déconnexion délirante. On ne parle plus de patrimoine mais d’actifs, totalement déterritorialisés, sans aucun lien avec les quartiers et communes où ils sont situés, sans lien évidement avec les besoins sociaux, mais sans lien non plus avec le marché locatif privé.  Et si ce n’avait que des effets sur les spéculateurs, ma foi, je ne m’en soucierais guère. Malheureusement, la rente situationnelle impacte l’ensemble des travailleurs et habitants de l’agglomération en faisant exploser les prix, pour le plus grand bonheur des spéculateurs.

Spéculateurs immobiliers, dont la réponse aux besoins sociaux est le cadet des soucis mais qui savent, néanmoins, trouver le chemin de la puissance publique lorsque leurs actifs immobiliser se déprécient, lorsque leurs opérations risquent de capoter. Et, dans ces cas de figure, ils attendent des pouvoirs publics qu’ils servent de parachutes aux aventures capitalistiques, suivant la logique immuable des libéraux : socialisation des pertes et privatisation des bénéfices.

C’est, d’ailleurs, bien le paradoxe dans laquelle notre collectivité se trouve parfois à devoir voler au secours d’intérêts privés. Certes, dans ces cas-là, soudainement, les promoteurs trouvent les moyens de convertir des immeubles de bureaux en immeubles de logement. Soudainement aussi, le logement social trouve sa place dans leur modèle. À court terme, il peut s’agir d’un plus pour la Métropole mais, ce faisant, nous participons, à notre corps défendant, à entretenir la dynamique spéculative et l’augmentation constante des prix.

Ainsi, nous restons prioritairement attachés à la production et l’amélioration du logement social afin de lutter contre la pénurie de logements abordables. Nous soutenons également les opérations en BRS et, évidemment, tous les outils de maîtrise foncière. Nous redisons, ici, notre attachement à l’encadrement des loyers et nous devons nous donner les moyens de le faire respecter par tous les propriétaires. 

Le chemin reste encore long pour permettre la mise en œuvre effective du droit à habiter la ville, pour toutes et tous, et c’est un défi que nous relèverons collectivement. Je vous remercie.

La vidéo de l’intervention : https://youtu.be/3u4UfqWT_aw?t=25426

Plan métropolitain de lutte contre les discriminations… et garantir le respect du principe d’égalité partout et pour toutes et tous…

2025-3215 - Plan métropolitain de lutte contre les discriminations - 1er volet : emploi sur la période 2025-2026 -

Mme la Conseillère L. Arthaud : Monsieur le Président, madame la Vice-Présidente, cher.e.s collègues, la discrimination se fonde sur notre façon de percevoir le monde qui nous entoure à travers un filtre empreint de stéréotypes. Ce phénomène, involontaire et automatique, permet l’apparition de certains préjugés. Cela se traduit concrètement par la production d’inégalités entre les groupes sociaux qui, en les confirmant, viennent renforcer les stéréotypes et préjugés visant ces groupes sociaux. Il y a donc un caractère systémique et répété des discriminations.

Une discrimination, c’est le traitement défavorable d’une personne par rapport à une autre placée dans une situation comparable. La loi définit 26 critères de discrimination, ainsi que des domaines d’application, avec, en premier lieu, l’emploi. La discrimination est un délit.

Cependant, la plupart des personnes victimes de discriminations qui décident d’engager des démarches pour faire valoir leurs droits est très faible. C’est 34 % de la population active qui rapporte avoir été victime de discrimination dans son parcours professionnel au cours des 5 dernières années, et seulement 7 % des personnes concernées qui ont engagé une démarche pour faire valoir leurs droits. Ce non-recours massif au droit s’explique par le sentiment d’inutilité de ce type de démarche, par le manque de confiance en la justice ou en la police, par le manque d’informations sur les recours possibles, par le manque de preuves de la discrimination subie, par la peur des représailles.

Que faire ? Reconnaître le rôle de chacun·e dans ce système, réaffirmer le caractère illégal des discriminations et engager une politique publique de prévention et de lutte contre les discriminations.

À travers ce Plan métropolitain de lutte contre les discriminations, la mobilisation de la Métropole s’articule autour de trois leviers d’action :

  • Promouvoir une culture commune de prévention et de lutte contre les discriminations.
  • Agir en tant qu’employeur.
  • Agir à travers les politiques publiques qu’elle mène sur le territoire.

L’ambition de la Métropole est transversale. Toutefois, ce premier volet du Plan métropolitain de lutte contre les discriminations donne la priorité à l’emploi, premier domaine dans lequel s’exercent les discriminations en France. C’est près d’un quart de la population active française qui rapporte avoir été victime de discrimination au travail et plus de 40 % déclarent avoir été témoins de tels actes, dans le public comme dans le privé. Les jeunes, catégorie de population active particulièrement vulnérable sur le marché de l’emploi, sont encore plus touchés par ce phénomène. Parce qu’elles ont un caractère systémique et répété, ces discriminations produisent des effets durables et délétères sur les personnes : sur leur carrière (chômage prolongé, démissions, licenciements, mesures de rétorsion, etc.) mais aussi sur leur santé et leurs relations sociales (altération de l’estime de soi, dégradation de la santé physique et/ou mentale, autocensure, repli sur soi, etc.). Ces conséquences peuvent conduire les personnes à une mise à l’écart durable du marché du travail.

  • Garantir le respect du principe d’égalité dans l’accès à l’emploi et le déroulement de carrière, quelles que soit sa situation ou ses caractéristiques personnelles.
  • Reconnaître et prendre en compte les vécus discriminatoires des personnes confrontées aux discriminations dans l’emploi.
  • Mettre la prévention et la lutte contre les discriminations au cœur des politiques publiques et des pratiques professionnelles des acteurs de l’emploi-insertion.
  • Contribuer au devoir d’exemplarité des acteurs publics et à une meilleure qualité de service en garantissant l’égalité de traitement et la non-discrimination à l’emploi.
  • Assurer l’effectivité du droit de la non-discrimination en améliorant l’accès au droit des personnes victimes de discrimination.

Ce sont les objectifs du Plan métropolitain de lutte contre les discriminations à l’emploi.

Cette démarche est co-portée par les élu.e.s à la lutte contre les discriminations, à l’emploi et à l’insertion de la Métropole, en partenariat avec la Maison métropolitaine d’insertion pour l’emploi (MMI’e) et les Villes de Lyon et Villeurbanne.

Il est proposé de reconduire le plan d’actions 2023-2024, tout en apportant des ajustements -notamment par l’ajout d’une action sur la coordination par la Métropole des réseaux de vigilance du territoire et la préfiguration d’un réseau de vigilance métropolitain, en complément de l’action visant à encourager l’expérimentation de différents réseaux de vigilance sur le territoire : expérimenter l’essaimage du réseau de vigilance en faveur de l’égalité et de la non-discrimination de Villeurbanne. L’objectif est de permettre une cohérence d’ensemble des démarches de réseau de vigilance du territoire, via la coordination de la Métropole, et de lancer une étude de préfiguration sur le passage à une échelle métropolitaine.

Il est de notre responsabilité d’utiliser tous les leviers d’action pour garantir le respect du principe d’égalité partout et pour toutes et tous.

Nous voterons favorablement cette délibération. Je vous remercie.

La vidéo de l’intervention : https://youtu.be/3u4UfqWT_aw?t=23353

BHNS entre Trévoux et Lyon… avec des réserves…

2025-3197 - Projet de réalisation d'une ligne de Bus à haut niveau de service (BHNS) entre Trévoux et Lyon - Avis sur le dossier de Déclaration d'utilité publique (DUP) et sur la demande d'autorisation environnementale -

M. le Conseiller T. Haon : Monsieur le Président, chers collègues, notre groupe votera favorablement cette délibération avec des questions sur les réponses aux réserves exprimées dans la concertation.

Nous la voterons en cohérence avec notre position historique pour le développement du transport public, même si nous avons défendu le rail, malheureusement abandonné par la Région -cohérence bien éloignée de l’opposition métropolitaine qui a voté « contre » en commission, sur un projet porté par la majorité de droite de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Allez donc comprendre quelque chose !

Ainsi, nous partageons les réserves émises :

  • Concernant les impacts sur les ruisseaux et, en particulier, sur l’ENS du Ravin pour lequel la Métropole a pris des mesures de protection. Est-ce que celles-ci ont bien été prises en compte ?
  • Concernant les impacts sur l’agriculture, 14,7 ha de grande culture -dont 1,8 ha d’agriculture biologique- devraient être convertis dans le cadre des mesures compensatoires environnementales.
  • Concernant la réalisation d’un parc relais à Neuville-Sud, la Métropole réitère son opposition à l’implantation d’un parc relais à proximité de cette station, en raison des impacts sur les conditions de circulation et d’accès aux établissements scolaires du secteur déjà signalés.
  • Concernant la proposition de terminus et de retournement à Garibaldi proposée par la Métropole et refusée par la Région, c’est très dommage car il permettait aux usagers d’avoir accès plus rapidement au pôle multimodal de la Part-Dieu contrairement au projet de la Région, qui prévoyait de le localiser sur le boulevard Jules Favre et un retournement dans les rues Fournet/ Waldeck Rousseau/Vauban, pour lequel les usagers devront faire 10min à pied pour rejoindre la gare de la Part-Dieu.
  • Il est à noter aussi l’absence d’aménagements cyclables sur les voiries métropolitaines réaménagées pour les besoins du BHNS à partir de la rue du Stade à Fontaines sur Saône, ce qui fait que les vélos autorisés à circuler sur la plateforme du BHNS se retrouvent dans la circulation générale dès qu’ils en sortent.

En ce qui concerne le coût de ce projet, le Parti communiste n’a eu, d’ailleurs, de cesse de dénoncer l’augmentation croissante. En 2022, nous en étions à 160 M€ (coût estimé par la Région) et passé, en 2024, à 291 M€. Il y a le coût financier mais aussi le coût environnemental, avec l’ENS du Ravin et les zones agricoles.

De ce fait, rappelons que, dès 2020, notre président Pierre-Alain Millet dénonçait ici même l’abandon de la ligne de train Lyon-Trévoux au profit de ce BHNS, faisant donc, je le cite, « Le choix de l’énergie fossile contre une énergie électrique décarbonée » et dénonçant le Contrat de plan État-Région de 2018, qui confirmait, à l’époque, la véritable démission politique de l’État, de la Région et de la Métropole sur la place du rail dans les mobilités urbaines.

Il est utile de rappeler aussi que la Région avait réalisé une étude, en 2007, sur la réouverture de la ligne SNCF Lyon-Trévoux, abandonnée par le gouvernement en 2011 à la grande colère, à l’époque, du maire de Trévoux et du collectif Val de Saône pour la réouverture de la ligne qui était initialement prévue pour 2022.

Oui, les communistes ont toujours insisté pour privilégier le train dans notre politique de mobilité. Il en est ainsi pour le tram-train Lyon-Trévoux, tout comme le SERM, les réouvertures de lignes TER et de gares SNCF ainsi que le fret ferroviaire. Je vous remercie.

La vidéo de l’intervention : https://youtu.be/3u4UfqWT_aw?t=20530