Archives par mot-clé : Séance publique du 28 septembre 2026

Pas de soutien à une association anti-IVG ! Non à Stérin !

CP-2026-0402 - Attribution de subventions de fonctionnement à diverses associations pour des actions d'hébergement et d'accompagnement de personnes vulnérables - Année 2026 -

Madame la Conseillère M. Picard : la délibération N° CP-2026-0402 propose d’attribuer deux subventions à des associations toutes deux présentées comme accompagnant des personnes en situation de précarité.

D’une part, Le Mas. Une structure lyonnaise bien connue dans l’accompagnement des publics fragilisés de notre Métropole et qui intervient, depuis de nombreuses années, en lien avec les collectivités… Le Mas est notamment -doit-on dire était ?- l’opérateur intervenant dans les Stations. Évidemment, je soutiens la subvention à cette association.

D’autre part, La Maison de Marthe et Marie. Cette fois, il s’agit d’une structure qui n’était pas partenaire de la Métropole de Lyon jusqu’à présent… Et pour cause ! Lorsque l’on se connecte au site de l’association, la vitrine est jolie : il est question de « colocations solidaires entre femmes enceintes, jeunes mères, étudiantes et jeunes pros », de soutien aux mères isolées, de projets de vie, … Il faut creuser un peu sur le site pour voir que cette structure est soutenue par « Les nuits du bien commun ». Il s’agit donc d’une structure de la « galaxie Stérin » dont le soutien aux idées réactionnaires, voire d’extrême droite, a été largement documenté, notamment par le travail minutieux de Thomas Lemahieu pour le journal l’Humanité. De PERICLES aux Nuits du Bien Commun, l’objectif de Monsieur Stérin est de permettre aux idées réactionnaires d’avoir pignon sur rue et d’infuser notre société. Avec Les Maisons de Marthe et Marie, l’objectif insidieux est un prosélytisme anti-IVG assumé. Cela a été également documenté par Sarah Bosquet et Rozenn Le Carboulec pour le média La déferlante.

En tant que communiste, en tant que militante féministe et, alors que le droit à l’IVG a été heureusement constitutionnalisé en France le 8 mars 2024, je ne peux cautionner le soutien à une association qui, sous couvert d’aider des femmes en situation de précarité, combat en réalité leur droit à disposer de leur corps.

Je demande donc un vote séparé sur cette délibération.

Privilégier les établissements privés et créer, de fait, une rupture d’égalité entre les élèves…

2026-0227 - Collèges publics et collèges privé s sous contrat d'association avec l'État Dotations de fonctionnement et forfaits d'externat 2027 -

Madame la Conseillère A. Guitard : Je suis un pur produit de l’école républicaine : petite fille d’un éboueur illettré, fille d’un ouvrier métallurgiste, j’ai pu étudier, aller à l’université notamment en bénéficiant d’une bourse, réussir mon concours et devenir enseignante.

Cette possibilité offerte à celles et ceux issu.e.s de ma classe sociale n’est le fait que de l’enseignement public, dont les établissements scolarisent sans aucun tri ni exclusive, quels que soient le niveau social, les difficultés scolaires ou de comportement. Ce sont eux qui portent au quotidien l’émancipation et l’accès à l’éducation pour tous et toutes !

Les délibérations soumises au Conseil métropolitain aujourd’hui -comme votre choix de célébrer la rentrée prioritairement dans un établissement privé- montrent votre volonté non pas de soutenir de manière inconditionnelle et totale l’enseignement public mais au contraire, j’allais dire « à la Pécresse », de privilégier le privé.

D’une part, en versant cette incompréhensible compensation pour les années précédentes, non seulement sans que nous ayons le début d’un bout de preuve que cet argent aurait réellement manqué au privé puisque vous ne produisez pas d’argumentation ni de chiffres pour étayer les choses mais en plus sans faire de démarche équivalente pour les établissements publics, créant  ainsi, de fait, une rupture d’égalité entre les élèves…

On me dit dans l’oreillette que les établissements publics n’ont qu’à, eux aussi, demander de l’argent, menacer du tribunal… Mais force est de constater, à la lecture du dossier N° 2026-0224, que lorsqu’ils le font, les établissements publics ont moins votre attention que ceux du privé (exception faite évidemment, mais de manière assez mystérieuse et sans transparence, du collège de Craponne…).

Les collèges publics n’ont jamais eu de « réserves » qu’ils thésauriseraient pour le plaisir : les fonds de réserve, aujourd’hui à l’os, permettaient depuis des années de porter des politiques pédagogiques innovantes, de financer des sorties ou des voyages, de développer l’ouverture culturelle… Malgré des dotations toujours plus contraintes.

Cette inégalité de traitement se poursuit dans votre projet de dotations et de forfait pour l’année 2027 où l’on constate (même si vous rendez la comparaison directe le plus difficile possible), de nouveau, une volonté de privilégier les établissements privés. Les élues communistes ne soutiendront jamais une telle politique !

Le social, on l’a bien compris, ce n’est pas l’affaire de la nouvelle majorité !

2026-0223 - Plan métropolitain Un premier emploi pour tous les jeunes - Abrogation du dispositif du Revenu de Solidarité Jeunes (RSJ) -

Madame la Conseillère A. Guitard : Selon la DREAL (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement), en France, un jeune entre 18 et 25 ans sur quatre vit sous le seuil de pauvreté. Dans le Rhône, près de 20 % de ce groupe d’âge est au chômage et se confronte à la difficulté de se loger, se nourrir, construire une vie. Les chiffres sont plus alarmants encore, quand on zoome sur la part de la jeunesse confrontée depuis l’enfance à la précarité, aux difficultés scolaires, aux parcours de vie hachés, qui peine à suivre une formation voire sort du système scolaire sans diplôme et se retrouve ainsi livrée à la grande précarité et à la pauvreté.

Or, pour ces jeunes aucun dispositif d’aide et d’accompagnement n’est réellement prévu par l’État ou les collectivités, si ce n’est un « accompagnement dit renforcé par France Travail pour les jeunes diplômés », qui est en réalité bien souvent une vague aide à rédiger un CV dispensée par des sous-traitants en DSP (Délégation de Service Public) et pas adaptée à nombre de jeunes !

D’ailleurs, selon vos propres constats -posés par la délibération-, même l’accès à l’emploi ne résout rien puisque si 50 % des jeunes accèdent à un emploi dans les 6 mois suivant leur inscription à France Travail, à peine 1/3 y sont encore 6 mois plus tard ! La pérennité des emplois dans notre pays, c’est un peu comme la solidité des contrats d’apprentissage quand les patrons ne touchent plus d’argent public : très aléatoire !

Ces données avaient amené la précédente majorité de gauche et écologiste à penser un dispositif d’accompagnement financier pour celles et ceux qui, ayant moins de 26 ans, échappent à de nombreux radars et ont très peu de droits sociaux. 420€ pour un Revenu de Solidarité Jeunes avec accompagnement personnalisé pendant 2 ans, permettant de ne pas plonger dans la grande pauvreté alors qu’on n’a pas encore vraiment travaillé ou trop peu, qu’on est un jeune majeur peu ou pas diplômé, un sortant d’ASE (Aide Sociale à l’Enfance) ou simplement sans famille proche sur laquelle s’appuyer… En somme, pas de quoi payer l’ISF (Impôt de Solidarité sur la Fortune) mais assez pour se sentir contenu dans la promesse de Fraternité d’une République, dont l’un des quatre principes fondateurs -si l’on en croit la Constitution- est bien d’être SOCIALE.

Mais le social, on l’a bien compris madame la Présidente, ce n’est pas l’affaire de votre majorité. Que l’on parle d’hébergement d’urgence, d’encadrement des loyers, de logements sociaux ou de soutien à la jeunesse précaire, votre réponse ne varie pas : refuser, rejeter, détruire !

Vous comptez abroger un dispositif qui fonctionne et a permis à plusieurs centaines de jeunes de sortir de la précarité pour les rendre prétendument plus « employables », en vous appuyant sur une bonne dose de « je demande » assaisonnée d’un peu de « j’ai foi dans les entreprises ». Échaudées par des années de salaires qui stagnent pour faire des cadeaux aux actionnaires au nom de l’emploi, vous comprendrez que les élues communistes ne croient plus à ce type de fausses promesses et s’opposent à cette abrogation !

Il ne faut pas opposer prévention et sécurité !

2026-0232 - Délibération cadre pour une Métropole plus sûre au quotidien -

Madame la Conseillère M. Picard : Madame la Présidente, mesdames, messieurs, la sécurité est un droit fondamental. C’est même le premier droit qui permet à chacun d’exercer pleinement les autres : le droit de vivre tranquillement, de se déplacer, de travailler, d’étudier, d’accéder aux services publics et de profiter de l’espace public.

C’est aussi une préoccupation très forte de nos concitoyens. Au même titre que le pouvoir d’achat, la sécurité et la tranquillité publique font partie des sujets qui reviennent régulièrement dans les échanges que nous avons avec les habitants.

Nous devons donc être en mesure d’apporter des réponses concrètes à ces attentes, en tenant compte des réalités et des problématiques propres à nos territoires.

 La délibération qui nous est proposée comporte des  éléments intéressants et certaines orientations vont dans le bon sens.

La sécurité publique relève d’abord de la responsabilité de l’État. C ’est pourquoi, nous demandons une augmentation des effectifs actuels  afin de disposer de forces de police à la hauteur des besoins face aux nouvelles problématiques de nos territoires.

Cette exigence doit s’accompagner d’une transparence réelle sur les effectifs : postes prévus, postes pourvus, postes vacants.

La sécurité ne peut, cependant, reposer uniquement sur la réponse policière. Il ne faut pas opposer prévention et sécurité : les habitants ont besoin des deux. Ils ont besoin de réponse lorsque les faits se produisent, mais ils ont aussi besoin que nous agissions en amont pour éviter que certaines situations ne se dégradent. 

La prévention joue donc un rôle essentiel, notamment auprès des jeunes et dans les quartiers qui connaissent le plus de difficultés.

Certains dispositifs ont fait leur preuve, comme l’ALTM (Agence Lyon Tranquillité Médiation) dans certains collèges. Il est important de savoir ce que ces dispositifs vont devenir et quels moyens leur seront consacrés.

Avec l’évolution des besoins et l’élargissement de nouveaux quartiers prioritaires, la question des moyens humains se pose. Est-ce que les effectifs d’éducateurs de prévention seront renforcés pour répondre aux besoins de ces territoires ?

Nous voulons également revenir sur la question de la brigade dédiée aux bailleurs sociaux qui nous paraît particulièrement intéressante. Je rappelle que cette proposition figurait dans le projet que nous avions porté lors de élections. Nous défendions déjà l’idée d’une présence renforcée au plus près du terrain, au contact des habitants et des réalités quotidiennes.

Cette proximité est essentielle. Elle permet d’identifier les difficultés, de dialoguer avec les habitants et les acteurs locaux et, lorsque cela est nécessaire, de permettre une intervention plus rapide et efficace.

Nous sommes donc favorables au développement de ce type de dispositifs, à condition qu’ils s’inscrivent dans une politique globale et coordonnée. 

En conclusion, nous resterons attentives à la réalité des moyens et la mise en œuvre concrète sur le terrain afin que ces orientations produisent des effets concrets dans la vie de nos habitants.

Je vous remercie.