Privilégier les établissements privés et créer, de fait, une rupture d’égalité entre les élèves…

2026-0227 - Collèges publics et collèges privé s sous contrat d'association avec l'État Dotations de fonctionnement et forfaits d'externat 2027 -

Madame la Conseillère A. Guitard : Je suis un pur produit de l’école républicaine : petite fille d’un éboueur illettré, fille d’un ouvrier métallurgiste, j’ai pu étudier, aller à l’université notamment en bénéficiant d’une bourse, réussir mon concours et devenir enseignante.

Cette possibilité offerte à celles et ceux issu.e.s de ma classe sociale n’est le fait que de l’enseignement public, dont les établissements scolarisent sans aucun tri ni exclusive, quels que soient le niveau social, les difficultés scolaires ou de comportement. Ce sont eux qui portent au quotidien l’émancipation et l’accès à l’éducation pour tous et toutes !

Les délibérations soumises au Conseil métropolitain aujourd’hui -comme votre choix de célébrer la rentrée prioritairement dans un établissement privé- montrent votre volonté non pas de soutenir de manière inconditionnelle et totale l’enseignement public mais au contraire, j’allais dire « à la Pécresse », de privilégier le privé.

D’une part, en versant cette incompréhensible compensation pour les années précédentes, non seulement sans que nous ayons le début d’un bout de preuve que cet argent aurait réellement manqué au privé puisque vous ne produisez pas d’argumentation ni de chiffres pour étayer les choses mais en plus sans faire de démarche équivalente pour les établissements publics, créant  ainsi, de fait, une rupture d’égalité entre les élèves…

On me dit dans l’oreillette que les établissements publics n’ont qu’à, eux aussi, demander de l’argent, menacer du tribunal… Mais force est de constater, à la lecture du dossier N° 2026-0224, que lorsqu’ils le font, les établissements publics ont moins votre attention que ceux du privé (exception faite évidemment, mais de manière assez mystérieuse et sans transparence, du collège de Craponne…).

Les collèges publics n’ont jamais eu de « réserves » qu’ils thésauriseraient pour le plaisir : les fonds de réserve, aujourd’hui à l’os, permettaient depuis des années de porter des politiques pédagogiques innovantes, de financer des sorties ou des voyages, de développer l’ouverture culturelle… Malgré des dotations toujours plus contraintes.

Cette inégalité de traitement se poursuit dans votre projet de dotations et de forfait pour l’année 2027 où l’on constate (même si vous rendez la comparaison directe le plus difficile possible), de nouveau, une volonté de privilégier les établissements privés. Les élues communistes ne soutiendront jamais une telle politique !

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