Madame la Conseillère A. Guitard : Selon la DREAL (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement), en France, un jeune entre 18 et 25 ans sur quatre vit sous le seuil de pauvreté. Dans le Rhône, près de 20 % de ce groupe d’âge est au chômage et se confronte à la difficulté de se loger, se nourrir, construire une vie. Les chiffres sont plus alarmants encore, quand on zoome sur la part de la jeunesse confrontée depuis l’enfance à la précarité, aux difficultés scolaires, aux parcours de vie hachés, qui peine à suivre une formation voire sort du système scolaire sans diplôme et se retrouve ainsi livrée à la grande précarité et à la pauvreté.
Or, pour ces jeunes aucun dispositif d’aide et d’accompagnement n’est réellement prévu par l’État ou les collectivités, si ce n’est un « accompagnement dit renforcé par France Travail pour les jeunes diplômés », qui est en réalité bien souvent une vague aide à rédiger un CV dispensée par des sous-traitants en DSP (Délégation de Service Public) et pas adaptée à nombre de jeunes !
D’ailleurs, selon vos propres constats -posés par la délibération-, même l’accès à l’emploi ne résout rien puisque si 50 % des jeunes accèdent à un emploi dans les 6 mois suivant leur inscription à France Travail, à peine 1/3 y sont encore 6 mois plus tard ! La pérennité des emplois dans notre pays, c’est un peu comme la solidité des contrats d’apprentissage quand les patrons ne touchent plus d’argent public : très aléatoire !
Ces données avaient amené la précédente majorité de gauche et écologiste à penser un dispositif d’accompagnement financier pour celles et ceux qui, ayant moins de 26 ans, échappent à de nombreux radars et ont très peu de droits sociaux. 420€ pour un Revenu de Solidarité Jeunes avec accompagnement personnalisé pendant 2 ans, permettant de ne pas plonger dans la grande pauvreté alors qu’on n’a pas encore vraiment travaillé ou trop peu, qu’on est un jeune majeur peu ou pas diplômé, un sortant d’ASE (Aide Sociale à l’Enfance) ou simplement sans famille proche sur laquelle s’appuyer… En somme, pas de quoi payer l’ISF (Impôt de Solidarité sur la Fortune) mais assez pour se sentir contenu dans la promesse de Fraternité d’une République, dont l’un des quatre principes fondateurs -si l’on en croit la Constitution- est bien d’être SOCIALE.
Mais le social, on l’a bien compris madame la Présidente, ce n’est pas l’affaire de votre majorité. Que l’on parle d’hébergement d’urgence, d’encadrement des loyers, de logements sociaux ou de soutien à la jeunesse précaire, votre réponse ne varie pas : refuser, rejeter, détruire !
Vous comptez abroger un dispositif qui fonctionne et a permis à plusieurs centaines de jeunes de sortir de la précarité pour les rendre prétendument plus « employables », en vous appuyant sur une bonne dose de « je demande » assaisonnée d’un peu de « j’ai foi dans les entreprises ». Échaudées par des années de salaires qui stagnent pour faire des cadeaux aux actionnaires au nom de l’emploi, vous comprendrez que les élues communistes ne croient plus à ce type de fausses promesses et s’opposent à cette abrogation !