Archives de catégorie : Économie, Emploi et Insertion

Les coupures électriques comme révélateur d’une crise démocratique !

Intervention liminaire -

M. le Conseiller MILLET : Permettez-moi d’ajouter un commentaire après l’émotion du témoignage de nos invitées iraniennes. Je ressens comme indigne la récupération de leur témoignage pour des questions de politique française par la Droite.

Les communistes de Vénissieux avaient invité, il y a un mois, des communistes iraniens et nous pourrions alerter nos amies iraniennes de ce matin sur le danger de faire confiance à l’Occident qui parle de droit de l’homme mais ne décide que pour ses propres intérêts économiques. On se rappelle des relations troubles de Reagan avec les mollahs dans l’affaire de l’IranGate [1].

Mais, ce jour, nous ne devrions avoir qu’une attitude collective de notre conseil, le soutien et la solidarité avec le peuple iranien.

Monsieur le Président, chers collègues, notre démocratie est malade, tout le monde le dit et continue, les urgences militaires succèdent aux urgences sanitaires dans les mensonges médiatiques permanents et les affaires qui se succèdent, l’important, c’est le buzz et tout s’oublie si vite…

Après avoir déclaré l’OTAN en mort cérébrale, puis avoir été ridiculisé par les USA dans l’affaire des sous-marins australiens, Macron tente d’apparaître comme un chef de guerre efficace. Dans une économie de guerre, il faut en finir avec l’insouciance et accepter des sacrifices au nom de la défense de la démocratie. C’est du Powel à la tribune des Nations-Unies pour justifier la guerre en Irak, des mensonges répétés qui mettent aujourd’hui l’Occident dans la situation de l’arroseur arrosé. La vérité est que la guerre du gaz est ancienne. Depuis les années 2000, la bataille des USA contre le gazoduc Northstream aurait dû conduire à un débat public sur la réponse européenne à cette agressivité commerciale US. Agressivité pour ne pas dire plus, car les poursuites judiciaires US contre un grand patron d’ALSTOM, comme préalable à son rachat par GE, font plutôt penser à une guerre froide.

Mais les faits sont têtus, comme on dit, et Macron vient de se faire rattraper par le réel dans l’affaire des coupures de délestages.

Depuis l’annonce des sacrifices nécessaires, on fait mine de découvrir ce que la CGT dénonçait depuis des années. Si les politiques de dérèglementation ont permis à des acteurs privés de gagner des milliards autour des renouvelables, grâce à l’argent public mobilisé, les savoir-faire de la filière énergétique française étaient cassés. Alstom bradé à l’américain GE dans des conditions douteuses. La maintenance d’EDF externalisée. Ce qui restait du service public était en grande difficulté. La période Covid n’a fait que révéler cette situation et on se retrouve avec la moitié des centrales nucléaires en maintenance. C’est le monde idéal que nous promettaient les partisans de la sortie du nucléaire alors que, désormais, tout le monde espère leur redémarrage !

Mais il fallait des exemples de sacrifices, et les coupures de délestage semblaient un cas d’école parfait. On renvoie la responsabilité aux individus ; chauffez-vous moins, éclairez moins, consommez moins… Au passage, ça évitera que vous demandiez des augmentations de salaires et, surtout, ça évitera que le peuple s’interroge sur un système qui transforme un pays développé avec le système électrique le plus décarboné et le moins cher du monde en un système chaotique de pays en développement.

Tous les médias organisent la grande kermesse des coupures nécessaires chaque matin, chaque midi, chaque soir. Cela conduit des maires à fermer des équipements publics ; d’autres, à annoncer le refus de payer leurs factures ; d’autres encore heureusement, à faire signer des cartes pétitions pour le droit à l’énergie -merci, Michèle Picard.

Tous les services de l’État sont mobilisés pour organiser ces coupures. Il y a plus de cadres mobilisés pour organiser les coupures que pour accélérer le programme de maintenance de EDF afin d’éviter ces coupures ! Et une coupure annoncée, la veille, aux communes a évidemment des conséquences sur les écoles, les cuisines centrales. Tout le monde est sous pression pour organiser, en quelque sorte,  l’accident quand il faudrait se mobiliser pour assurer le service public !

L’effet est une forte baisse des consommations électriques (- 8,3 % en novembre, sans qu’on sache la part des particuliers et celle de la désindustrialisation), quand les annonces de fermetures pour raisons énergétiques se succèdent (Duralex, Arcelor, Cofigeo, …).

Mais c’est aussi une explosion des ventes de générateurs et batteries, un non-sens écologique et une nouvelle injustice. Comme aux USA, les riches vont compenser les coupures en augmentant leurs émissions de carbone !

Un directeur d’ENEDIS vient mettre les pieds dans le plat en rappelant qu’il y a des particuliers avec des respirateurs. Coup de colère de Macron qui se souvient du scandale des respirateurs dans les premiers mois du Covid. Je pense que ce haut cadre d’ENEDIS savait bien ce qu’il faisait et qu’il a eu bien raison de bousculer une politique inefficace et injuste.

Car, le principe de réguler la demande pour contribuer à l’équilibre du réseau est vieux comme le service public, heures pleines heures creuses, jours d’effacement de pointe, sans ce discours anxiogène des coupures. Et l’effacement se joue, d’abord, avec les gros consommateurs industriels.

Mais la vérité est plus cruelle encore car, pendant qu’on nous occupe avec ces coupures, les mesures gouvernementales de soutien aux entreprises font peu discuter.
Pourtant, il s’agit d’un scandale : le financement public des marges des opérateurs privés. L’État prend à sa charge 20 % de la facture des marchés de l’électricité supérieur à 350€/MWh. Je ne suis pas sûr que ça change grand-chose dans beaucoup de cas. Mais le fournisseur qui pousse à la hausse va donc être payé à 20 % par de l’argent public, qui soutient donc le marché spéculatif pour que les profiteurs continuent à profiter !

Il y a certainement des rapports McKinsey qui ont justifié ces politiques publiques. Ce qui revient au point de départ de la crise démocratique. Comment faire confiance à un régime politique capable d’un tel niveau de mensonge et d’incapacité à organiser des services vitaux dans la santé comme dans l’énergie ?

Permettez-moi de faire le lien avec ce qui excite le microcosme politique local : le rapport de la mission sénatoriale sur la Métropole de Lyon. Il fait suite à une « fronde des maires » mécontents d’une métropole qui ne reconnaîtrait pas les communes. Mais sa conclusion est de donner plus de poids politique à cette métropole avec une circonscription unique, qui conduirait à des élus encore plus éloignés des citoyens. Ce psychodrame des maires, qui avaient tous soutenu la création de la métropole sans jamais poser la question de la place des citoyens, est illustratif de la crise démocratique.

Concluons par la citation d’un rapporteur aux Nations Unies sur l’enjeu de la communication dans la crise démocratique :

« Le secteur de la communication dans toutes ses composantes n’a jamais déployé des activités d’influence aussi intenses sur nos sociétés et nos vies, encore renforcées par le basculement dans l’ère numérique. »

Oui, la démocratie n’est pas menacée de l’extérieur par des puissances étrangères, mais par sa domination, chez nous, par les intérêts privés.

[1] j’aurais pu ajouter le soutien de l’Occident aux dictatures islamiques concurrentes de l’Iran, saoudiens, qataris, …

La vidéo de l’intervention : https://youtu.be/T_OXVU_LWxs?t=3196

Grève à Perrache !

Question orale des groupes Métropole insoumise, résiliente et solidaire et Communiste et républicain -

Monsieur le Président,

La grève des 22 salariés du nettoyage au centre d’échange de Perrache nous interpelle. Nous savons qu’une grève est toujours une épreuve pour les grévistes, qui peut permettre des solidarités fortes, mais qui demande un grand courage, d’immenses efforts pour organiser l’unité des travailleuses et des travailleurs indispensable à leur action.

Elle doit trouver une solution digne pour les salariés afin de ne pas opposer notre objectif légitime de développer l’insertion à la défense de l’emploi. Nous savons que la réorganisation du centre d’échanges allait conduire dans un an à la fin des marchés de nettoyage sous leur forme actuelle, mais cela ne doit pas conduire, ni maintenant ni dans un an, à supprimer des emplois.

Il faut donc travailler à une solution.

Elle doit bien sûr impliquer l’entreprise qui est responsable des contrats de travail et doit en respecter le droit, et donc organiser la discussion avec les salariés et leurs syndicats. L’entreprise Arc-en-Ciel fait partie du groupe T2MC qui réalise des millions d’euros de bénéfices avec des marchés publics. Elle est responsable de la situation des salariés qui n’ont jamais bénéficié de formations, de promotions, de changements de métiers. Elle doit contribuer au maintien, au reclassement, à l’accompagnement des 22 salariés.

Nous avons une longue histoire avec ces salariés qui travaillent au service des usagers et donc de la Métropole depuis des années.

C’est pourquoi nous vous demandons comment la Métropole peut agir pour s’assurer que chacun conserve ou retrouve un emploi, et contribuer à l’accompagnement des salariés auprès de l’entreprise Arc-en-Ciel.

La vidéo de l’intervention : https://youtu.be/1I2FD0OXwRQ?t=6749

Il faut entendre les inquiétudes populaires !

Intervention liminaire -

M. le Conseiller MILLET : Monsieur le Président, chers collègues, permettez-nous de faire écho aux inquiétudes populaires dans une situation de crises énergétique et géopolitique liées et souvent mélangées dans la confusion médiatique. Nous devons prendre en compte ces inquiétudes dans notre action publique et cela doit conduire, à mi-chemin ou presque de notre mandat, à réévaluer nos priorités.

Car la violence des discours gouvernementaux sur les sacrifices nécessaires, le besoin de prévoir les coupures, l’urgence des réformes accompagnant les politiques économiques restrictives des banques centrales, fait écho à la violence des discours militaires qui nous annoncent une guerre qui s’étend au rythme des envois d’armes de plus en plus puissantes et du cycle infernal des mobilisations. Vous connaissez le principe de la guerre totale bien expliqué par Clausewitz montrant la logique qui pousse les belligérants à la recherche de l’anéantissement de l’ennemi.

Nous disons clairement ici, et nous espérons que nous ne sommes pas les seuls, que la guerre totale ne serait pas limitée à l’Ukraine, mais qu’elle serait nécessairement aussi en Russie, et donc très vite en Europe, ce serait une guerre mondiale. Et ceux qui s’y refusent doivent dire clairement que, pour sortir de cet engrenage terrible, il faut des négociations sur les conditions de sécurité des deux parties. Le plus tôt sera le mieux.

Pour ce qui nous concerne comme Français, cela veut dire que non seulement nous ne sommes pas en guerre contre la Russie mais que nous n’avons pas d’ambition géopolitique contre la Russie et donc que nous n’accompagnons pas l’OTAN dans la stratégie, bien décrite par Brzeziński, de démantèlement de la fédération russe. C’est une condition de la paix, et d’abord pour l’Ukraine. C’est une condition pour que les ukrainiens, ceux qui meurent sous des bombes russes comme ceux qui meurent sous des bombes occidentales, trouvent entre eux les formes de vie qui leur permettent de sortir de cette guerre que certains veulent présenter comme une guerre de civilisation.

Comme toujours, ce sont les peuples qui paient les guerres, y compris le nôtre, à qui on veut faire croire qu’il faut accepter les sacrifices pour la liberté de l’Ukraine. Le cynisme des dirigeants occidentaux qui jettent de l’huile sur le feu de la guerre tout en préservant les intérêts de leurs grandes entreprises est monstrueux. Car les USA ont pris soin de mettre les engrais hors sanctions pour préserver leur agriculture, tout en organisant la préemption d’un tiers des terres agricoles ukrainiennes. Ce scandale du « business as usual » qui continue dans la guerre est le même que celui des marchands de canons fournissant tous les belligérants de la première guerre mondiale.

Non, notre système électrique n’est pas fragilisé par la guerre en Ukraine, mais par 20 ans de privatisation qui font que la maintenance des centrales EDF est aujourd’hui totalement externalisée. L’urgence devrait être d’accompagner EDF pour accélérer le plan de remise en service des centrales et pas d’organiser les coupures électriques.

Non, l’inflation n’est pas le résultat de la guerre en Ukraine mais la traduction de la folie monétaire des USA, qui font tourner depuis des années la planche à billets non pas pour des investissements utiles et productifs mais pour garantir les bénéfices des spéculateurs et des super-riches, de cette minorité des premiers de cordées dont se réclamait le président Macron.

Oui, c’est bien la domination des marchés poussant à l’illusion du gain à court-terme contre le contrat de long terme qui fragilise la France, comme d’ailleurs nos collectivités.

D’ailleurs, regardez les situations des collectivités. Le SigerLy a négocié, pour beaucoup de nos communes, des contrats électricité et gaz dont les prix figés il y a plusieurs mois nous protègent en 2023. 0 % pour l’électricité, 14 % pour le gaz. Ceux qui ont misé sur des méthodes d’achats innovantes, jouant d’indices divers de court terme, sont aujourd’hui confrontés à des risques élevés.

Pour que les inquiétudes des habitants ne creusent pas la fracture politique encore plus loin, jusqu’à créer des situations à la suédoise ou l’italienne, il faut montrer qu’on peut agir pour les protéger. C’est pourquoi nous demandons que notre réponse à la crise de l’énergie ne soit pas, d’abord, de dire aux habitants qu’ils doivent couper la lumière et mettre un pull -qu’en quelque sorte, la crise serait de leur faute- mais, au contraire, que nous mettons en œuvre des politiques qui protègent en cherchant à stabiliser nos prix sur le long terme, en renforçant nos politiques d’accompagnement comme nous l’avons fait pour Écoreno’v au précédent conseil. Nous demandons notamment qu’un travail de transparence soit demandé aux opérateurs des réseaux de chaleur sur leurs conditions d’achat de gaz et leurs impacts sur leur résultat. Il serait évidemment scandaleux de retrouver, au plan local, la situation qu’on connaît avec le groupe TOTAL.

Mais, sans doute, faut-il une réflexion à la hauteur de cette crise à mi-chemin ou presque de notre mandat. Nous avions évoqué une clause de revoyure en 2023 dans les débats sur la PPI. La situation est plus complexe que prévue mais, justement, cela demande sans doute d’affirmer plus clairement nos priorités. La période va demander plus d’accompagnement des habitants, plus de solidarité, plus de soutien aux plus modestes, à la jeunesse et aux étudiants, plus de proximité. Nous demandons de travailler à un plan de renforcement de nos Maisons de la Métropole, de nos politiques sociales, de nos politiques pour l’insertion et l’emploi. Dans la crise, ce sont les solidarités qui protègent, non seulement ceux qui en bénéficient directement mais aussi tous ceux qui tiennent à une métropole du vivre-ensemble et qui ne veulent pas accepter une société de la violence comme mode de régulation sociale. Une métropole de l’hospitalité, ce n’est pas seulement pour les « sans », mais aussi pour tous ceux qui veulent une République de la fraternité.

Enfin, nous proposons à tous les groupes de notre conseil une action simple et qui serait un signal positif pour tous nos habitants. Nous pourrions écrire ensemble au Gouvernement pour demander la prolongation des tarifs régulés pour les particuliers afin de les protéger et, en même temps, de demander la possibilité, pour les collectivités locales, d’y retourner.

Je vous remercie.

La vidéo de l’intervention : https://youtu.be/9YofOknywxI?t=1516

Le RSJ : une aide pour de nombreux jeunes qui peinent à se nourrir, à se loger et à se soigner !

2022-1005 - Revenu solidarité jeunes - Attribution de subventions RSJ 2022 -

Mme la Conseillère CHARNAY : Monsieur le Président  chers collègues, le Revenu de solidarité jeunes a pour objectif de soutenir et d’accompagner les jeunes de 18 à 24 ans, sans soutien de leurs parents ou d’un tiers, et a été mis en place par la Métropole depuis mai 2021.

Ce dispositif intervient quand aucune autre solution n’existe pour ces jeunes et nous savons tous ici qu’ils sont les plus exposés à la précarité, et d’autant plus dans cette période de crise économique sans précédent.

Le Revenu de solidarité jeunes n’est pas un énième dispositif mis en place par la Métropole, comme certains le disent ; le Gouvernement jusqu’à présent n’a pas fait grand-chose pour les jeunes dans ses politiques publiques.

Cette délibération nous propose donc de poursuivre notre soutien à ce dispositif et de renforcer les actions des structures pour permettre aux jeunes les plus éloignés des institutions et les plus précaires d’accéder au Revenu de solidarité jeunes et à l’offre d’insertion.

Notre groupe continuera à soutenir ce dispositif, indispensable à certains jeunes en rupture totale de lien social ; ce sera une aide pour de nombreux jeunes qui peinent à se nourrir, à se loger et à se soigner.

Certes, on nous annonce que l’État va mettre en place le Contrat d’engagement jeune à la fin du premier trimestre 2022, mais c’est une politique plus ambitieuse qui doit accompagner la jeunesse de notre pays.

Il faut créer un véritable statut social pour les jeunes car, actuellement, on a créé une injustice criante  entre les jeunes de moins de 25 ans et ceux de plus de 25 ans avec le Revenu de solidarité active. Nul, demain, ne devrait être exclu des dispositifs de solidarité collective.

Éradiquer le chômage et la précarité est une solution d’avenir. Chaque jeune doit avoir accès à un emploi utile pour la société, rémunéré à sa juste valeur, lui permettant de vivre dignement et ne plus dépendre de contrats précaires, à travers un véritable service public de l’emploi et de la formation, garantissant à chaque jeune un emploi et un contrat stables, une fois sa formation initiale achevée.

Je vous remercie.

La vidéo de l’intervention : https://youtu.be/2irMoROrlQ4?t=21986

Pour une loi qui garantisse à tous le Droit universel au travail, à l’emploi !

2022-0918 - Programme métropolitain d'insertion pour l'emploi (PMI'e) 2022-2026 -

Mme la Conseillère BURRICAND : Monsieur le président, chers collègues, nous avons pris connaissance avec beaucoup d’intérêt de cette délibération. Tout d’abord, parce qu’elle traite d’une mission essentielle de la Métropole, importante du point de vue de la solidarité et de la lutte contre l’exclusion, et qu’il faut se souvenir que l’État a confié le RSA aux départements, donc à la Métropole de Lyon, et qu’il ne compense pas entièrement, loin s’en faut, les dépenses afférentes. Ensuite, parce que les éléments de connaissance, les chiffres indiqués dans cette délibération et ses annexes disent beaucoup de notre territoire, et au-delà, de l’état de la société française. Je regrette que ces questions d’insertion et d’emploi ne fassent pas plus souvent l’objet de discussion et d’information dans notre Conseil métropolitain, et nous souhaitons que nous ayons des points d’étape sur le PMI’e plus réguliers, des chiffres plus précis concernant le RSA -notamment sur la réalité de l’accompagnement, en temps et en moyens humains et financiers, sur les entrées dans l’emploi et sur les schémas dans la formation et la qualification.

Nous apprécions que cette délibération, tout en détaillant les efforts faits et les objectifs fixés, ne se satisfasse pas d’une situation sociale et économique qui reste très préoccupante, dans la Métropole comme dans tout le pays.

Car les chiffres énoncés disent une société fracturée, une pauvreté ancrée durablement, dans une métropole qui peine à ruisseler, comme annoncé.

Nous entendons beaucoup parler le Gouvernement de reprise économique ; la baisse du nombre de demandeurs de RSA est, parfois, appelée à la rescousse de cette affirmation.

Les chiffres indiqués rétablissent la vérité. Sur la métropole, il y avait 42 000 allocataires du RSA fin septembre 2021, soit plus que les 40 000 de 2019 ; il n’y a baisse que par rapport à la situation conjoncturelle de 2020, où le nombre de demandeurs avaient bondi de 13 % suite à la crise COVID et au long confinement. 56 % d’allocataires le sont depuis plus de trois ans ; cela interroge évidemment l’efficacité des politiques d’insertion dans un contexte où le chômage est prégnant.

12 % de demandeurs d’emploi, dont un sur deux depuis plus d’un an. 15 % des jeunes de 18 à 24 ans sans emploi, sans études, sans stages, sans rien ! 22 % qui vivent en dessous du seuil de pauvreté, c’est énorme ! 16 %, pour la population totale (un peu plus que les 14, 6 % de la population française) ! Et des inégalités territoriales qui perdurent dans notre métropole.

Concernant l’activité économique et l’emploi, un chiffre a particulièrement retenu mon attention… sur les 28 920 entreprises créées en 2020 dans la métropole, 69 % sont des micro-entreprise. Combien d’emplois, pour quel salaire dans ces entreprises ? En France, 74 % des entreprises créées en 2020 sont des entreprises individuelles. Les autoentrepreneurs représentent plus de 64 % des entreprises privées créées, leur activité ne constitue pas toujours un seul emploi à temps plein ni un smic. Drôle de reprise !

C’est dans ces conditions que nous affirmons, à la Métropole, l’objectif de permettre à des femmes et hommes d’aller vers l’emploi dont ils sont éloignés, le plus souvent, parce qu’ils en sont privés depuis longtemps, voire parce qu’ils n’y ont jamais eu accès. Et nous défendons la valeur travail contre celle du profit. C’est pour cela, monsieur le Président, que les Communistes portent une loi qui garantisse à tous le Droit universel au travail, à l’emploi ; la formation et le revenu permettant de sécuriser tous les moments de la vie, des études à la retraite.

Notre tâche est difficile, puisque les Gouvernements successifs n’ont pas pris le mal à la racine et, même, l’ont aggravé. Les choses seraient plus faciles si la Nation redonnait aux jeunes la possibilité, par exemple, de préparer un bac technologique en 4 ans (donnant  une chance supplémentaire à nombre de jeunes qui ont besoin de plus de temps),  abrogeait le dispositif Parcoursup,  créait des emplois industriels, interdisait les fermetures d’entreprises liées aux délocalisations, contrôlait que les aides publiques aillent à la création d’emplois, proposait dans les services publics des formations rémunérées contre une durée d’engagement de travail. Et « un travail, un toit » mériterait un grand Plan national de construction de logement social, puisque la demande logement social est 9,5 fois plus importante que l’offre dans la métropole… Un chiffre explosif! Pour notre part, nous contestons toujours le refus de l’État de reconstruire du logement social dans les communes qui en affichent un taux élevé, ce qui conduit à l’explosion de la demande et à un logement social vieillissant, et nous souhaitons que la loi SRU, et ses obligations quant aux taux de logements sociaux, soit appliquée de manière plus rigoureuse.

Les limites de notre action étant posées, nous partageons l’essentiel des priorités stratégiques énoncées car, oui, le non-recours existe et nous devons le combattre, éviter les ruptures de parcours (qui précipitent les personnes dans l’exclusion), faire de l’insertion des jeunes une priorité (dans la continuité du Revenu de solidarité jeune), encourager les employeurs et les salariés qui jouent le jeu de l’insertion et gagner tout ce que nous pouvons avec les clauses d’insertion dans nos marchés et Délégations de services publics, soutenir le développement des entreprises à vocation d’insertion (à condition qu’elles ne se substituent pas à des emplois publics ou créent des emplois privés au rabais et que leurs salariés aient pleinement accès à leurs droits, salaires et formations, … questions auxquelles nous sommes très attentifs en ce qui concerne les Territoires zéro chômeur).

Nous voterons cette délibération.

Je vous remercie.

La vidéo de l’intervention : https://lb1.hubic.ovh.net/v1/AUTH_60bdc39bf5dbd8d649f68f037ea73e15/default/2022/m%C3%A9tropole/CM20220124/videos/mcb%20PMIE.mp4?temp_url_sig=1df9cd3e623843232dd81ed1f806c55e435370b6&temp_url_expires=1645713897

Le rôle de la dépense publique dans l’économie…

2021-0803 - Schéma de promotion des achats responsables (SPAR) -

M. le Conseiller MILLET : Monsieur le Président, chers collègues, madame la Vice-Présidente, ce dossier est profondément politique, posant en pratique le rôle de la commande publique dans les relations entre public et privé… ce qui renvoie aux débats sur l’économie mixte, l’économie sociale et solidaire, la place du capitalisme dans le Socialisme, …

Le discours dominant oppose l’État, qui ne devrait pas s’occuper d’économie, et les actionnaires privés, seuls légitimes à décider des investissements. Pourtant, toute l’histoire montre à quel point le privé a toujours massivement utilisé l’État.

Sans revenir au plan Marshall ou au gaullisme en France, vous connaissez la place des dépenses militaires dans l’économie mondiale. J’ai participé à deux congrès scientifiques aux USA, plus de la moitié des conférences de scientifiques US étaient sponsorisées par la défense US.

Depuis les années 2000, la planche à billet tourne à plein régime pour maintenir artificiellement les profits ; la crise sanitaire actuelle n’ayant fait qu’accélérer les choses. Et nous savons tous qui va passer à la caisse.

Le capitalisme est structurellement en crise, incapable de planifier rationnellement ses investissements qui ne peuvent être guidés que par le profit individuel attendu.

Me suis-je éloigné du sujet ? Pas vraiment, j’en dessine le contexte. Quel rôle de la puissance publique dans l’économie ? Car, si l’intervention de l’État est marquée par les dépenses militaires, l’intervention des collectivités est principalement destinée à la réponse aux besoins. Nous avons la responsabilité de définir comment notre commande publique agit sur et avec l’économie.

Bien sûr, toute l’activité économique locale ne dépend pas de la commande publique. Mais, nos 600 millions annuels d’achat sont une intervention significative si nous les considérons aussi comme une intervention sur l’économie. Quelle part d’emploi local en dépend ? Quel impact carbone importé, quel impact carbone local ?

L’économie sociale et solidaire est un lieu d’expérimentation d’une économie considérant le capital non comme le maître des décisions, mais comme le moyen d’organiser les savoir-faire au service des besoins.

Mais la commande publique est aussi un moyen d’orienter les entreprises vers des besoins définis par nos politiques publiques. Cette notion d’achat responsable est un outil d’expérimentation d’un pilotage de l’économie par le politique et vous comprendrez que, pour les Communistes, c’est essentiel.

Il faudrait que l’État tout entier devienne un outil de pilotage global de l’économie, pas à travers les taxes et autres signal prix, mais comme un acteur qui décide, qui planifie pour que le capital soit conduit à se mettre au service des objectifs politiques.

L’objectif premier, local comme national, c’est la création d’emploi… ce qui est contre-nature pour un capitaliste, qui ne veut créer que les emplois qui permettent le profit en le maximisant. Mais ce devrait être le but premier des politiques publiques.

C’est pourquoi nous suivrons avec intérêt la mise en place de ce SPAR, en souhaitant que, progressivement, des indicateurs permettent de suivre son efficacité sur la création d’emploi, leur qualité et sur la décarbonation de l’économie.

Je vous remercie.

La vidéo de l’intervention : //https://youtu.be/gb-uGukkbIc?t=25389

60 000 € pour OYE Distribution !

2021-0653 - Prises de participation de la Métropole de Lyon au capital de la SCIC OYE Distribution -

Mme la Conseillère CHARNAY : Monsieur le Président, chers collègues, aujourd’hui, la Métropole de Lyon rentre au capital de la SCIC OYÉ Distribution (ex-SAD Presstalis) et nous nous en félicitons.

En effet, après un an de combat des ex-salariés de la SAD (Société d’agences et de diffusion) suite à la décision, en mai 2020, du Tribunal de commerce de Paris de placer le distributeur de presse Presstalis en redressement judiciaire ainsi que la liquidation de ses filiales de dépôts régionaux (comme la SAD), la SCIC OYÉ Distribution a vu le jour le 21 mai 2021 et a permis aux ex-salariés de la SAD de reprendre   dans le cadre de cette SCIC leur activité de distribution de la presse écrite dans la métropole, activité qu’ils avaient assuré, bien que licenciés, pendant des mois.

Quarante et un emplois (sur 110) ont été sauvés, et des projets de diversification de l’activité figurent comme objectif à moyen terme, et ce grâce au soutien, entre autres, de plusieurs collectivités dans le cadre d’une gouvernance participative. Ainsi, après les Villes de Saint Priest -pour une participation de 10 000 €- et de Vénissieux -à hauteur de 15 000 €-, c’est au tour de la Métropole de Lyon de participer au capital de la SCIC OYÉ Distribution et d’acquérir 600 parts pour un montant de 60 000 €.

Même si, aujourd’hui, la situation d’OYÉ Distribution reste fragile, les salariés sont au travail et la presse est distribuée dans toute notre région. Et en votant cette délibération, nous montrons notre attachement à la pluralité et à la liberté d’expression et, pour la vie démocratique, la mutualisation de la distribution de la presse organisée après 1945 est indispensable au pluralisme, dans un paysage médiatique marqué par la concentration des médias dans quelques grands groupes.

Il reste beaucoup à faire dans les conditions précaires du montage de cette société. Elle ne pouvait avoir de financement sans adresse et ne pouvait avoir d’adresse sans trésorerie, ce qui a conduit à une avance de l’ancien propriétaire de 95 000 € qu’il faut désormais rembourser. C’est pourquoi les salariés espéraient 100 000 € de cette délibération. Dans ce contexte, monsieur le Président, nous souhaitons la poursuite de l’accompagnement de cette SCIC en poussant d’autres collectivités à la rejoindre et rêvons un peu, à associer la Région.

Le combat a payé mais, ce combat-là, ça a été le combat de la dignité des salariés, de la reconnaissance des savoir-faire et de la liberté de la presse. Derrière les emplois, qu’il faut défendre, il y a un enjeu majeur pour nos démocraties : la pluralité des idées, des débats ; la diversité des journaux et la garantie d’une diffusion de l’information pour tous.

Je vous remercie.

Donner la parole aux salariés pour la réindustrialisation !

2021-0654 - Lyon - Fonds d'impact territorial dédié à l'amorçage industriel -

M. le Conseiller MILLET : Madame la Vice-Présidente, chers collègues, si l’industrie est bien confrontée, comme le dit la délibération, à des défis environnementaux majeurs, nous pensons qu’elle est d’abord confrontée à la désindustrialisation que toutes les politiques publiques de relance de l’industrie ont échoué à inverser. Et la crise nous a rappelé que nous ne pouvions plus produire de masques, de tests, de respirateurs ou de vaccins.

Personne ne dit aujourd’hui, comme Lionel Jospin, qu’il n’y peut rien ! Mais les plans successifs de Sarkozy, Hollande, Montebourg ou Macron ont échoué et nous pensons qu’ils échouent car ils reposent toujours sur la baisse « du coût du travail » pour une rentabilité attirant des investisseurs. Ils ont coûté des milliards d’argent public, pour l’instant sans résultat sauf pour les investisseurs bénéficiaires des aides, car, bien entendu, il n’y a jamais de contrôle de l’usage des financements et vous connaissez tous la dure réalité des promesses de General Electric !

J’avais cité dans ce Conseil, il y a deux ans, les chiffres du cabinet Trendeo (bien connu de ceux qui suivent l’industrie) :

– Bilan Sarkozy : 329 sites industriels nets perdus et 350 000 emplois industriels.

– Bilan Hollande : 278 sites industriels nets perdus et 100 000 emplois industriels.

Nous n’avons pas encore le bilan Macron, mais il est vrai que le rythme de fermetures s’est ralenti, que les années 2017 et, surtout, 2019 étaient positives en emploi, avant le choc de 2020. Il paraît que le rebond 2021 est plus vigoureux qu’espéré. Pour l’instant, sur le premier trimestre, il y avait 18 000 chômeurs de plus et 16 000 de moins sur le deuxième trimestre…

Rappelons quelques exemples locaux : le site JST, vidé de l’essentiel de sa production ; les meubles Grange, entreprise symbole des Monts du Lyonnais définitivement fermé, ou encore le site Usin de Vénissieux, qui fait l’objet de gros efforts de la Métropole mais qui ne peut résoudre les difficultés technologiques et économiques de Boostheat…

Certes, le Green New Deal européen fait de la relance de l’innovation dans l’industrie un axe fort, mais nous savons tous que la concurrence libre et non faussée se fait d’abord au service de l’industrie allemande. Regardez les choix d’investissements du groupe Bosch ! Nous avons l’habitude des promesses européennes depuis la célèbre annonce de Lisbonne de faire de l’Union européenne : « l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde d’ici à 2010, capable d’une croissance économique durable accompagnée d’une amélioration quantitative et qualitative de l’emploi et d’une plus grande cohésion sociale ».

Et les emplois verts n’ont pas non plus de formule magique. Le cabinet Trendeo donne un bilan 2009-2016 du secteur dit « du développement durable », avec 40 000 créations d’emplois mais aussi 20 000 suppressions.

Bien entendu, nous soutenons l’ambition de « préserver les espaces productifs à toutes les échelles du territoire », à commencer par l’urgence absolue de maintenir toutes les activités productives restantes dans la ville-centre. Nous soutenons les efforts de la Métropole et de sa Vice-Présidente, Émeline Baume, pour multiplier les initiatives en faveur de l’industrie, et la création de ce fonds peut être un outil utile, nous l’espérons -un fonds de 32M€ public et, au moins, autant de privé. Au passage, si le bilan devait être de 1€ privé pour 1€ public, cela nous semblerait insuffisant.

Mais pour combien de créations d’emplois ? Depuis vingt ans, les aides massives aux entreprises n’ont pas inversé la tendance. Nous posons donc la question qui fâche : qui doit décider de l’avenir de l’industrie, des investissements, de leur nature, des systèmes sociotechniques de production, des qualifications nécessaires ? Les investisseurs seuls ? Leur critère de décision est clair : ce n’est pas le nombre d’emplois créés, mais le retour sur investissement. Quelle place aux salariés, au débat public dans ces décisions d’investissements ?

Ce fonds doit chercher des investisseurs privés de long terme avec les risques de perte, donc l’exigence de rentabilités suffisantes pour couvrir ces risques. Quels poids auront ces investisseurs dans des décisions qui doivent prendre en compte des critères d’impact territorial utiles, mais non définis dans la délibération ? Il est évoqué une batterie d’indicateurs socio-économiques et environnementaux dans la politique de reporting de la société. À l’évidence, le nombre et la nature des emplois créés devraient en faire partie : combien de CDI, combien d’emplois par niveau de formation, quelle part d’insertion, quels liens avec les filières de formation professionnelles ? Nous souhaitons qu’un bilan annuel soit communiqué au Conseil et que la batterie d’indicateurs soit présentée en commission économie.

Si cet outil permet d’accélérer la création d’emplois industriels, alors nous dirons -à la Chinoise- « Peu importe la couleur du chat pourvu qu’il attrape les souris ! », cela dit, la Chine a toujours encadré étroitement l’investissement privé dans un plan public de développement assurant cohérence et, parfois, bloquant les investisseurs qui oublient pourquoi la puissance publique facilite leur investissement. Pour l’instant, la France n’a ni de planification ni de plan d’aménagement et, bien sûr, aucune volonté de contraindre les investisseurs à atteindre des objectifs sociaux… Permettez-moi de citer la belle formule de Fabien Roussel : « ils mettent le pays à genoux ; moi, je vais les mettre au pas » !

Enfin, madame la Vice-Présidente, vous connaissez notre attachement à l’industrie dans la ville et vous savez que nous pensons que les meilleurs liens entre les industries, leurs territoires et les habitants, ce sont les salariés eux-mêmes ! Car les impacts potentiels d’une usine pour ses riverains, ce sont d’abord les impacts pour les salariés et, donc, un élément central de leurs conditions de travail. Pour nous, l’industrie, c’est d’abord et avant tout des collectifs humains de compétences, de qualifications, de solidarités sans lesquels les investisseurs ne sont rien.

Pour la revalorisation de l’industrie… mais quid des salariés de l’industrie ?

CP-2021-0679 - Fondation pour la médiation industrielle - Versement d'une contribution financière de la Métropole de Lyon en tant que membre fondateur - 2021 -

M. le Conseiller DEBÛ : Merci monsieur le Président. Madame la Vice-Présidente, vous connaissez l’attachement de notre groupe à l’industrie et vous ne serez donc pas étonnés que nous accueillions favorablement la délibération qui nous est présentée.

En effet, la revalorisation de l’industrie, qui est le maillon fondamental sur lequel le reste de l’économie est fondé, est un enjeu de première importance, non seulement en termes d’économie bien sûr, mais aussi du point de vue social et territorial.

L’industrie subit depuis de nombreuses années les coups portés par une logique mondialiste court-termiste qui, de délocalisations en fermetures, réduit à la portion congrue la part de l’industrie dans l’économie française. La fermeture annoncée des fonderies ces dernières semaines n’est que l’énième avatar d’une logique de désindustrialisation qui fragilise grandement les capacités économiques de la France et qui a un impact social lourd, puisque chaque emploi industriel induit deux à trois emplois dans d’autres secteurs, ainsi qu’environnemental, puisque produire à l’étranger accroît les distances entre lieu de production et lieu de consommation. Donc, toutes les initiatives visant à conforter et à développer l’industrie dans les pays sont donc les bienvenues.

Cette délibération a également l’avantage de concrétiser une forme de coopération entre notre collectivité et celle de Saint Étienne Métropole. Le renversement des logiques de compétition entre territoires pour, au contraire, mettre en avant des synergies et complémentarités, est encouragé. Il est évidemment primordial de favoriser les métiers de l’industrie auprès des jeunes, des publics en insertion, plus largement de toutes celles et tous ceux qui cherchent un emploi. Mais, il nous semble qu’il y a un grand absent de ce dispositif, ce sont les salariés de l’industrie eux-mêmes. Or, qui de mieux que les ouvriers pour présenter leur métier, les évolutions de ceux-ci et les enjeux auxquels le secteur doit faire face ?

Il est donc important d’intégrer rapidement les représentants du personnel, les syndicats, dans l’élaboration et la conduite des actions que la fondation aura à mettre en œuvre. Cette précision étant faite, nous voterons bien évidemment cette délibération.

Je vous remercie.

L’Europe des villes, c’est l’Europe de la concurrence libre et non faussée !

2021-0580 - Affaires européennes - Approbation de l’Accord des Villes vertes -

M. le Conseiller MILLET : Permettez-nous, monsieur le Président, chers collègues, de ne pas souscrire à l’enthousiasme européiste de cette délibération. Derrière les grandes promesses européennes, nous connaissons la réalité de politiques de concurrence brutale.

C’est le cas, bien sûr, sur les questions sociales -où la liberté du capital de mobiliser les travailleurs, à sa convenance et là où il le souhaite, est au cœur de l’aggravation des inégalités dans l’Union européenne-, des migrations européennes -dont nous connaissons les conséquences, à Lyon, avec des migrants sans droits dans notre pays, non expulsables car européens et, pourtant, réduits à des situations de vie indignes !

C’est le cas pour la recherche et l’innovation. Rappelez-vous les promesses du Sommet de Barcelone de faire de l’Europe la championne de l’économie de la connaissance : une promesse, qui n’a pas fait rire les chercheurs qui consacrent de plus en plus de leur temps non pas à la recherche dans leur discipline, mais à la recherche de financements auprès des lobbyistes des instances de la recherche de l’Union, mais une promesse qui a fait sourire la Chine et les Etats-Unis ! La France, championne de la santé, n’est même pas capable, vingt ans plus tard, de produire son propre vaccin contre le Covid ; ce que fait Cuba, pays pauvre enfermé dans le blocus US…

C’est le cas aussi pour l’environnement. Les objectifs de Kyoto, au niveau européen, ne sont tenus que grâce à l’effondrement des anciens pays de l’Est et la casse généralisée de leur industrie. Mais c’est aussi le cas en France où la désindustrialisation joue un rôle fondamental. Si nos émissions propres, qui étaient déjà parmi les plus basses des pays développés grâce à une électricité décarbonée, sont en baisse, l’impact carbone d’un Français ne baisse pas car il prend en compte le contenu carbone des importations.

Quant aux grands programmes européens pour l’environnement, nous en connaissons la réalité : la soumission aux intérêts des multinationales et des grands acteurs économiques de la transition écologique, conçue comme un nouveau capitalisme vert. Il suffit de constater les conditions des marchés de l’éolien offshore, qui reposent sur de véritables rentes garanties pour des investisseurs payées par les taxes prélevées sur tous les consommateurs.

C’est pourquoi nous réagissons sincèrement avec colère quand nous sommes invités à venir fêter, je cite, « Une Europe plus sociale et plus verte ». Nous n’avons pas oublié qu’une nette majorité des Français s’était opposée, en 2005, à la Constitution européenne ; une très grande majorité dans les milieux populaires qui sont les principales victimes de la Construction européenne, et que tous les Gouvernements de Droite et de Gauche, qui se sont succédés, ont foulé au pied la démocratie, creusant profondément la fracture démocratique dont nous n’arrivons pas à sortir.

Nous voterons contre cette délibération.

Je vous remercie.