Archives de catégorie : Économie, Emploi et Insertion

Not only Lyon !

2025-2761 - Développement économique - ONLYLYON & CO -

M. le Conseiller P-A. Millet : Madame la Vice-Présidente, chers collègues, une très courte intervention sur ce changement de statut et de nom de cette vieille association pour le développement économique de la région lyonnaise, jusqu’à Saint-Étienne et Roanne.

Comme je l’ai souligné en commission, certains croient que les communistes se désintéressent de la vie économique et considèrent les entreprises comme des ennemis. Pas du tout, nous les considérons comme de première importance, mais comme des biens collectifs et nous voulons que ceux qui produisent les dirigent. C’est une vielle histoire des marxistes, depuis la célèbre NEP -la Nouvelle politique économique lancée par Lénine- jusqu’au socialisme de marché à la chinoise dont, sous prétexte qu’il laisse sa place aux entreprises, certains croyaient qu’il allait oublier le communisme. Pas du tout ! Au contraire, il cherche comment orienter toujours plus efficacement les acteurs économiques vers un développement harmonieux.

C’est, en quelque sorte et à notre échelle, ce que nous faisons avec les actions de l’ADERLY au service des entreprises pour qu’elles répondent toujours mieux aux besoins du territoire… Je veux, d’ailleurs, redire tout l’intérêt de la présentation des actions de l’ADERLY par son directeur et le remercier encore une fois.

Mais je voulais, surtout, intervenir avec une pointe d’humour pour une question très régionale.

J’avais déjà fait remarquer, il y a dix ans, pour le congrès mondial des roses que la Métropole n’était pas « Only Lyon », en tout cas pour les roses anciennes. Le plus grand rosiériste du 19ème siècle, obtenteur de la célèbre « soleil d’or » -la première rose jaune stable-, était Vénissian et sa tombe, à Vénissieux, est connue dans le monde entier et, je n’en doute pas, de notre Office de tourisme.

Mais, avec ce changement de dénomination, on franchit un cap puisqu’on ne parle pas seulement de la Métropole, mais de toute la région de Lyon -jusqu’à Roanne et Saint-Étienne. J’avoue que je n’ai pas eu de retour d’élus stéphanois qui ont, depuis un moment, sans doute d’autres chats à fouetter mais, pour avoir assisté au célèbre match Saint-Étienne/Kiev en 1976 à Geoffroy-Guichard et en avoir gardé une certaine sensibilité verte, je me demande comment les Stéphanois prennent cette idée de n’être que « Juste Lyon »…

La vidéo de l’intervention : https://youtu.be/XbK0et0pTAo?t=22407

RSA… pas de logique de sanction et porter l’impérieuse nécessité de respecter la dignité des bénéficiaires en toutes circonstances…

2025-2751 + 2025-2752 - Insertion - Subventions de fonctionnement - RSA et RSJ - 2025 -

M. le Conseiller R. Debû : Monsieur le Président, chers collègues, nous devons nous prononcer sur les subventions de fonctionnement pour les organismes œuvrant à l’accompagnement des bénéficiaires du RSA. Il s’agit d’une des compétences les plus importantes de notre collectivité, depuis que la Métropole de Lyon a récupéré les compétences départementales.

Ainsi, permettez-moi quelques mots sur les difficultés rencontrées par les ayants droit du RSA, et des efforts qu’il nous encore engager. Gardons en tête que les ayants droit du RSA font partie de nos concitoyens les plus fragilisés, qui cumulent les difficultés et discriminations. Cette situation pèse également sur la perception et l’estime de soi, sur le statut social, sur la disponibilité d’esprit des bénéficiaires.

Même si les services de la Métropole ont remplacé, en 2024, les divers parcours par un seul parcours socioprofessionnel, quel que soit le statut de la personne accompagnée, il n’en reste pas moins que la situation est vécue très différemment par les ayants droit.

En effet, depuis la contre-réforme de France-Travail, les récipiendaires du RSA se retrouvent sous une double tutelle, avec deux gestionnaires de fait. Or, les départements -et donc la Métropole- et France Travail ne poursuivent pas les mêmes objectifs.

Sur le site de la Métropole de Lyon, le RSA est ainsi décrit : « Il s’agit d’assurer un revenu minimum aux personnes sans ressources ou avec des faibles ressources ». Il s’agit bien d’une aide, d’un filet de sécurité pour nos concitoyens les plus fragiles économiquement.

France Travail -au corps défendant des conseillers- cherche avant tout à faire sortir les bénéficiaires de ses tableaux, à faire baisser les chiffres. J’emploie ces mots à dessein, car c’est bien le champ lexical du business qui a envahi ce qui a été « l’Agence nationale pour l’emploi ». Dans le jargon du métier, on parle de « gestion de flux », de « portefeuille » de bénéficiaires, de « chiffres cibles ».

Beaucoup de contrôles, de « flicage » disent les bénéficiaires, sous prétexte de lutte contre la fraude sociale -qui pèse, toutes caisses confondues, 1,5 milliards d’euros- là où la fraude et l’évasion fiscales sont estimées par un rapport sénatorial à plus de 80 milliards d’euros par an.

Aujourd’hui, l’obligation de 15 à 20 heures obligatoires -si ça peut être utile pour certains- représente une source de contraintes et d’angoisse pour beaucoup, avec la peur de voir amputer ou suspendre son allocation. Bien sûr, c’est un facteur lourd de non-recours aux droits. Souvent perçus comme infantilisants, ces dispositifs sont vécus comme un outil de contrôle et comme une perte de temps -surtout lorsque ces heures se cumulent avec ceux d’autres dispositifs d’accompagnement. 

À titre d’exemple, l’association Solid’arté, qui accompagne les artistes au RSA, propose déjà de 15 à 20 heures d’ateliers auxquelles, à mon grand étonnement, s’ajoutent les 15 à 20 heures de France Travail. On peut donc monter à 35 heures, un plein temps…

À cela s’ajoute un aspect dont on parle peu, mais qui a des conséquences importantes. En l’occurrence, la numérisation poussée du suivi des bénéficiaires -et je ne parle pas ici uniquement de la numérisation des démarches. En effet, nous avons de nombreuses remontées, à la fois des récipiendaires et des associations qui les accompagnent, faisant état de difficultés induites par les outils informatiques, qui ne permettent pas suffisamment de souplesse. On a bien souvent l’impression que c’est l’outil qui impose le cadre, pas l’humain… Or, par définition, chaque situation est singulière, et demande un suivi individualisé et humain. Aujourd’hui, il faut donc jongler avec le logiciel, sans pouvoir outrepasser certains champs bloquants… Cela crée beaucoup de difficultés.

Permettez-moi d’illustrer mon propos.

Il ne vous aura par échappé que les acteurs de la culture sont, en ce moment, particulièrement mobilisés, eu égard au sort qui est fait à ce secteur essentiel de la vie en société et à la démocratie. Les coupes budgétaires à répétition du ministère, celles des collectivités territoriales -telle la Région des Pays de la Loire- ont fini d’anéantir l’environnement socio-économique de ce secteur. Le secteur culturel est sinistré, les acteurs rencontrent les pires difficultés.

Il s’agit, pourtant, d’un secteur d’activité économique qui pèse près de 50 milliards et sans lequel l’industrie du luxe ne serait rien. Secteur d’activité qui repose, bien évidemment, sur les créatrices et créateurs -ces travailleuses et travailleurs de l’art, qui font la richesse, la diversité, la renommée de la France dans le monde entier.

Pourtant, le Syndicat national des artistes plasticiens (le SNAP) rappelle que le revenu médian des artistes-auteurs s’établit à 1 531€… par an ! Oui, 1 531€ par an.  Chacun comprendra donc que les créatrices et créateurs ont souvent une ou plusieurs autres activités, par forcément en lien avec le champ culturel d’ailleurs. Beaucoup d’autres sont bénéficiaires du RSA. Ils rentrent donc dans la catégorie des TNS (Travailleurs non-salariés). Car la création est un travail, pas un hobby ou une lubie.

Or, lorsqu’ils doivent renseigner leur situation, comme beaucoup des TNS, ils se retrouvent à cocher la case « autres ». Évidemment, les algorithmes de gestion n’aiment pas la case « autres », et s’il n’y avait pas d’intervention humaine, beaucoup de ces ayants droit se retrouveraient purement et simplement éjectés du système.

Bien sûr, il n’y pas de solution facile, d’autant qu’il s’agit, avant tout, d’une question de moyens -humains et financiers. Ce qui est d’autant plus compliqué puisque nous ne sommes pas maîtres des dotations et que nous « partageons » le suivi des bénéficiaires du RSA avec France Travail.

À tout le moins, il nous apparaît essentiel de renforcer la dimension et les moyens humains de l’accompagnement des bénéficiaires -notamment à travers les associations, qui font un travail remarquable avec des moyens dérisoires. Nous devons absolument nous interdire de rentrer dans une logique de sanction et, bien sûr, de toujours porter l’impérieuse nécessité de respecter la dignité des bénéficiaires en toutes circonstances.

Ces remarques ayant été faites, nous voterons, bien sûr, ces délibérations. Je vous remercie.

La vidéo de l’intervention : https://youtu.be/XbK0et0pTAo?t=20344

À l’opposé d’Elon Musk, le choix politique d’un numérique responsable !

2025-2669 - Stratégie de la Métropole de Lyon en faveur d'un numérique responsable -

M. le Conseiller P-A. Millet : Monsieur le Président, chers collègues, ces deux délibérations pour un numérique responsable et une gestion éthique des données méritent toute notre attention, même si elles ne contiennent pas de gros montants et même s’il semble difficile d’en faire un dossier stratégique de la majorité des groupes, contrairement à l’urbanisme ou aux mobilités. Pourtant, quand on écoute Trump, on ne peut qu’être frappés par la place que prend le numérique et évidemment pas pour un numérique responsable !

Sans doute que le numérique nous préoccupe tous et ne devient un objet politique que face aux risques de cybersécurité, et encore… Nous savons que beaucoup de collectivités sont insuffisamment organisées… je vous invite à consulter la carte interactive de conformité numérique des collectivités territoriales publiée par l’ANCT ou la carte des attaques cyber de collectivités publiée par l’association « Declic ».

Mais, peut-être, qu’en vous montrant l’enjeu économique international du numérique, cela peut éclairer le sujet.  Les sept premières capitalisations de la bourse US concernent les technologies numériques, dont les célèbres Gafam, et elles portent 100 % de la croissance boursière US ces dernières années, alors même qu’on nous dit, chaque jour, que l’Europe est en panne face à la dynamique économique US. Alors, certains peuvent se dire qu’il faut faire un numérique à la Elon Musk… plus de règles… plus de droits… le laissez-faire… la « liberté », comme il dit -liberté de la jungle, bien sûr, liberté du Far-West…. Mais vous savez bien que, dans cette liberté, il n’y a aucune place pour un numérique français, un numérique qui respecte les services publics, qui soit attentif à son impact carbone, à ses déchets, qui contribue à une économie circulaire, à la réduction des fractures numériques, qui soit attentif aux questions éthiques -dont la protection des données personnelles.

Vous voyez que cette stratégie d’un numérique responsable est bien une délibération hautement politique et permettez-moi, en complément de nombreux exemples présentés par la vice-présidente, de l’illustrer sur un enjeu très actuel, dans les gesticulations trumpistes comme dans notre quotidien… l’impact de l’intelligence artificielle…

Je vous ai évoqué, en introduction, l’ampleur de la révolution du calcul en cours en évoquant la puissance presque infinie à notre échelle de l’informatique quantique capable de traiter des problèmes d’une taille plus grande que l’univers, mais vous en connaissez de multiples impacts de cette intelligence artificielle. Au passage, le terme de « révolution du calcul » me paraît beaucoup plus pertinent que celui d’intelligence artificielle, qui est très mensonger. Car elle n’a rien d’artificielle… des millions d’humains ont travaillé pour produire les données et organiser l’apprentissage… et elle n’a rien d’intelligent et ne nous dit rien de neuf… juste ce qui est vraisemblable par rapport à tout ce qui a été déjà produit… C’est donc un incroyable outil pour fabriquer… des mensonges crédibles ! Mais c’est un fantastique outil pour écrire plus vite, résumer, traduire, transcrire, présenter, imager, ordonner, classer.

Et les usages dans la presse, les services publics, les entreprises sont déjà là, sans qu’on ne les voie vraiment ! Un film récent a jugé nécessaire d’ajouter au générique une mention « pas d’usage de moteur d’IA », parce qu’on ne sait plus si les visages, les voix, les corps, … sans compter, bien sûr, les paysages d’un film apparemment réaliste, sont filmés ou calculés. Sans doute que la majorité des images diffusées dans les médias sont aujourd’hui issues d’IA.

Une anecdote… Une jeune apprentie en communication numérique me raconte qu’elle est utilisatrice quotidienne de Chatgpt pour organiser ses propres activités et, par exemple, décider de ce qu’elle va faire à manger le soir en disant à Chapgpt ce qu’elle a dans son frigo. Comment savons-nous ce que des centaines de fonctionnaires font déjà avec ces outils ?

Je change complètement d’exemple, mais toujours pour illustrer les enjeux pratiques du numérique… De nombreux anciens sont en difficulté avec leur téléphone et ses codes. J’ai découvert que les opérateurs font payer un service pour pouvoir prendre la main sur le téléphone à distance et redonner accès à la personne, mais dans quelle condition des données de protection de la personne ? Comment pouvons-nous prendre en compte cette question dans nos politiques de vieillissement ?

Le document proposé illustre les nombreuses actions menées regroupées en trois thèmes -sobriété, solidarité, liberté. Certaines sont bien connues comme la maîtrise des durées d’usage des équipements, la mutualisation ; d’autres sont de véritables défis comme la sobriété des données, à l’heure où, au contraire, des immenses masses de données sont nécessaires aux IA. Il y a sans doute encore beaucoup à imaginer, mais nous savons bien que la question essentielle est celle de l’appropriation par les agents de ces enjeux et le fait que notre Conseil donne toute sa légitimité à la stratégie proposée en est une étape nécessaire, entre autres pour permettre le renforcement des actions de formation et d’accompagnement à ce numérique responsable.

Le numérique diffuse partout, à des échelles toujours plus larges. Nous devons nous donner une stratégie politique numérique qui permette à nos collectivités de ne pas être dépendantes, ne pas être débordées par des usages non souhaités, discriminants, injustes, inefficaces pour le service public, ne pas laisser un entrisme technologique s’imposer contre notre ambition de maîtrise des impacts environnementaux, sociaux, sociétaux.

Ce sont évidemment des sujets qui demandent un travail partenarial avec toutes les collectivités du territoire comme de nos partenaires. Nous souhaitons que cette stratégie d’un numérique responsable devienne un bien commun de tout le Conseil et de toutes nos collectivités.

Je vous remercie.

La vidéo de l’intervention : https://youtu.be/5_Q1fg6mXzI?t=21920

Mobiliser des moyens publics pour assurer les services de secours et d’incendie !

2024-2658 - Service départemental métropolitain d’incendie et de secours (SDMIS) - Convention pluriannuelle 2022-2024 -

M. le Conseiller P-A. Millet : Monsieur le Président, les pompiers sont en grève depuis septembre mais, comme les soignants, ils continuent d’assurer notre sécurité. Leur colère s’est cependant exprimée avec force dans des actions d’éclat, notamment pour la fête des Lumières, et nous ne pouvons qu’être interpellés par ce message terrible : « Nos élus enterrent vos pompiers ! »

Pourtant, nous avons délibéré plusieurs avenants à la convention qui prévoyait, en 2020, une augmentation annuelle de 1 %… un premier avenant, tenant compte de l’augmentation du point d’indice, ajoutait 3,5 %… un deuxième avenant apportant 5 %, pour permettre le retour à l’équilibre avec un soutien aux créations de postes et aux conditions sociales… Enfin, pour faire face à l’inflation, une subvention exceptionnelle de 2M€, soit 1,5 %, a été apportée fin 2023.

Pourtant, la situation ne s’est pas améliorée sur le plan social ni sur le plan économique, alors qu’on ne peut pas dire que la gestion du SDMIS manque de rigueur… Les investissements sont en dessous de la PPI Initiale… Une démarche de maîtrise des dépenses est engagée… Aucune mesure nouvelle de revalorisation des rémunérations n’est prise en compte, dans un budget 2025 qui restera difficile…

Le communiqué des pompiers transmis au ministre venu à Lyon, fin novembre, est clair : « Le sous-financement chronique des services de secours menace aujourd’hui la sécurité de nos concitoyens, la résilience de nos territoires et la capacité de réponse de nos équipes. Le SDMIS, comme tant d’autres SIS en France, est confronté à une situation opérationnelle qui s’est dégradée à un point critique. Ce n’est plus seulement une question de moyens, c’est une question de sécurité publique et d’égalité républicaine.

Nous avons bien conscience que cette délibération d’un avenant, qui apporte une nouvelle augmentation de 0,5 %, reste en l’attente d’un projet de loi annoncé par le Beauvau de la Sécurité civile et ne répond pas au cri d’alarme des pompiers. Nous avons bien noté l’annonce, par le Président, d’une subvention exceptionnelle et nous en reparlerons dans le budget 2025.

La crise politique nationale a de lourdes conséquences sur la gestion des dossiers urgents. Le Beauvau de novembre dernier, qui devait aboutir à un projet de loi, est suspendu et personne n’a idée de ce que pourrait proposer un gouvernement Bayrou, mais on sait que le projet de loi de Finances Barnier prévoyait une baisse de 5 % des dépenses pour la Sécurité civile.

Nous soutiendrons donc le vœu présenté pour interpeller l’État, que ce soit par une contribution du secteur des assurances, la TSCA (Taxe sur les conventions d’assurances), ou par le budget de l’État. Nous devons mobiliser des moyens publics pour assurer les services de secours et d’incendie, dont on mesure le caractère vital à chaque urgence, chaque drame.

On le voit ces jours avec l’horreur à Mayotte, qui domine bien évidemment l’actualité de la Sécurité civile mais, justement, quand on mesure l’énormité des moyens matériels et humains qui doivent être mobilisés là-bas, on mesure l’urgence aussi à poser la question du budget national de la Sécurité civile. Pouvons-nous proposer aux pompiers une démarche commune, en début d’année, pour une rencontre avec le gouvernement ?

Oui, les pompiers n’ont pas des salaires au niveau de leur engagement, de leur rôle public, mais c’est aussi le cas des infirmières, de beaucoup de soignants, des aidants à la personne, mais aussi de beaucoup d’agriculteurs et -permettez-moi d’ajouter ceux dont on parle plus rarement- de beaucoup d’ouvriers.

Concernant l’amendement proposé… Le groupe « La Métropole en commun » veut nous faire croire qu’il y aurait une solution locale, qu’il suffirait de faire des priorités, faire des choix. Mais cela voudrait donc dire qu’il faut prioriser les pompiers et ne pas augmenter les infirmières, les soignants, les aidants ou nos éducateurs.

Mais faire croire qu’il suffit de faire des choix localement… c’est masquer la responsabilité de l’État, du système, de tous ceux qui répètent sans cesse qu’il faut réduire les dépenses publiques… c’est opposer les revendications entre elles, quand tout demande, au contraire, leur convergence… C’est une faute politique majeure pour une force de gauche.

Nous réaffirmons notre solidarité avec nos pompiers, et l’urgence d’une décision gouvernementale pour augmenter le financement de la sécurité publique.

La vidéo de l’intervention : https://youtu.be/NlwjM_m2Nx8?t=8627

L’outil de la SEMPAT est précieux pour redynamiser le commerce, mais nous devons aller plus loin !

2024-2537 - Société d'économie mixte (SEM) Patrimoniale du Grand Lyon - 2023 -

Mme la Vice-Présidente Picard :  Monsieur le Président, monsieur le Vice-Président, cher.e.s collègues, la SEM Patrimoniale du Grand Lyon est un outil créé en 2012, notamment pour favoriser le développement économique dans des territoires qui nécessitent un accompagnement spécifique afin d’accroître leur attractivité.

C’est un outil utile dans les opérations de renouvellement urbain. Puis, à partir de 2019, dans les centre-bourgs que nous souhaitons plus dynamiques.

En France, le constat est globalement le même partout, les centres-villes connaissent de très sérieuses difficultés. C’est le cas des villes de l’agglomération lyonnaise.

Le e-commerce, les grandes zones marchandes, l’érosion du pouvoir d’achat, expliquent en partie l’évolution de nos modes de consommation.

Cette situation est dommageable, pour le dynamisme de nos quartiers. Et notamment pour les personnes âgées qui ont besoin d’une proximité d’achats.

L’enjeu du commerce de proximité est devenu central dans la vie des quartiers et pour le vivre-ensemble.

Rien ne se fera du jour au lendemain. C’est un chantier de longue haleine pour enrayer l’augmentation du taux de vacance et pour renforcer la diversité commerciale.

Pour cela, nous avons un certain nombre d’outils à notre disposition dont la SEMPAT et le PLU-H.

Concernant le centre-ville de Vénissieux, nous avons engagé un travail, depuis plusieurs années, à la fois sur le commerce et sur le cadre de vie.

Pour redynamiser notre centre-bourg, nous avons besoin qu’il soit animé par la présence d’un équipement public.Ce sera un équipement culturel, la Maison des mémoires, avec une ouverture en 2027. Une autre condition essentielle de la réussite de ce projet de redynamisation est la requalification des places Barbusse-Sublet. Concernant les commerces, un périmètre de sauvegarde nous permet de préempter des murs, des droits à bail ou des fonds de commerce.

La SEMPAT est un bon outil, une force de frappe immobilière importante. Mais nous constatons aujourd’hui que cela ne suffit plus. Il faut renforcer les moyens d’action de la SEMPAT sur la commercialisation pour trouver des repreneurs.

Notre outil SEMPAT a besoin d’être consolidé sur la totalité des périmètres d’intervention. Le cas d’école du Casino à Vénissy, sur le plateau des Minguettes, en est une parfaite illustration.

Casino vient de céder son fonds de commerce à 1 € au magasin Triangle. Nous ne savons toujours pas si cette opportunité d’achat à très bas prix a été la même pour les autres éventuels repreneurs. Ce qui pose, d’ailleurs, question.

La Ville de Vénissieux et la Métropole n’ont pas été concertées dans cette décision. Mais il est vrai que le principe de liberté du commerce laisse toutes les marges de manœuvre à Casino. On ne peut que le regretter.

Cette cession à un magasin d’alimentation spécifique est contraire à tout ce qui s’est fait en faveur de la mixité depuis des décennies, et Casino a aussi bénéficié de la rénovation urbaine du plateau des Minguettes où des millions d’euros de fonds publics ont été investis pour transformer le quartier et le dynamiser.

Parce que le commerce de proximité est aussi un service, l’offre d’alimentation générale doit être préservée. C’est essentiel pour le vivre-ensemble et l’intérêt général. Et c’est dans ce sens-là qu’un collectif d’habitants a fait circuler une pétition et demande un rendez-vous au Préfet.

De plus, les commerces autour du magasin Triangle nous font part de leur inquiétude car les prix chocs pratiqués par ce magasin représentent une concurrence avec laquelle ils ne pourront sans doute pas rivaliser.

La Ville et la Métropole continuent de travailler pour proposer une offre alternative d’alimentation générale en circuit court, et nous aurions besoin d’une SEMPAT avec des moyens décuplés sur la commercialisation pour y arriver.

La SEMPAT est un outil public, il doit nous permettre d’innover et de trouver le bon repreneur au bon endroit.

Il s’agit d’une approche stratégique qui tient compte des besoins de la population et qui est en phase avec nos stratégies politiques de développement du territoire.

Je vous remercie.

La vidéo de l’intervention : https://youtu.be/mWHIqf4KziE?t=21074

Les parents et les enseignants de Simone Lagrange contre le projet de l’îlot vert…

2024-2449 - Villeurbanne - Soutien aux projets d'agriculture urbaine retenus dans le cadre de l'appel à projets de l'ANRU les Quartiers fertiles - Subvention à l'association Le Booster de Saint-Jean pour la mise en œuvre du projet îlot vert -

M. le Conseiller P-A. Millet : J’interviendrai pour Léna Arthaud, dont il faut redire que ses droits d’élu sont compliqués puisque, n’ayant pas de remplaçant, elle est obligée d’aller accompagner sa classe et a donc dû nous quitter.

Monsieur le Président, monsieur le Vice-Président, cher.e.s collègues, même si nous partageons sur le fond le soutien au projet des Quartiers fertiles, considérant que les projets d’agriculture urbaine dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville participent pleinement aux politiques métropolitaines en matière d’agriculture, d’alimentation et de politique de la ville, deux sujets nous interpellent sur cette délibération.

D’une part, elle vise à l’attribution d’une subvention à l’association Le Booster de Saint-Jean, association qui accompagne les coopérations territoriales liant création d’emplois et activités locales dans le cadre du dispositif Territoire zéro chômeur de longue durée (TZC) qui se déploie depuis 2017 sur le quartier de Villeurbanne Saint-Jean. Aujourd’hui, le territoire de Saint-Jean compte aujourd’hui trois Entreprises à but d’emploi (EBE), qui emploient plus de 120 salariés anciennement éloignés de l’emploi.

Le projet de l’îlot vert est un projet de maraîchage urbain porté par l’association Le Booster de Saint-Jean, en partenariat avec l’EBE EmerJean, la Métropole, la Ville.

Nous nous sommes déjà exprimés sur Territoire zéro chômeur, et le fonctionnement des EBE au début du mandat. Nous ne pouvons que partager l’ambition de faire reculer le chômage de longue durée. Mais nous considérons que l’essentiel de la bataille pour l’emploi se joue dans l’économie, avec le rôle central des entreprises, et notamment des grandes entreprises et de leurs investissements, comme avec le rôle tout aussi central de l’État et de ses investissements dans les infrastructures et les services publics. On ne fait pas reculer le chômage en augmentant la précarité, en supprimant le droit du travail ni en individualisant les besoins de formations professionnelles.

L’expérimentation Zéro chômeur doit normalement créer « des emplois nouveaux, non concurrentiels ». Or, le Comité des chômeurs et précaires de la CGT constate que 80 % des travaux effectués relèvent des compétences des agents territoriaux ou du tissu économique déjà présent localement. Nous en avions déjà la démonstration à Saint-Jean avec la médiation dans les transports, la collecte des déchets, … Aujourd’hui, cette délibération annonce l’embauche de 10 demandeurs d’emplois de longue durée sur des activités de maraîchage. C’est très loin de l’annonce d’emplois nouveaux non concurrentiels !

D’autre part, l’un des deux terrains en question (celui où prendra place le tiers-lieu vert) se situe dans l’enceinte du collège Simone Lagrange. Le Conseil d’administration de ce collège a dû se prononcer il y a peu de temps sur l’utilisation de ce terrain, qui appartient bien à la Métropole, dans le cadre du projet l’îlot vert. Lors du premier CA, les parents d’élèves et l’équipe enseignante se sont exprimés contre ; lors du deuxième CA, les enseignants se sont à nouveau prononcés contre. Leurs arguments sont les suivants :

– Ce collège voit les effectifs augmenter. Ce terrain qui, au départ, aurait dû être un terrain de sport, aurait éventuellement pu accueillir, comme cela fut le cas le temps des travaux, des Algécos pour permettre une meilleure répartition des élèves dans les salles du collège. Pour information, aujourd’hui, sur certains créneaux aucune salle de cours n’est disponible.

– Les professeurs s’inquiètent également de l’enclavement du collège auquel participerait le tiers-lieu de ce projet : ce collège, déjà enclavé par sa situation géographique va se voir longer, au nord, par le T9, à l’Est, par le tiers-lieu, sachant qu’au sud il y a un gymnase et le fronton de Villeurbanne et, à l’ouest, le parking de l’équipe pédagogique. Le collège n’est donc pas ouvert sur le quartier mais complètement enclavé, même au sein du quartier.

Ce sont les raisons pour lesquelles notre groupe s’abstiendra pour cette délibération.

Je vous remercie.

La vidéo de l’intervention : https://youtu.be/Q2L6YqWr5t4?t=14305

Pour un outil industriel de production et de distribution intégré !

CP-2024-3302 - SAS Lyon Rhône Solaire -

M. le Conseiller R. Debû : Merci monsieur le Président. En cohérence avec nos votes précédents, nous voterons contre cette délibération. Petit mot d’explication mais vous connaissez, je pense, notre position. La Nation française s’est dotée d’un outil industriel extrêmement performant à l’initiative de notre camarade Marcel Paul, qui visait non seulement à couvrir les besoins de la population et de l’industrie en France, mais qui était pensé également comme un outil national à travers les mécanismes de péréquation. C’est précisément ce que les différents opérateurs indépendants ne réussissent pas à faire. Nous ne sommes pas opposés par principe au projet d’EnR (Énergies renouvelables) lorsqu’elles sont en autoconsommation mais les producteurs privés autres centrales villageoises qui dépendent de fait des subventions de l’opérateur historique nous paraissent contraires à cette idée de péréquation et l’énergie, notamment l’électricité, c’est l’énergie qui, par excellence, est une énergie de réseau et il nous semble qu’il nous faut un opérateur intégré, en tout cas un outil industriel de production et de distribution intégré. Et donc nous voterons contre cette délibération. Je vous remercie.

Vanille, Javel, … des actionnaires décident de fermer nos usines…

2024-2216 - Association pour le développement économique de la région lyonnaise (ADERLY) - Subvention -

On le sait tous, on ne peut dépenser que les richesses qu’on a produites. Le monde du travail est bien placé pour le savoir, lui qui, au total, produit plus qu’il n’est payé. C’est le principe même du capitalisme : extraire de la plus-value du travail, c’est la base de tout profit et tout le problème est de savoir qui décide de son usage et pour quoi faire… C’est pour cela que, si nous n’avons jamais contesté l’affirmation répétée si souvent par Gérard Collomb de l’importance de l’économie pour l’agglomération, nous avons toujours contesté d’en laisser les clés à des décideurs invisibles, le plus souvent, qui ne connaissent que cette destruction créatrice, qui n’est que l’expression de la guerre dans l’économie. C’est ce qui distingue une société capitaliste d’une société socialiste : dans la première, seuls les décideurs de capitaux décident ; dans la deuxième, le politique a pris la main pour, en quelque sorte, organiser dans le débat public, une « économie à mission », une économie dirigée par des objectifs sociaux, environnementaux, technologiques, scientifiques, culturels… Ce serait en quelque sorte, madame la vice-présidente, une généralisation de l’appel à projet transformation durable à toute l’économie.

En attendant c’est pourquoi nous soutenons l’évolution de la raison d’être de l’ADERLY, redéfinie autour de la nécessité de renforcer la robustesse et la coopération économique du territoire, de chercher les investissements nécessaires au renforcement des filières économiques stratégiques, pour lesquels nous ne nous contentons pas de cette attractivité dans la concurrence où nous définissons ce que nous voulons développer, ce qui est utile de développer dans un développement tourné vers les besoins.

Je remercie le directeur de l’ADERLY pour la qualité de sa présentation et de ses réponses lors de la commission, y compris sur cette question clé de notre rôle face aux décisions d’actionnaires lointains qui détruisent des activités comme la vanille à Saint-Fons ou la javel à Rillieux-la-Pape. J’ai bien compris que tout le monde essaie de multiplier les liens avec les décideurs en espérant pouvoir peser, mais il faut resituer l’enjeu de ces grands groupes pour lesquels, même la Métropole est un nain…

Ainsi, de la javel, avec la fermeture de la COTELLE : 104 salariés et une moyenne d’âge de 54 ans, 26 ans d’ancienneté en moyenne. Voilà la destruction créatrice dans un grand groupe, Colgate -qui réalise 18 milliards et génère 2 milliards de bénéfice-, un groupe américain avec des actionnaires -comme le célèbre monstre financier BlackRock- et c’est quelque part dans un de leur siège que la décision de détruire 104 vies humaines, savoir-faire et une histoire locale que, monsieur Vincendet, aucune indemnisation ne pourra compenser.

À Saint-Fons, ce sont 47 postes supprimés dans l’atelier de production de vanilline synthétique qui est fermé par le géant belge de la chimie Syensqo, scindé en récemment du groupe Solvay. Les Echos écrivaient en décembre : « Solvay/Syensqo, une scission déjà gagnante qui va créer de la valeur »… là non plus, on ne parle pas de mission ; la seule qui compte, c’est la valeur pour les actionnaires et le résultat, un mois après, ce sont les premières restructurations annoncées -dont la fermeture de l’atelier vanille.

Solvay, c’était, en 2022, 14 milliards de chiffre d’affaires et 2 milliards de résultat ! En 2019, le groupe dépensait presque 2 millions de lobbying auprès de la Commission européenne, mais avait touché plus de 5 millions de subventions ! Sa PDG affirmait, récemment, à la fois que son groupe irait toucher les subventions en délocalisant aux USA, évoquant « un risque majeur de désindustrialisation en Europe ».

Nous pensons que, si la nationalisation de ces grands groupes est une condition d’une autre société, nous devons tout faire pour, à la fois, favoriser des alternatives préservant les savoir-faire et les métiers cassés par ces décisions, et qu’il faut aussi que les décideurs de ces multinationales comprennent que leurs décisions ne sont pas sans conséquence sur leur relation avec notre territoire.

Je vous remercie.

La vidéo de l’intervention : https://youtu.be/kD0xSZelKiU?t=27455

Accompagner les bénéficiaires du RSA vers un emploi pérenne dans le cadre d’un projet professionnel !

2024-2211 et 2024-2212 - Insertion - Appel à projets Parcours emploi intégré vers les métiers en tension et Actions d'insertion hors Insertion par l'activité économique (IAE) - Subventions -

Mme la Conseillère BURRICAND : Monsieur le Président, madame la Vice-Présidente, chers collègues, nous voudrions, tout d’abord, souligner l’intérêt de ces deux délibérations qui nous permettent de connaître précisément les actions menées par la Métropole pour l’accès à l’emploi des bénéficiaires du RSA, objectif que nous affichons comme une priorité de notre action.

Vous le savez, nous refusons toute conditionnalité du RSA à l’acceptation de travaux précaires et réduits qui fragilise l’emploi, transforme les bénéficiaires en un sous-prolétariat, favorise la concurrence entre salariés dans une sorte de dumping social qui ne profite qu’à ceux qui cherchent toujours à faire baisser le prix du travail au profit du coût du profit, petits ou gros profiteurs de la misère. Pour autant, nous défendons le travail, qui doit être respecté et valorisé, notamment par sa rémunération et ses conditions d’exercice jusqu’à le libérer de l’exploitation.

Nous partageons donc l’objectif affirmé, dans ces deux délibérations, d’accompagner les bénéficiaires du RSA vers un emploi pérenne dans le cadre d’un projet professionnel.

Notre collectivité consacre à cet objectif des efforts financiers et humains importants. Nous soutenons ces efforts. Nous souhaiterions, d’ailleurs, qu’ils soient mieux partagés encore par les entreprises, particulièrement par celles qui perçoivent des aides de l’État ou des collectivités et qui devrait se traduire par un effort pour l’emploi.

Nous sommes tous étonnés, alors que notre pays connaît un chômage récurrent, du phénomène, qui se développe ces dernières années, d’emplois qui ne sont pas pourvus dans le privé comme dans le public, faute de candidats. Cela témoigne d’une crise profonde du rapport au travail, que nous ne pouvons que relier à la question des rémunérations et conditions de travail, de la formation aussi et qui mériterait d’être plus étayée pour répondre encore mieux.

Ces deux délibérations disent aussi que l’accompagnement des bénéficiaires du RSA jusqu’à l’emploi s’est encore complexifié. Nous notons que les trois freins essentiellement ciblés sont les faibles niveaux de maîtrise du français, la santé mentale et le diagnostic et l’accompagnement du handicap ; ce qui aggrave les situations sociales et d’exclusion souvent terribles des bénéficiaires. C’est d’ailleurs ce qu’indiquent les professionnels des entreprises d’insertion. J’ai particulièrement en mémoire notre dernière rencontre avec l’équipe de Médialys, témoignant de la nécessité d’un accompagnement qui prenne en compte toutes les problématiques de plus en plus lourdes des personnes, santé et logement notamment.

Nous notons dans les métiers en tension -le numérique, la mobilité durable, l’industrie, le bâtiment et travaux publics. Chacun a en mémoire la récente loi sur l’Immigration qui refuse à des travailleuses et travailleurs clandestins, mais si connus, la possibilité de vivre décemment en régularisant leur situation ; les livrant ainsi à l’arbitraire et à la surexploitation qu’engendre toujours l’absence de droits. Sur cette question des métiers en tension, nous nous interrogeons sur le fait de ne pas retrouver, dans cette énumération, les métiers de la santé, du soin et du lien alors que nous savons les manques criants de personnels. La marche paraît-elle trop haute ?

Dans tous les cas, nous serons très attentifs aux enseignements et résultats de ces actions qui seront portés, nous en sommes certains, à notre connaissance.

Je ne saurai conclure cette intervention sans dire notre inquiétude devant le retard pris à la mise en place du CRIC (Carrefour de ressources en interculturel) en Rhône-Alpes du fait du non-investissement de la Région et du manque de réactivité de l’État. Nous n’allons, évidemment, pas nous substituer aux deux protagonistes de ce plan, mais six associations ont alerté plusieurs maires et madame la Préfète de l’impossibilité dans lesquelles elles étaient de mettre en place les parcours formations professionnels en langue française pour les publics allophones et les dispositifs d’accompagnement à la construction de projets professionnels et d’accès à l’emploi. En 2023, ces actions avaient concerné près de 2 800 demandeurs d’emploi, sans compter les impacts financiers et d’emploi sur les organismes concernés de cette situation. L’intérêt général devrait primer sur les affrontements politiciens et permettre que ces actions puissent avoir lieu.

La vidéo de l’intervention : https://youtu.be/kD0xSZelKiU?t=19650

Des décisions politiques pour la Paix et les coopérations !

Intervention préalable -

M. le Conseiller MILLET : Monsieur le Président, chers collègues, les fractures d’une France inégale se creusent dans un monde marqué par les guerres. Il est impossible de comprendre les tensions dans l’agriculture ou dans les quartiers populaires sans les replacer dans cette obsession de l’Occident pour la guerre. Nous le disions dans notre intervention de décembre, à l’occasion du Débat d’orientation budgétaire, mais les guerres en cours sur la planète sont d’abord la conséquence d’un Occident surarmé qui cherche comment défendre sa domination néocoloniale menacée. Entre le recul de sa domination sur le sud et le recul de son modèle démocratique en interne, nous assistons à la défaite de l’Occident, comme le montre avec brio Emmanuel Todd dans un livre récent, que je vous conseille, mais aussi comme le montre l’incroyable défaite démocratique d’une présidentielle US entre deux octogénaires pourris par la finance.

Même sur l’horreur des guerres, l’Occident est incapable de vérité. Nos médias continuent à justifier les morts à Gaza et à célébrer une Ukraine inventée pour justifier la poursuite d’une guerre insensée. L’Ukraine la paie du prix du sang et l’Europe, du prix de l’inflation au cœur de nos crises internes. Seuls les USA sont gagnants, imposant la vente de leur gaz de schiste au prix fort, mettant en cause l’industrie allemande -qui paraissait toute puissante-, imposant une récession à une Europe -qui avait tout à gagner au développement de ses échanges avec le sud, avec la Russie comme avec les routes de la soie chinoise.

C’est le contexte de la crise paysanne que nous vivons, et sur laquelle nous reviendrons à propos des délibérations sur notre politique agricole. Pendant que des multinationales US ont racheté la majorité des terres agricoles en Ukraine, nous avons mis en cause les conditions économiques de notre agriculture, tout en lui expliquant depuis Bruxelles et Matignon comment elle devait se transformer.

En Allemagne, les agriculteurs -après une manifestation géante à Berlin- ont obtenu des concessions sur le prix du diesel. Le gouvernement Attal a dû le faire rapidement, ce qui montre à quel point notre démocratie est malade. L’agriculture est un enjeu essentiel de notre politique climatique, et on ne la transformera pas contre les agriculteurs. On ne la transformera pas sans mettre en cause la politique agricole commune, l’organisation de l’agroalimentaire et de la distribution.

Et ce ne sont pas que les agriculteurs qui sont concernés par le prix de l’énergie, mais de très nombreuses copropriétés chauffées au gaz et les collectivités, bien sûr, avec des contrats signés dans la cadre de la privatisation et la dérèglementation de l’énergie organisée par tous les gouvernements successifs depuis 30 ans. C’est pourquoi, aussi, on ne peut comprendre la crise sociale face à l’inflation sans regarder le monde. C’est la domination du dollar et la planche à billets US qui est le carburant de l’inflation, dont la guerre en Ukraine n’a été que l’accélérateur. C’est, dès 2021, que l’inflation commence et que, très vite, les banques centrales réagissent en organisant une véritable guerre contre les salaires afin de garantir les revenus d’une finance, véritable cancer économique.

Nous évoquerons la politique de la ville à l’occasion du débat budgétaire, mais les émeutes de l’été dernier ont confirmé les profondes fractures de la société française, et les millions de familles populaires sont méprisées dans un débat médiatique qui nous dit que l’inflation serait derrière nous, alors que les prix restent évidemment trop haut, rendant le quotidien invivable pour des millions de familles. La précarisation du travail, son émiettement avec, par exemple, cette « économie du clic » décrite par le sociologue Antonio Casilli qui montre que, derrière les moteurs dits d’IA -qui n’ont rien d’intelligent et, surtout, rien d’artificiel- se cachent des millions d’heures de travail caché, émietté, dispersé, sous-payé pour permettre l’apprentissage de masse des algorithmes.

Permettez-moi d’exprimer notre colère, la colère des milieux populaires devant cette arrogance occidentale, cette arrogance des élites médiatico-politiques que symbolise cette ministre de l’Éducation qui répond avec une insouciance méprisante, comme Marie-Antoinette et ses brioches.

Et, sur Gaza, l’insupportable est atteint. La France continue à livrer des armes à Israël, qui tue en masse des journalistes, des enfants, des soignants ; bombarde des centres de réfugiés, des écoles, des hôpitaux. Les élites françaises le justifient honteusement comme une guerre contre le terrorisme. Mais nous savons tous que cette guerre, au contraire, alimente le brasier sur lequel pousse le terrorisme. Après avoir installé le Hamas pour diviser l’OLP, l’extrême-droite qui dirige Israël organise la terreur en Cisjordanie. Comme le dit Rony Brauman, Netanyahu est le plus grand danger pour les juifs. D’abord, parce qu’il alimente un antisémitisme qui, s’il n’a rien de nouveau, doit être condamné encore plus fortement tant il retrouve une occasion de diviser les peuples, mais aussi parce qu’il détruit l’image d’un pays qui se réduit, désormais, à sa violence coloniale.

Dans ce contexte, la décision de la Cour internationale de justice est un évènement. Après les rodomontades de notre ministre de l’Économie affirmant qu’il allait mettre la Russie à genoux, c’est notre ministre des Affaires étrangères, dénonçant moralement l’usage du terme génocide, qui est ridiculisé par la plus haute juridiction internationale reconnaissant le risque de génocide, et enjoignant Israël à agir pour l’empêcher et à rendre son rapport dans un mois. Oui, l’Occident militariste vacille…

Et il ne faut pas forcément beaucoup de décisions politiques pour changer le monde ! Permettez-moi de conclure en évoquant une uchronie télévisée, la série « Pour toute l’humanité » (« For all mankind »), qui décrit un monde différent parce que, suite à des incidents techniques sur Apollo 11, les soviétiques seraient arrivés les premiers sur la lune en 1969. Nixon en aurait décidé d’arrêter la guerre du Vietnam, et tous les moyens des grandes puissances auraient été consacrés à la conquête spatiale, avec la découverte d’une nouvelle énergie permettant de sortir du pétrole. Et parce que les soviétiques, qui n’entrent pas en Afghanistan, envoient aussi la première femme sur la lune, une accélération de la libération des femmes dans une société US très conservatrice. Bref, au lieu des 10 000 milliards de dollars dépensés par les USA, depuis 2001, dans les guerres, c’est un autre monde qui se serait inventé avec une base spatiale internationale sur mars avant 2000.

Oui, des décisions politiques peuvent changer l’histoire, retrouver le chemin de la Paix, de la justice sociale, des jours heureux, comme le disent les communistes.

La vidéo de l’intervention : https://youtu.be/vNSVSDnP1ds?t=1669