Mme la Conseillère BURRICAND : Monsieur le Président, chers collègues, nous abordons
une nouvelle délibération conséquente à l’engagement de la Métropole dans la
stratégie nationale de prévention de lutte contre la pauvreté.
Quelques jours après la Journée mondiale
du refus de la misère créée en 1992 par l’ONU sous l’impulsion des
associations, nous n’avons pas changé d’avis quant à ce plan qui ne peut
inverser les attaques contre les plus pauvres, les familles modestes… attaques
conduites par le Gouvernement…
Ce n’est pas nous qui le disons mais les
associations et le très officiel Observatoire de la pauvreté et de l’exclusion
sociale ainsi que l’INSEE, car les chiffres confirment nos inquiétudes et nos
réserves.
L’INSEE annonce une nouvelle hausse de
0,6 % de la pauvreté en 2018, taux qui ne baisse plus depuis 2008 et donc, en
2018, 400 000 personnes supplémentaires sont passées sous le seuil de
pauvreté. Et le même Observatoire pointe la responsabilité gouvernementale dans
la situation quant au montant non indexé des prestations sociales, aux baisses
des APL et aux baisses des allocations dans le logement social.
Dans le même temps, l’INSEE note que les
inégalités continuent de croître entre les 20 % les plus riches et les 20 % les
plus pauvres. « […] Les riches
bénéficiant d’une forte hausse », dit l’INSEE, « de leurs actifs financiers et de leurs rendements ». On ne
saurait mieux dire pourquoi 9,3 millions de personnes vivent dans notre pays en
situation de pauvreté monétaire.
Le Gouvernement semble décidé à
poursuivre l’enrichissement des riches et l’appauvrissement des pauvres. La
prochaine Loi des finances, les annonces sur les retraites, les mesures contre
l’indemnisation du chômage vont plonger de nouveaux citoyens dans la pauvreté.
Et nous combattons aussi l’esprit de ces mesures car ce Gouvernement prône la
réussite individuelle, l’esprit des gagneurs rendant chacun responsable de sa
situation culpabilisant, niant les déterminismes sociaux et les responsabilités
de l’État, du patronat et de l’argent facile.
Victor Hugo disait : « Les législateurs et les gouvernants
doivent y [à la misère] songer sans cesse car, en pareille matière, tant que le
possible n’est pas fait, le devoir n’est pas rempli. »
Où mettons-nous « le possible »,
Monsieur le Président ? Nous avons compris que « le possible »
s’arrête, pour vous, là où commencent la politique gouvernementale et les
privilèges des plus riches. « Le possible » est pourtant là :
faire reculer la pauvreté à la source -on prélève bien l’impôt à la source-.
Par exemple, en augmentant le SMIC de 20
%, les salaires et les minima sociaux en conséquence, en portant les retraites
au minimum à 1 400 euros, en remboursant les soins à 100 %, en
reconstruisant les services publics pour garantir l’égalité de traitement, en
créant un secteur bancaire au service de l’investissement créateur de nos
richesses et d’emplois pour tous, en augmentant la rénovation énergétique des
logements populaires, en portant la gratuité des transports en commun -vous
avez peut-être noté qu’au Chili la révolte populaire a démarré sur la question
de cette hausse du ticket-.
Vous proposez, dans cette délibération,
de donner des moyens supplémentaires en faveur des jeunes sortant de l’ASE -et
nous avons toujours combattu les sorties sèches de l’ASE- et de créer huit
postes supplémentaires d’Éducateurs de la prévention spécialisée, dont deux
seront affectés à Vénissieux dans les quartiers Max Barel et Charréard.
Nous avons combattu, en son temps, la diminution des moyens à la prévention spécialisée qui avait privé ces quartiers des éducateurs qui leur étaient affectés, et nous avons toujours demandé que les postes nécessaires soient rétablis pour ces quartiers. Nous nous félicitons donc de cette décision qui, quelque part, reconnaît notre persévérance.
Nous voterons donc cette délibération.