Mme la Conseillère L. Arthaud : Monsieur le Président, madame la Vice-Présidente, cher.e.s collègues, la discrimination se fonde sur notre façon de percevoir le monde qui nous entoure à travers un filtre empreint de stéréotypes. Ce phénomène, involontaire et automatique, permet l’apparition de certains préjugés. Cela se traduit concrètement par la production d’inégalités entre les groupes sociaux qui, en les confirmant, viennent renforcer les stéréotypes et préjugés visant ces groupes sociaux. Il y a donc un caractère systémique et répété des discriminations.
Une discrimination, c’est le traitement défavorable d’une personne par rapport à une autre placée dans une situation comparable. La loi définit 26 critères de discrimination, ainsi que des domaines d’application, avec, en premier lieu, l’emploi. La discrimination est un délit.
Cependant, la plupart des personnes victimes de discriminations qui décident d’engager des démarches pour faire valoir leurs droits est très faible. C’est 34 % de la population active qui rapporte avoir été victime de discrimination dans son parcours professionnel au cours des 5 dernières années, et seulement 7 % des personnes concernées qui ont engagé une démarche pour faire valoir leurs droits. Ce non-recours massif au droit s’explique par le sentiment d’inutilité de ce type de démarche, par le manque de confiance en la justice ou en la police, par le manque d’informations sur les recours possibles, par le manque de preuves de la discrimination subie, par la peur des représailles.
Que faire ? Reconnaître le rôle de chacun·e dans ce système, réaffirmer le caractère illégal des discriminations et engager une politique publique de prévention et de lutte contre les discriminations.
À travers ce Plan métropolitain de lutte contre les discriminations, la mobilisation de la Métropole s’articule autour de trois leviers d’action :
- Promouvoir une culture commune de prévention et de lutte contre les discriminations.
- Agir en tant qu’employeur.
- Agir à travers les politiques publiques qu’elle mène sur le territoire.
L’ambition de la Métropole est transversale. Toutefois, ce premier volet du Plan métropolitain de lutte contre les discriminations donne la priorité à l’emploi, premier domaine dans lequel s’exercent les discriminations en France. C’est près d’un quart de la population active française qui rapporte avoir été victime de discrimination au travail et plus de 40 % déclarent avoir été témoins de tels actes, dans le public comme dans le privé. Les jeunes, catégorie de population active particulièrement vulnérable sur le marché de l’emploi, sont encore plus touchés par ce phénomène. Parce qu’elles ont un caractère systémique et répété, ces discriminations produisent des effets durables et délétères sur les personnes : sur leur carrière (chômage prolongé, démissions, licenciements, mesures de rétorsion, etc.) mais aussi sur leur santé et leurs relations sociales (altération de l’estime de soi, dégradation de la santé physique et/ou mentale, autocensure, repli sur soi, etc.). Ces conséquences peuvent conduire les personnes à une mise à l’écart durable du marché du travail.
- Garantir le respect du principe d’égalité dans l’accès à l’emploi et le déroulement de carrière, quelles que soit sa situation ou ses caractéristiques personnelles.
- Reconnaître et prendre en compte les vécus discriminatoires des personnes confrontées aux discriminations dans l’emploi.
- Mettre la prévention et la lutte contre les discriminations au cœur des politiques publiques et des pratiques professionnelles des acteurs de l’emploi-insertion.
- Contribuer au devoir d’exemplarité des acteurs publics et à une meilleure qualité de service en garantissant l’égalité de traitement et la non-discrimination à l’emploi.
- Assurer l’effectivité du droit de la non-discrimination en améliorant l’accès au droit des personnes victimes de discrimination.
Ce sont les objectifs du Plan métropolitain de lutte contre les discriminations à l’emploi.
Cette démarche est co-portée par les élu.e.s à la lutte contre les discriminations, à l’emploi et à l’insertion de la Métropole, en partenariat avec la Maison métropolitaine d’insertion pour l’emploi (MMI’e) et les Villes de Lyon et Villeurbanne.
Il est proposé de reconduire le plan d’actions 2023-2024, tout en apportant des ajustements -notamment par l’ajout d’une action sur la coordination par la Métropole des réseaux de vigilance du territoire et la préfiguration d’un réseau de vigilance métropolitain, en complément de l’action visant à encourager l’expérimentation de différents réseaux de vigilance sur le territoire : expérimenter l’essaimage du réseau de vigilance en faveur de l’égalité et de la non-discrimination de Villeurbanne. L’objectif est de permettre une cohérence d’ensemble des démarches de réseau de vigilance du territoire, via la coordination de la Métropole, et de lancer une étude de préfiguration sur le passage à une échelle métropolitaine.
Il est de notre responsabilité d’utiliser tous les leviers d’action pour garantir le respect du principe d’égalité partout et pour toutes et tous.
Nous voterons favorablement cette délibération. Je vous remercie.
La vidéo de l’intervention : https://youtu.be/3u4UfqWT_aw?t=23353