Archives de catégorie : Non classé

Reconstruire la coopération internationale pour la solidarité, la paix et le progrès social !

Intervention préalable -

M. le Conseiller P-A. Millet : Monsieur le Président, chers collègues, nous allons voter un budget fortement contraint en faisant face aux urgences sociales de l’hébergement, du logement, de la santé, de la prévention, … Mais les annonces des guerres nous font craindre des régressions sociales majeures, brutales, à la mode trumpiste qui détruit le, pourtant, faible service public fédéral des États-Unis.

C’est pourquoi je consacrerai cette introduction à la situation internationale et à la réponse guerrière qu’on veut nous imposer en France.

La guerre en Ukraine -trois ans après l’invasion russe, dix ans après le début de la guerre civile au Donbass- est une plaie ouverte au cœur de l’Europe. Une évidence s’impose : aucune solution militaire ne mettra fin à ce conflit. Les récentes déclarations d’Emmanuel Macron sur « l’autonomie stratégique européenne », évoquant l’éventuelle extension du parapluie nucléaire français, révèlent un aveu d’impuissance. Ce projet, flou et dangereux, ne répond à aucune urgence actuelle : désamorcer l’escalade, assurer la sécurité collective et penser la paix hors des logiques de blocs. Nous vivons la fin des illusions de la puissance occidentale gouvernant la planète… le temps où nous pouvions bombarder Belgrade, pays européen, pour imposer la partition du Kosovo… et même bombarder l’ambassade chinoise… Ce rappel illustre à quel point le deux poids, deux mesures délégitime tout le discours occidental, de la Palestine à la Russie.

Un million de victimes plus tard, le constat est implacable : l’escalade militariste a échoué. Les livraisons massives d’armes, censées faire barrage à l’agression russe, n’ont fait qu’alimenter une machine de guerre destructrice, affectant gravement les populations ukrainiennes, russes et européennes (indirectement). Les profits record des industriels de l’armement (+ 29 % pour Lockheed Martin en 2024) contrastent violemment avec l’asphyxie des budgets sociaux européens, où inflation et dette publique fragilisent les services essentiels.

Cette guerre, issue d’une mondialisation capitaliste en crise, ne bénéficie à aucun peuple mais, exclusivement, à des minorités : oligarques russes avides de rentes énergétiques et ukrainiens détournant les aides occidentales, fonds spéculatifs tirant profit de la dette ukrainienne et complexe militaro-industriel occidental. Tandis que les armes font des centaines de milliers de victimes, c’est dans les capitales, lors de négociations opaques, que se décide un avenir où l’Ukraine peut sortir exsangue, quel que soit le camp proclamé « vainqueur ».

Les projets de « reconstruction » de l’Ukraine risquent de poursuivre sa prédation, transformée en laboratoire néolibéral dirigé par des institutions comme BlackRock ou le FMI : accaparement des terres agricoles, privatisation des infrastructures, droits sociaux sacrifiés sur l’autel de la « compétitivité ». Ce scénario, déjà observé en Irak ou en Grèce, imposerait une double peine aux Ukrainiens : après la guerre, la dilapidation.

L’Europe, quant à elle, paie le prix de sa dépendance stratégique, ne voulant pas voir l’importance de ses relations à l’est et au sud pour son développement, soumise aux intérêts US -notamment énergétiques-, allant jusqu’au ridicule, quand nous dénonçons les ingérences politiques russes en nous taisant sur les surveillances technologiques des USA, des arrestations du patron d’ALSTOM pour servir les intérêts de General Electric, jusqu’aux écoutes téléphoniques de nos dirigeants. Pris de court par un Donald Trump isolationniste, qui entend redéployer ses forces face à la Chine, Emmanuel Macron s’est livré à une rhétorique martiale, préparant les Français à un effort de guerre. Jean-Noël Barrot affirmait, dans un lycée de Nantes, le 10 mars : « Le réarmement des esprits commence à l’école ». Habituer nos enfants à la guerre, voilà ce que propose ce gouvernement.

Mais qu’en est-il de l’effort de paix auquel aspirent les peuples ? L’idée d’une Russie prête à débarquer sur les Champs-Élysées n’est que la répétition des discours antiallemands préparant la première guerre mondiale, justement dénoncés par Jean Jaurès -malheureusement trop seul parmi les socialistes. Ce sera le contexte de la création des partis communistes. Il faut espérer que ce ne soit qu’une justification à des politiques renforcées. Malheureusement, certains sont déjà prêts à chanter : « Macron, nous voilà, tu nous as redonné l’espérance… » et, sur le pied de guerre, le Président du Conseil d’orientation des retraites estime que l’entrée dans une économie de guerre rend dérisoires les débats sur l’âge légal à 64 ans, poussant, au contraire, à l’augmenter rapidement. La bataille médiatique, sur ce sujet, est absolument extraordinaire !

Alors que nos collectivités locales cherchent désespérément à faire plus avec toujours moins et que nos services publics s’épuisent à pallier les carences, ce que le dialogue avec le collectif hébergement jeudi dernier montrait, le gouvernement fait croire qu’il pourrait être capable de mobiliser d’immenses ressources pour alimenter une escalade militaire aux objectifs incertains. Cette contradiction révèle un choix politique évident : sacrifier les besoins sociaux pour défendre une souveraineté factice, quitte à accentuer davantage les fractures internes d’une société déjà fragilisée. L’urgence serait de reconstruire un modèle de coopération internationale fondé sur la solidarité, préservant à la fois la paix et le progrès social, plutôt que d’alimenter une spirale de confrontations aux conséquences imprévisibles.

La France, membre permanent du Conseil de sécurité, a les moyens de sortir de l’immobilisme. Au lieu de s’enfermer dans une rhétorique guerrière, elle doit :

  • Exiger un cessez-le-feu immédiat et soutenir des négociations sous l’égide de l’ONU, en impliquant des pays non-alignés (Inde, Brésil, Afrique du Sud) ainsi que les acteurs locaux ukrainiens et russes.
  • Relancer les principes d’Helsinki de 1975, affirmant à la fois l’inviolabilité des frontières, le droit des peuples à l’autodétermination, et la coopération paneuropéenne, tout en garantissant la sécurité de tous les États, jusqu’à la Russie.
  • Dialoguer activement avec les BRICS, enfin, et organiser une conférence internationale sous l’égide du G20, afin de réduire le risque d’une guerre mondiale en incluant les pays du sud global majoritaire.

La paix en Ukraine ne sera ni victoire ni capitulation, mais l’art fragile de concilier des intérêts antagonistes. À nous de refuser les simplifications dangereuses et de renouer avec notre vocation de puissance de paix, en exigeant l’arrêt des combats, en relançant le désarmement nucléaire et en construisant une sécurité européenne inclusive. Cela implique de rompre avec les logiques libérales qui ont laminé notre industrie, fragilisé notre souveraineté et jeté les peuples les uns contre les autres. Et, permettez-moi de conclure avec ces mots que vous connaissez :

Monsieur le Président

Je vous fais une lettre

Que vous lirez peut-être

Si vous avez le temps

Je viens d’vous écouter

Nous app’ler à la guerre

Jusqu’au feu nucléaire

Aux  milliards à payer

Monsieur le Président

Nous avons mieux à faire

D’urgences à satisfaire

Santé et logement

Vous parlez de menaces

Oubliant nos misères

Mais nous aurons l’audace

D’être unis sur la terre

Je vous remercie.

La vidéo de l’intervention : https://youtu.be/XbK0et0pTAo?t=3017

Éric était un élu républicain de grande valeur, un homme généreux !

Hommage à Éric Bellot, Maire de Neuville-sur-Saône -

M. le Conseiller R. Debû : C’est avec beaucoup d’émotion que nous avons appris le décès de notre camarade Éric Bellot, Maire de Neuville-sur-Saône.

Éric faisait partie de ces personnes qui vous rendent fier de partager, avec lui, les mêmes principes et opinions politiques, les mêmes valeurs humaines, les mêmes engagements militants.

Parmi ses engagements, Éric avait fait sien le combat pour l’école publique, socle du pacte républicain de notre Nation, lien de transmission et d’apprentissage à la citoyenneté en vue de faire de chaque enfant, de chaque jeune, un adulte émancipé, doté de sens critique, outillé pour gouverner sa propre vie, pour faire ses propres choix.

Instituteur puis proviseur de lycée, il a milité activement au sein du syndicat SNI-PEGC -dont il aura été le trésorier départemental. Éric, qui a toujours placé la réussite de ses élèves au centre de ses préoccupations professionnelles, comprenait bien que ce n’était possible qu’à condition d’avoir les moyens humains et matériels de remplir cette noble mission.

C’est, d’ailleurs, avec cette nécessité en tête qu’Éric militait, avec conviction, pour la création du lycée Rosa Parks, qui verra le jour en 2006 à Neuville. Neuville, où il a été élu d’abord dans l’opposition, entre 2001 et 2008, avant d’en devenir la maire en 2020. Maire quelque peu atypique dans le Val de Saône, de par son orientation politique, il n’en était pas moins grandement apprécié de la population et des élus du territoire.

C’était un maire accessible, à l’écoute. Il savait se tenir à l’écart des vaines polémiques et des propos clivants. L’intérêt général et le bien commun étaient sa boussole, il savait ne pas en dévier. En cela, Éric était un élu précieux.

Toutes les actions qu’il a menées en faveur de l’éducation, du lien social, pour le développement des services, … marqueront durablement la ville de Neuville-sur-Saône. Sans être exhaustif, on peut citer la rénovation complète du complexe sportif Marie Paradis, qui sera inauguré prochainement, ou l’ouverture de l’espace de vie sociale dans le quartier populaire de la Source. Mais l’on pense, aussi, au choix qu’il a fait d’ouvrir les écoles de la ville pour accueillir des familles à la rue tout en s’indignant que de telles situations puissent exister encore aujourd’hui dans notre pays.

Malgré la maladie qui le frappait depuis deux ans, Éric a, inlassablement, continué à assurer ses fonctions de maire au service des Neuvillois. Il s’est battu jusqu’au bout avec un courage qui force le respect. Les communistes perdent un camarade. Nous perdons tous un élu républicain de grande valeur, un homme généreux qui aura consacré sa vie à la chose publique, à la jeunesse, à l’émancipation humaine.

Ainsi, au nom des élus du groupe Communiste et républicain, nous adressons à sa femme Martine, à ses deux enfants, à ses petits-enfants, aux Neuvillois nos sincères condoléances.

La vidéo de l’intervention : https://youtu.be/XbK0et0pTAo?t=1239

Henri portait l’utopie d’un urbanisme fait par et pour les travailleurs !

Hommage à la mémoire de Henri Thivillier, ancien Adjoint au maire de Vénissieux et Conseiller de la Communauté urbaine de Lyon -

M. le Conseiller P-A. Millet : Monsieur le Président, chers collègues, c’est avec beaucoup d’émotion que je veux évoquer un ami, un militant, un élu, un architecte qui a profondément marqué la ville de Vénissieux et, beaucoup plus, dans l’agglomération comme en Haute-Loire, sa terre natale, où il continuait à animer une vie sociale et culturelle originale dans son village de Haute-Vialle.

Henri Thivillier a disparu ce 30 décembre d’une maladie brutale, alors qu’il était sur son chantier passion de la réhabilitation d’une maison de village familiale, celle d’où il organisait des expositions photos inédites… un projet fou d’une réhabilitation où il faisait tout ou presque, de la charpente au second-œuvre… jusqu’à cet immense petit train, courant dans toute la grande salle…

Henri était architecte -nous lui avons rendu hommage, samedi, à la Maison des fêtes et des familles, dont il avait fait les plans en 1982- avant de devenir élu avec André Gerin, puis Michèle Picard. Mais vous trouverez ses réalisations d’architecte aussi à Vaulx-en-Velin, Lyon et les traces de ses premiers bureaux, au pied de la Croix-Rousse.

Henri était un élu actif, engagé, porteur de relations avec de très nombreux professionnels du bâtiment, mais aussi d’entreprises industrielles et de services. Il a été élu communautaire de 1995 à 2014 et m’a transmis sa passion pour les mobilités, l’urbanisme, le développement économique. Certains se rappellent, peut-être, son projet d’un minibus public à la demande, qui viendrait compléter l’offre de mobilité lourde par une solution capable de répondre à tous les besoins, en porte-à-porte, avec circuit adaptatif coordonné avec le réseau, précurseur des offres actuelles de mobilité à la demande mais qu’il imaginait à grande échelle -un millier de minibus transportant, chaque jour, plus de passagers qu’un métro-, évidemment décarboné et non polluant… et pourquoi pas un jour autonome… D’autres ont pu suivre ses échanges et ses voyages à Nice sur la pertinence du moteur à air comprimé. Henri était un passionné de politique et de technique, d’organisation et de relations humaines.

Il a joué un rôle clé dans la métamorphose des Minguettes avec l’école de musique, le cinéma, l’arrivée du tram, la première rénovation urbaine, le grand bond en avant de Vénissieux au début 2000, l’extraordinaire médiathèque Perrault -jouant de transparence et de reflet- et son prix d’architecture européenne, l’accueil de l’institut Bioforce -devenu une référence européenne dans la formation d’humanitaires de la santé dans le monde- et, bien sûr, le CERTA (Centre régional des technologies avancées) créé en 1983 et qui, chaque année, permet à des dizaines de jeunes éloignés de l’emploi de trouver leur chemin de qualification vers les métiers industriels et du logement. Il était aussi un acteur clé des quinze ans de luttes pour conserver un hôpital à Vénissieux.

Henri était un militant communiste, c’est-à-dire un citoyen organisé, travailleur, intellectuel, ouvert aux autres, capable d’échanger avec un chef d’entreprise et un délégué syndical, un responsable religieux et un artiste, un économiste et un historien -avec, toujours, le souci de comprendre le monde pour le transformer, vieux précepte marxiste, le souci d’être utile à construire des solidarités, des capacités collectives.

Il menait sans relâche le combat politique pour faire reculer l’extrême droite, participant à la bataille pour que les gamins de Guantánamo soient jugés par la justice française, pour la place de l’islam dans la République contre tout communautarisme, pour la liberté et la laïcité, pour le droit à la culture. À partir de son expérience professionnelle et politique de l’urbanisme, il travaillait ses dernières années à faire grandir des démarches d’urbanisme participatif, d’ateliers citoyens pour donner toute leur ampleur aux Conseils des quartiers vénissians, à l’histoire si riche depuis 40 ans. Il connaissait bien la crise démocratique française et cherchait inlassablement à reconstruire.

Nous pensons, bien sûr, à ses proches… à ses deux filles Emmanuelle et Bénédicte, à ses petits-enfants, à celles qui l’ont aimé… Henri avait demandé qu’une collecte soit organisée en faveur du CERTA, en difficulté, dans le contexte difficile de la formation professionnelle. Vous trouverez le lien pour participer sur le site levenissian.fr.

Je vous remercie.

La vidéo de l’intervention : https://youtu.be/5_Q1fg6mXzI?t=2141

L’urgence est de surmonter les divisions de notre peuple pour faire reculer l’extrême droite !

Intervention préalable -

M. le Conseiller P-A. Millet : Tout d’abord -et la multiplication des groupes politiques de notre assemblée (11, pour cette séance) est un signe de plus de la crise politique, mais il n’y a qu’une seule intervention communiste-, remercions Bruno Bernard d’avoir accepté ce temps d’introduction… Un moment politique utile dans cette crise démocratique et ses dérives populistes qui fracturent notre société, crise qui conduit à de terribles cécités politiques dans une cinquième République perturbée qui perd son sauveur suprême. Pendant qu’on cherche encore un gouvernement, l’urgence climatique est reléguée à l’arrière-plan tout comme la désindustrialisation, malgré tous les discours officiels, et la crise sociale qui va avec, jusqu’à l’horreur à Mayotte, tout comme le basculement d’un monde qui s’extirpe douloureusement d’une domination occidentale coloniale.

Marc Grivel me reprochera de faire trop de politique, mais il se laisse entraîner par ce temps politique. Sa dernière intervention évoquait les élections européennes, et demandait au président de se consacrer aux questions « locales », les citant : précarité, insécurité, coût de l’énergie, manque de professeurs, mur de l’investissement pour l’isolation, raréfaction de l’eau, adaptation au changement climatique, cohésion sociale, … Ce sont vos mots, cher Marc, mais ces questions sont autant locales que nationales, voire mondiales. Il n’est pas de réponses pragmatiques et concrètes, sans… prendre parti !

D’ailleurs, le groupe Synergies -qui traverse la Saône, le Rhône et même le périphérique- n’est plus une expression locale de l’ouest lyonnais, mais devient une réponse politique à la crise de la droite -sous pression de l’extrême droite, qui taraude les maires d’Écully et Décines.

Oui, la crise profonde de notre société exige de prendre parti… pas dans l’idéologie, pas dans les discours, non, dans le concret et cela exige de faire des choix. Il y a longtemps, nous avions une certaine autonomie locale, de la fiscalité, des marges de manœuvres ; même le patronat pouvait accepter des mesures sociales d’ampleur… création des ASSEDIC, forte augmentation du SMIC, moyens consacrés au logement social, dépenses d’éducation. Mais les crises répétées du capitalisme, livré à lui-même après la chute de l’URSS, l’ont en quelque sorte mis à l’os, révélant sa vraie nature -la guerre de tous contre tous. Les écarts de revenus entre les premiers de corvées et ceux qu’il faut appeler des « oligarques », de Bernard Arnaud à Elon Musk, nous ramènent aux inégalités pré-républicaines des seigneurs et des serfs.

Alors, quel rôle local pouvons-nous avoir si nous ne portons pas de choix politiques ? On parle, parfois, de « bouclier social ». Michèle Picard a raison de parler, plus modestement, « d’amortisseur social », car nous n’empêchons pas la crise de frapper nos concitoyens. Fabien Roussel, ce dimanche à la Conférence nationale du PCF, évoquait le risque d’un plan social massif, conséquence d’un budget national récessif, dans les collectivités, les associations, les bénéficiaires de marchés publics.

Et la désindustrialisation s’accélère… Jtech, Arkema, Bosch, Renault trucks, Syensqo, Bayer, Merk, Logiplast, Cotelle, Bonduelle, Valeo, Vencorex… sans oublier la distribution… Casino, Carrefour, Auchan… Ne nous faites pas croire que leurs difficultés viennent des services publics ! Non, elles viennent d’une récession en Europe qui paie le choix de la guerre et de la soumission aux États-Unis, l’affaiblissement de l’Allemagne -pour lequel je vous conseille, sur mon blog, un billet plein d’humour d’un journaliste russe sur la fin du gaz russe. Le capitalisme, incapable de développement, est devenu un jeu à somme nulle… pour que certains gagnent, il faut que d’autres perdent. Les USA veulent gagner, donc l’Europe doit perdre. C’est pourquoi les gouvernements successifs, incapables de penser la souveraineté de la France, nous mentent sur la réindustrialisation. Jamais ils n’interviennent sur le fond… les incroyables prélèvements des plus riches sur l’économie et la faiblesse des investissements privés malgré les milliards de soutien public !

Chirac, Sarkozy, Hollande, Macron ont creusé une dette qui semble faramineuse… 3 100 milliards, à situer relativement au patrimoine financier des français ; 6 200 milliards, au patrimoine total ; 12 000 milliards hors patrimoine public. Ce patrimoine privé est très inégalement réparti… le premier tiers des revenus en possède 1 % quand le dernier tiers en possède les trois-quarts. Comment a-t-il été possible de justifier la fin de l’Impôt sur la fortune ! Les dividendes aux actionnaires battent chaque année un record… 70 milliards, en 2023. Non, la dette ne vient pas des collectivités locales ni des dépenses sociales, mais de l’inefficacité des actionnaires, de leur incapacité à développer la France, de leur surdité aux enjeux de longs termes -obsédés par leurs indices quotidiens-, de leur incompétence à répondre aux immenses besoins d’emplois, de services, d’innovation. Oui, c’est la grande bourgeoisie qui est périmée !

Et toujours, dans le fatras du monde, les guerres qui continuent. La Syrie bombardée par Israël, avec la Turquie et Al-Qaïda, pendant que Gaza meurt. Quelle place les turcs laisseront aux kurdes dans le nord ? À n’y rien comprendre ! Tout peut finir comme en Lybie, les USA continuant d’exploiter le pétrole à Deir Ez-Zor.

Et sans écho dans nos médias, la puissante organisation d’action politique conservatrice US -la CPAC- organise une internationale d’extrême droite avec Milei, Orban, Bolsonaro, Meloni, Elsa Trump, Banon… poussant à valoriser la brutalité de Milei contre les dépenses publiques… Milei, qui appelle à la création officielle d’une internationale brune : « Il est de notre devoir moral de défendre l’héritage de notre civilisation occidentale. L’Occident est en danger, (…) Nous pourrions nous appeler une internationale de droite, un réseau d’entraide composé de tous ceux qui s’intéressent à la diffusion des idées de liberté dans le monde ». Dans ce type de discours, la liberté, c’est celle des loups ! Et on peut s’inquiéter des liens entre les fascismes de toutes natures rassemblés par Milei et Trump -y compris des djihadistes, quand on apprend que l’assassin de Samuel Paty était en contact avec le HTS, qui vient de prendre le pouvoir en Syrie.

Il faut prendre la crise démocratique occidentale au sérieux comme un moment de rupture. Quand le président français ne peut plus tenir compte des résultats d’une élection, qu’un parlement divisé se perd en polémiques, l’Union Européenne fait comme si elle avait tous les droits. Elle vient de se doter d’un « Commissaire au logement »… logement, qui n’est pas de sa compétence. Cette gouvernance sans démocratie peut tout, y compris en terminer avec la démocratie.

Tous les « modèles » de cette démocratie occidentale donnant des leçons au monde sont dépassés. L’allemand consensuel bousculé par l’impasse de sa transition énergétique et par la poussée de l’extrême droite, qui ravive de terribles souvenirs ; le présidentialisme US, pourri de populismes vulgaires et de débauches marketing ; le français républicain délaissé par des citoyens désabusés…

Oui, Einstein avait raison : « L’anarchie économique de la société capitaliste, telle qu’elle existe aujourd’hui, est, à mon avis, la source réelle du mal. Je suis convaincu qu’il n’y a qu’un seul moyen d’éliminer ces maux graves, à savoir, l’établissement d’une économie socialiste, accompagnée d’un système d’éducation orienté vers des buts sociaux. »

Mais il faut rappeler la formule de Lénine : « Une situation prérévolutionnaire éclate lorsque ceux d’en haut ne peuvent plus, et que ceux d’en bas ne veulent plus ». Certes, ceux d’en haut ne peuvent plus autrement que par la guerre et le fascisme, mais ceux d’en bas restent profondément divisés par le racisme, la concurrence, la crise d’une gauche affaiblie et divisée. Lénine précise, ceux d’en bas ne veulent plus quand on constate une « rapide élévation au décuple, ou même au centuple, du nombre des hommes aptes à la lutte politique parmi les travailleurs ». Nous en sommes loin.

C’est pourquoi je veux redire à mes amis socialistes et insoumis… cessons les guerres de chefs, les polémiques préélectorales. L’urgence est de surmonter les divisions de notre peuple pour faire reculer l’extrême droite, dont, je le répète, le risque est bien présent dans notre métropole. Nous avons besoin de solidarité, de concret, d’unité pour surmonter ce qui divise et permettez-moi de conclure sur le lien entre ces destructions d’emploi et les destructions du tissu social avec les squats, le mal-logement, les enfants à la rue, l’errance et la santé mentale.

Vénissieux vient de réaliser une grande consultation citoyenne sur les incivilités, la sécurité et la prévention… un évènement, avec 8 000 participants… plus qu’une participation électorale. Permettez-moi d’en dévoiler une réponse populaire. Face à ces urgences, les Vénissians demandent à la fois de la prévention et de la sanction, et ils placent la prévention au premier plan. Oui, nous pouvons avoir de larges majorités sur des actes concrets pour l’accueil des mineurs, l’enfance en danger ou l’hébergement des malades psychiques… en reprenant les mots du ministre de l’Intérieur -si, si, monsieur Retailleau- dont je dénonce la proximité politique avec l’extrême droite mais qui, devant le drame à Mayotte, a dit ce dimanche : « Il faut sauver des vies humaines, les héberger, qu’elles soient régulières ou irrégulières ». Madame Fautra, Monsieur Michel, pouvez-vous vraiment dire le contraire ?

Je vous remercie.

La vidéo de l’intervention : https://youtu.be/mWHIqf4KziE?t=3122

Ouvrir en grand le chantier contre l’extrême droite !

Intervention préalable -

M. le Conseiller P-A. Millet : Nous l’avons répété, la France se fracture, écartelée entre les premiers de corvées et les premiers de cordées, entre ceux qui ne respectent plus rien et ceux qui ne supportent plus rien, entre l’unité de la fête olympique et la division politique profonde. Les politiques qui se succèdent continuent à prétendre résoudre des problèmes qui ne font que s’aggraver, et nous entraînent dans les guerres. Le monde bascule, tout s’accélère et nous restons dans l’impasse politique.

Que dire de la crise du logement quand tous les indicateurs sont dans le rouge, du logement des salariés au sans-abrisme, du logement étudiant au logement des seniors ?

Que dire de la crise de l’emploi quand des entreprises ne trouvent pas à recruter avec 3 millions de chômeurs, quand on trouve des centaines de candidatures pour un chargé de communication numérique mais qu’on ne trouve plus de jardiniers ou d’éducatrices de jeunes enfants, quand des formations sur des métiers industriels en tension ne trouvent pas de candidats, hormis des migrants qui ne seront pas autorisés à travailler ?

Que dire de la crise agricole quand les agriculteurs ne peuvent vivre de productions que la majorité des milieux populaires ne peuvent acheter, quand le bio recule dans les paniers et que des agriculteurs en sortent car ils ne s’en sortent pas ?

Que dire de la jeunesse écartelée entre quelques influenceurs millionnaires et des milliers d’ados en rupture familiale et scolaire qu’aucun éducateur n’accompagne, encore moins après la suppression de 500 postes, un an après les émeutes de 2023 ?

Que dire quand le syndicat de JTECH, groupe Toyota, nous alerte sur le site d’Irigny ? 2 000 salariés il y a peu, 800 encore aujourd’hui, plusieurs milliers d’emplois en jeu au total… dans une filière automobile bousculée en Europe, seule zone mondiale toujours en dessous de son niveau d’avant-crise… une production en baisse attendue… le choc de l’électrification… La direction leur demande de faire des efforts pour avoir le soutien du groupe Toyota. C’était le discours du groupe Bosch, pour l’usine de Vénissieux, il y a quelques années.

Ce contexte de crises voit partout les progrès de l’extrême droite…

Permettez-moi de m’adresser à mes amis socialistes, écologistes, insoumis. Il est urgent de tout mettre sur la table pour comprendre pourquoi la gauche toute entière, divisée en 2022 ou unie en 2024 reste à 30 % des exprimés, 20 % des inscrits, alors qu’à chaque élection, l’extrême droite progresse.

Engageons notre auto-critique. Nous ne construirons pas de majorité en faisant croire que tout se joue en haut, que le seul problème serait Macron parce que nous aurions gagné. Cessons ce jeu à somme nulle où l’un cherche à gagner sur l’autre dans des polémiques au mieux dérisoires, au pire suicidaires. Nous faisons face, ensemble, à des défis gigantesques… pour l’accueil des mineurs isolés… pour l’hébergement d’urgence… pour l’insertion… pour les mobilités… Nous devons tirer le bilan de l’histoire de la gauche bien connue des milieux populaires. Elle a gouverné en 1981, en 1997, en 2012 ; elle a gouverné en Allemagne, en Angleterre et ailleurs, et même en Grèce avec une gauche radicale. Quand et où a-t-elle changé la vie ? Chacun peut dire : « Ce n’est pas moi, c’est l’autre ». Ce n’est pas à la hauteur du défi, pas à la hauteur de ce que vivent les milieux populaires comme les couches moyennes.

Et ne croyez pas que ce soit un problème des périphéries et que tout va bien dans les métropoles… L’extrême-droite, en 2024, mobilise plus de lyonnais que les écologistes victorieux en mars 2020 ! Elle a frôlé les 25 % à Vénissieux, malgré une faible abstention. Autrement dit, elle peut jouer un rôle de premier plan aux prochaines élections locales, et ne parlons pas de Corbas ou de Saint-Priest.

Alors, chers collègues du centre et de droite, permettez-moi de vous dire que nous sommes tous concernés par cette crise profonde, une crise de société, et que les polémiques médiatiques sont, à droite aussi, au mieux dérisoires au pire suicidaires. L’élan de la Révolution française, qui a construit dans les confrontations politiques entre nous un modèle qui faisait de la France un cas particulier dans le monde, est désormais épuisé. Il faut reconstruire notre modèle économique, repenser nos institutions… cette 5ème République qui n’a plus rien du projet du général de Gaulle…

Oui, de nouvelles mobilités sont nécessaires. Ce n’est pas monsieur le Maire de Meyzieu qui me contredira, grand cycliste du quotidien qui défendait dans un débat avec le président Kimelfeld la nécessité de pistes cyclables rapides, pour concilier débutants et habitués. Oui, il y a débat sur certaines voies grand-lyonnaises, et il faut écouter tous les habitants, cyclistes ou non car aucun n’est illégitime. Pour notre part, nous avons proposé pour les points les plus difficiles de se donner du temps. Mais les polémiques caricaturales ne peuvent conduire qu’à un vainqueur, l’extrême droite.

Par contre, nous devons tous prendre de front et au fond les questions instrumentalisées par l’extrême droite. Elle exploite tout ce qui met les Français en concurrence pour le logement, pour l’emploi, pour les droits… d’un côté, pour les diviser et renforcer le racisme qui reste le premier moteur de son vote… de l’autre, pour dénoncer l’inefficacité de toute politique publique, de droite comme de gauche…

On ne peut faire reculer le racisme sans renforcer nos services publics face à la concurrence vécue au quotidien par les Français, qui est une conséquence de cette théorie du ruissellement des « riches d’abord », de cette construction européenne de la concurrence libre et non faussée.

On ne peut construire de réponse à l’extrême droite sans remettre en cause le discours de l’immigration nécessaire, sans affirmer que la dignité de l’accueil des migrants exige de faire cesser cette émigration des guerres et des misères, de construire de nouvelles coopérations nord-sud sortant du néocolonialisme pour permettre le développement et ouvrir des perspectives aux jeunesses de tous les pays. Si l’Afrique connaissait, dans les 20 ans qui viennent, le même développement que la Chine depuis 20 ans, il n’y aurait plus aucun migrant africain en France en 2040. Cela obligerait à penser notre développement sur d’autres modèles économiques, fondés sur des niveaux très élevés de productivité.

Oui, il n’y aura pas de jours heureux en France dans un monde malheureux. Le monde bascule, le PIB des BRICS dépasse celui du G7 et leur prochain sommet en octobre confirmera que l’OTAN n’est plus aux commandes du monde. Refusons le choix commun de Biden et Trump d’une confrontation militaire qui n’a d’autre justification que de tenter de sauver le dollar !

Oui, le monde bascule et l’Europe est défaite, soumise à la domination US qui profite des guerres que nous payons, ayant imposé la casse du modèle industriel allemand privé de l’énergie russe, transformant le président de la République française en marionnette affirmant qu’il ne peut y avoir de guerre au Liban alors qu’elle a déjà commencé et que le Premier Ministre israélien le confirme avec la plus grande violence.

Au Moyen-Orient, c’est l’escalade décidée par Israël qui n’a pu, en vérité, éliminer le Hamas et continue à bombarder des écoles, des réfugiés, des civils à Gaza, en Cisjordanie, au Liban. Je ne sais qui succédera à Nasrallah, mais je sais qu’Israël n’a rien gagné à la mort d’Arafat. En Ukraine, l’OTAN continue à déverser des milliards pendant que les rumeurs de négociation se multiplient. Personne ne sait s’il faudra constater, demain, une défaite historique de l’OTAN ou si la guerre s’étendra autour de l’Ukraine.

L’information est le premier front de ces guerres modernes, avec des caméras dans les armes, chez les victimes, dans les médias embarqués. Le narratif dominant nous abreuve d’horreurs pour faire accepter des stratégies militaristes quand cela les arrange, puis les masque quand il faut justifier l’injustifiable, comme ces explosions de beepers dénoncé par le haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme dénonçant « le ciblage simultané de milliers de civils ». Israël, qui dit se battre contre le terrorisme, organise un terrorisme d’État. Ma génération découvre avec effroi que la guerre dit la vérité du monde. Les origines des armes vous révèlent mieux que tout discours la nature d’un conflit. À Gaza comme à Donestk, ce sont des bombes occidentales qui tombent, et la carte des pays qui refusent les sanctions occidentales contre la Russie ressemble étrangement à celle des pays qui reconnaissent l’État de Palestine.

Oui, le monde bascule et il est urgent que reculent les militarismes et que renaisse l’exigence de paix, comme la proposition de paix du Brésil et de l’Inde, l’appel des Guerrières de la paix (réunissant Palestiniens et Israéliens), comme Maoz Inon (entrepreneur israélien qui a perdu ses deux parents le 7 octobre) et son camarade Aziz Abu Sarah (entrepreneur palestinien dont le frère a été tué il y a longtemps).

Oui, le monde bascule… et nous l’avons vu dans le succès des Worldskills à Lyon, qui rassemblait 1 500 jeunes professionnels de 65 pays… Un grand succès qui révèle une vérité du monde dans ses résultats… la Chine en tête, et cinq pays asiatiques dans les 10 premiers… À part la France, certes troisième en jouant à domicile, c’est l’image des forces productives du monde. Plusieurs décennies de libéralisme ont dévalorisé en Occident les métiers, les filières, le travail, les qualifications. C’est sans doute le défi humain le plus difficile… s’appuyer sur cette jeunesse engagée pour redonner envie à notre peuple de se mettre au travail pour construire « les jours heureux »… une formule des communistes, mais qui avait été celle du Conseil national de la résistance et qui pourrait être celle de tous ceux qui refusent l’extrême droite…

La vidéo de l’intervention : https://youtu.be/Q2L6YqWr5t4?t=2480

Louis, nous saluons ta mémoire.

Hommage à la mémoire de Louis Lévêque, ancien Conseiller communautaire -

M. le Conseiller R. Debû : Monsieur le Président, chers collègues, c’est avec une certaine émotion que je voudrais rendre hommage à mon camarade Louis Lévêque, que vous êtes nombreux à avoir connu durant ses années de mandats et, par la suite, du fait de son engagement pour l’accès au logement.

Géant à la barbe fournie, aux yeux pétillants d’intelligence et à la voix grave, Louis pouvait, de prime abord, sembler quelque peu intimidant. Mais, très vite, chacun se rendait compte qu’il était en face d’un homme d’une grande délicatesse, qui prenait le temps d’écouter, de comprendre, de discuter et qui traitait tout le monde avec le même respect, qu’ils fussent ministres ou simples citoyens.

Louis Lévêque était un communiste et un chrétien. C’était un croyant. Croyant dans une société plus juste, où la classe des travailleurs pourrait non seulement jouir des fruits de son travail, mais aussi prendre part à la définition des enjeux et de l’organisation de leur travail.

Louis croyait aussi au vivre-ensemble, et donc à la Paix, car il ne peut y avoir de justice dans un monde en perpétuel conflit, dans des sociétés déchirées par les inégalités, les dominations de classe, de race ou de genre.

Son engagement chrétien l’a amené à la JOC -les Jeunesses Ouvrières Chrétiennes- où il découvrit la lutte des classes et qui aura pavé la voie à son engagement en faveur du monde ouvrier, des classes populaires. En 1976, il monta une section syndicale -alors qu’il est aide-coquilleur- dans une fonderie d’aluminium. Cet engagement ne le quittera plus.

Il adhère au Parti Communiste Français quelques années plus tard, en 1979, car il y trouve l’outil politique, l’espace de liberté, la camaraderie nécessaires pour porter collectivement ses idées. Celle de changer la société en libérant les hommes du capitalisme. C’est cet objectif qui l’animera dans tous les aspects de sa vie, et auquel il sera fidèle jusqu’à la fin.

La fidélité -à ses convictions (autant religieuse que politique), à ses amitiés (nombreuses), à ses engagements associatifs (notamment en faveur de l’accès au logement)- est un trait caractéristique de Louis, unanimement reconnu par tous ceux qui l’on rencontré.

Militant de terrain comme militant dans son entreprise, Louis sera élu dans le 8ème arrondissement en 1995. Il participera ainsi à la victoire historique de la gauche à Lyon en 2001, et deviendra, deux mandats durant, adjoint à l’habitat et à la politique de la Ville et conseiller à la CoUrLy.

C’est de ce poste d’adjoint qu’il participera à transformer profondément Lyon.

Parce qu’il croyait en la nécessité de vivre ensemble pour faire société, il s’est employé à faire passer le nombre de logements sociaux de 41 000 à 51 000, partout dans la ville. Il aura également pris à bras-le-corps les grands chantiers de requalification urbaine comme Mermoz, la Duchère ou la Confluence. Chantiers que nous sommes appelés à poursuivre et compléter, en gardant à l’esprit l’impérieuse nécessité d’offrir à chacun, non seulement un toit mais un cadre de vie digne, abordable et apaisé.

S’il choisit de ne pas se représenter en 2014, « Monsieur Lévêque » -comme l’appelaient avec respect les habitants de Mermoz ou de la Duchère- « Monsieur Lévêque » a poursuivi son inlassable engagement pour le droit au logement. À la commission DALO, dans les associations (CCAS), comme à GLH, il a continué à lutter pour l’accès au logement, première des sécurités pour tout un chacun.

En 2010, il écrivait que « la convergence des crises économique, écologique, sociale, et démocratique est la conséquence d’un mode de développement libéral, dont les plus démunis sont toujours les premières victimes ». Je crains que ce constat s’impose aujourd’hui avec encore plus de vigueur, et que ce soit à nous, aujourd’hui, de prendre le relais du combat inlassable pour un monde plus égalitaire.

Jusqu’au bout, malgré la maladie qui l’affaiblissait, Louis aura apporté sa pierre à l’édification d’une société plus juste et plus attentive aux plus fragiles d’entre nous. Et je crois que nous avons tous une immense dette de gratitude envers ce grand militant de la cause humaine.

Ainsi, à sa famille et à ses proches, je voudrais assurer, en notre nom collectif, nos condoléances les plus sincères et notre profonde gratitude pour tout ce que Louis nous a donné.

Louis, nous saluons ta mémoire.

La vidéo de l’intervention : https://youtu.be/Q2L6YqWr5t4?t=482

Hommage à Françoise Pietka…

M. le Conseiller MILLET : Françoise Pietka a été conseillère municipale de la Ville de Bron de 2001 à 2020 et conseillère communautaire puis métropolitaine de 2014 à 2020. Jean-Michel Longueval parlera de ses engagements brondillants mais beaucoup, dans la Métropole, ont pu apprécier sa rigueur et sa gentillesse notamment sur les questions de l’insertion, dont elle était une spécialiste, en connaissant les questions nationales, législatives, comme celles au concret des associations d’insertion, comme Présidente de la mission locale.

Elle était issue d’une famille modeste polonaise, son père avait connu Dachau et cela a compté dans ses engagements. Comme élue, elle avait cette pugnacité de l’expérience, de la connaissance, toujours en douceur, toujours avec les mots justes lors de ses interventions en lien avec les acteurs et les usagers, à l’écoute des plus précaires, sans faux-semblants ni façade.

Mais permettez-moi de parler d’abord de la personne, de la militante, celle qui disait à propos des hommages : « Il faut s’appliquer, ça reste, ça aide ! Il faut rendre hommage du mieux qu’on peut ». J’espère faire le mieux.

Françoise, c’était tout à la fois l’opéra et la poésie, l’engagement et la fête, la joie et la discrétion, la Commune de Paris et le Sénat. Une femme rigoureuse et festive, engagée et réservée, et tellement bienveillante. Elle ne se mettait jamais en avant. Elle avait l’habitude de travailler avec d’autres, pour d’autres, et elle a notamment joué un rôle important pour permettre à Guy Fischer d’être un vice-président du Sénat reconnu et apprécié.

Mais après avoir travaillé avec rigueur sur les thèmes de la Sécurité sociale, des anciens combattants et des retraites au Sénat à Paris, alors que la pression tombait, elle pouvait, dans le TGV du retour, faire rire le wagon avec des chansons de Titi parisien ou des airs d’opéra.

Elle adorait l’opéra, la Callas, jusqu’à réaliser son rêve il y a quelques années : aller écouter un opéra italien à la Scala de Milan. Ces salles immenses où on peut reprendre le chant des esclaves comme le chœur vivant de tout un peuple.

Elle était aussi une grande auditrice de musique contemporaine, et ceux qui l’ont accompagnée pour sa dernière cérémonie ont parfois découvert un de ses auteurs contemporains favoris, Arvo Part et son « Spiegel im Spiegel » où se répondent piano et violoncelle.

Grande lectrice, férue de littérature, de poésie, elle avait le génie de dénicher des livres rares, lisait la poésie de Ibrahim Maalouf, de Paul Geraldy.

Elle était aussi passionnée d’orgue de barbarie, dont elle collectionnait les cartons perforés de chansons de la Commune de Paris.

Car c’était une passionnée de la Commune de Paris, cet acte fondateur de défi à toutes les bourgeoisies du monde, qui affirme que ceux qui travaillent peuvent diriger l’État.

Alors, permettez-moi en son hommage, de reprendre la chanson pour elle « tout ça n’empêche pas not’françoise, qu’la commune n’est pas morte ! »

La vidéo de l’intervention : //https://youtu.be/gb-uGukkbIc?t=1006

Un nouveau site pour la vie politique du Grand Lyon !

Bienvenue sur le site des élus Communistes, Parti de gauche et républicains du Conseil de la Métropole du Grand Lyon.

Contrairement au choix du président-fondateur de la métropole qui a choisi de l’appeler « Métropole de Lyon », allant même jusqu’à considérer que, dans quelques années, tout le monde l’appellerait tout simplement « Lyon », nous considérons que la métropole est constituée de Communes, qui restent le lieu premier de la citoyenneté et de la vie démocratique, et parce que nous défendons la place et le rôle des Communes dans la métropole, nous l’appelons « la Métropole du Grand Lyon » !