Tous les articles par Collectif

Louis, nous saluons ta mémoire.

Hommage à la mémoire de Louis Lévêque, ancien Conseiller communautaire -

M. le Conseiller R. Debû : Monsieur le Président, chers collègues, c’est avec une certaine émotion que je voudrais rendre hommage à mon camarade Louis Lévêque, que vous êtes nombreux à avoir connu durant ses années de mandats et, par la suite, du fait de son engagement pour l’accès au logement.

Géant à la barbe fournie, aux yeux pétillants d’intelligence et à la voix grave, Louis pouvait, de prime abord, sembler quelque peu intimidant. Mais, très vite, chacun se rendait compte qu’il était en face d’un homme d’une grande délicatesse, qui prenait le temps d’écouter, de comprendre, de discuter et qui traitait tout le monde avec le même respect, qu’ils fussent ministres ou simples citoyens.

Louis Lévêque était un communiste et un chrétien. C’était un croyant. Croyant dans une société plus juste, où la classe des travailleurs pourrait non seulement jouir des fruits de son travail, mais aussi prendre part à la définition des enjeux et de l’organisation de leur travail.

Louis croyait aussi au vivre-ensemble, et donc à la Paix, car il ne peut y avoir de justice dans un monde en perpétuel conflit, dans des sociétés déchirées par les inégalités, les dominations de classe, de race ou de genre.

Son engagement chrétien l’a amené à la JOC -les Jeunesses Ouvrières Chrétiennes- où il découvrit la lutte des classes et qui aura pavé la voie à son engagement en faveur du monde ouvrier, des classes populaires. En 1976, il monta une section syndicale -alors qu’il est aide-coquilleur- dans une fonderie d’aluminium. Cet engagement ne le quittera plus.

Il adhère au Parti Communiste Français quelques années plus tard, en 1979, car il y trouve l’outil politique, l’espace de liberté, la camaraderie nécessaires pour porter collectivement ses idées. Celle de changer la société en libérant les hommes du capitalisme. C’est cet objectif qui l’animera dans tous les aspects de sa vie, et auquel il sera fidèle jusqu’à la fin.

La fidélité -à ses convictions (autant religieuse que politique), à ses amitiés (nombreuses), à ses engagements associatifs (notamment en faveur de l’accès au logement)- est un trait caractéristique de Louis, unanimement reconnu par tous ceux qui l’on rencontré.

Militant de terrain comme militant dans son entreprise, Louis sera élu dans le 8ème arrondissement en 1995. Il participera ainsi à la victoire historique de la gauche à Lyon en 2001, et deviendra, deux mandats durant, adjoint à l’habitat et à la politique de la Ville et conseiller à la CoUrLy.

C’est de ce poste d’adjoint qu’il participera à transformer profondément Lyon.

Parce qu’il croyait en la nécessité de vivre ensemble pour faire société, il s’est employé à faire passer le nombre de logements sociaux de 41 000 à 51 000, partout dans la ville. Il aura également pris à bras-le-corps les grands chantiers de requalification urbaine comme Mermoz, la Duchère ou la Confluence. Chantiers que nous sommes appelés à poursuivre et compléter, en gardant à l’esprit l’impérieuse nécessité d’offrir à chacun, non seulement un toit mais un cadre de vie digne, abordable et apaisé.

S’il choisit de ne pas se représenter en 2014, « Monsieur Lévêque » -comme l’appelaient avec respect les habitants de Mermoz ou de la Duchère- « Monsieur Lévêque » a poursuivi son inlassable engagement pour le droit au logement. À la commission DALO, dans les associations (CCAS), comme à GLH, il a continué à lutter pour l’accès au logement, première des sécurités pour tout un chacun.

En 2010, il écrivait que « la convergence des crises économique, écologique, sociale, et démocratique est la conséquence d’un mode de développement libéral, dont les plus démunis sont toujours les premières victimes ». Je crains que ce constat s’impose aujourd’hui avec encore plus de vigueur, et que ce soit à nous, aujourd’hui, de prendre le relais du combat inlassable pour un monde plus égalitaire.

Jusqu’au bout, malgré la maladie qui l’affaiblissait, Louis aura apporté sa pierre à l’édification d’une société plus juste et plus attentive aux plus fragiles d’entre nous. Et je crois que nous avons tous une immense dette de gratitude envers ce grand militant de la cause humaine.

Ainsi, à sa famille et à ses proches, je voudrais assurer, en notre nom collectif, nos condoléances les plus sincères et notre profonde gratitude pour tout ce que Louis nous a donné.

Louis, nous saluons ta mémoire.

La vidéo de l’intervention : https://youtu.be/Q2L6YqWr5t4?t=482

Louis Lévêque…

Les élus communistes métropolitains s’associent avec émotion au communiqué de presse de la fédération du Rhône du PCF en hommage à Louis Lévêque.

Il a été, comme élu de la Communauté urbaine et, bien entendu, comme adjoint au logement du maire de Lyon, un acteur engagé pour le droit au logement, pour la rénovation urbaine, pour l’accueil et l’hébergement. Il est devenu une référence incontournable du monde du logement, présidant la commission de médiation DALO -un des lieux où les conséquences du mal-logement sont le plus douloureusement visibles-, portant partout la défense des droits des mal-logés, des sans domicile, défendant l’exigence de solidarité territoriale si difficile à construire.

Nous lui rendrons hommage lors du prochain Conseil de Métropole et nous adressons à sa femme et ses enfants nos condoléances fraternelles.

On ne peut sortir de la crise de l’hébergement d’urgence sans sortir de la crise générale du logement.

Les élus communistes apportent leur contribution au débat de la majorité métropolitaine sur la situation d’urgence de l’hébergement et de l’accueil. Cet été, la Métropole a été dépassée par une nette aggravation des situations de personnes à la rue, et notamment de mères avec de jeunes enfants, et même de nourrissons. Selon la Préfecture, il y avait fin 2023 dans le Rhône, 3 198 personnes sans logement (391 de plus qu’en 2022), 19 566 personnes hébergées chez un tiers (1 485 de plus qu’en 2022), 9 010 en hébergement temporaire (801 de plus qu’en 2022), 6 602 dans un logement insalubre (130 de plus qu’en 2022), 29 709 dont la demande de logement avait plus de deux ans (3 985 de plus qu’en 2022), 6 338 dans un logement inadapté au handicap (449 de moins qu’en 2022, seule situation qui s’est améliorée), 19 523 dans un logement trop petit (1 135 de plus qu’en 2022). Depuis, tout s’est encore aggravé et on risque d’apprendre, en fin d’année, qu’on aura dépassé les 100 000 personnes en situation de mal-logement prioritaire (68 000 en 2020, 83 000 en 2021, 89 000 en 2022, 96 000 en 2023).

Pourtant, le budget 2024 métropolitain poursuivait la forte hausse des dépenses d’hébergement, qui sont passées de 5,6M€ en 2020 à 14,8M€ en 2024. Au total, jamais les capacités d’accueil n’ont été aussi élevées. Malgré cet effort, l’aggravation des situations d’urgence cette année, l’accueil de personnes à la rue venant de la région parisienne en amont des Jeux olympiques, le renvoi de personnes par les autres départements de la Région AURA ou l’explosion des expulsions (+ 24 % depuis 20 ans) ont mis cette politique d’hospitalité et d’hébergement d’urgence en difficulté, rendant très difficile de poursuivre l’accueil inconditionnel de certaines mères avec enfants.

On ne peut réduire cette urgence à des questions juridiques ou de compétences locales. Cela ne ferait que constater la difficulté d’agir sans ouvrir le débat sur les causes de cette situation. C’est toute la politique des gouvernements successifs de l’hébergement, du logement, de l’accueil et de l’immigration qui est un échec aux conséquences inhumaines, injustes et inégales.

C’est l’échec des politiques restrictives d’accueil qui créent toujours plus de situations de non-droits, comme ces familles syriennes que la France ne peut reconduire dans leur pays mais que l’État refuse de régulariser et de loger. Ce sont des centaines de situations, dans l’agglomération lyonnaise, qui sont maintenues dans l’illégalité et la précarité.

L’État laisse s’organiser la concurrence avec les départements voisins qui n’accueillent pas et renvoient les besoins sur la Métropole de Lyon parce qu’elle met en œuvre une politique d’accueil digne, s’appuyant sur une tradition de l’hébergement portée par de grandes associations, renforcée par la majorité de Gauche depuis 2020. Or, la condition pour faire cesser les squats, bidonvilles et marchés de la misère qui dégradent nos villes, c’est d’organiser un accueil digne et responsable de toutes les personnes à la rue, en organisant un véritable service public de l’accueil et de l’accompagnement. Cet accueil digne doit permettre de construire des trajectoires d’insertion. Cela suppose aussi l’action contre les réseaux de trafiquants, de prostitution, d’exploitation de la misère et de la précarité. C’est d’abord une compétence de l’État qui a, bien sûr, les capacités de le faire.

C’est l’échec des politiques du logement d’Emmanuel Macron, qui préfère faciliter les expulsions locatives et faire les poches aux bailleurs sociaux que de construire du logement accessible à tous. La guerre contre le logement social crée une situation de concurrence terrible pour les demandeurs de logement. Dans l’agglomération lyonnaise, 9 demandeurs sont en attente pour chaque bénéficiaire d’un logement. Cela rend impossible la sortie des hébergements pour un logement et, donc, l’accueil en hébergement des derniers arrivés, migrants comme résidents. Et c’est ce dont témoignent aussi les choix budgétaires forts d’Emmanuel Macron, qui préfère consacrer 70 milliards d’euros par an dans la loi de Programmation militaire pour préparer la guerre, 40 fois plus que les dépenses d’hébergement ! Pour notre part, nous refusons la concurrence entre les demandeurs, entre logement et hébergement.

Enfin c’est l’échec de la politique internationale de la France. Comme tout l’Occident atlantiste, elle refuse de reconnaître sa responsabilité dans les situations de guerre et de sous-développement qui sont les premières causes des migrations. On ne peut rien comprendre à l’immigration en ne regardant que l’accueil. Le gouvernement dit vouloir réduire les arrivées, mais il aggrave les causes des départs. D’ailleurs, quand il assume les conséquences d’une guerre, il sait accueillir plus de 100 000 ukrainiens, au moment même où d’autres migrants étaient expulsés. Il contribue, avec l’extrême-Droite, à faire croire que les migrants mettent en péril nos équilibres économiques et sociaux, quand ce sont les coûts des guerres et dépenses militaires qui explosent contre les dépenses utiles de logement, d’éducation, de santé. Nos équilibres sociaux sont, d’abord, mis en cause par l’explosion de la précarité, de l’errance, des addictions, de la grande pauvreté, qui ne concerne pas que les migrants. Non, on ne peut pas s’en sortir avec plus de prisons, de murs et de soldats dans les pays du Sud ; c’est un cercle vicieux qui ne peut qu’alimenter les tensions et les guerres, donc les migrations.

Le dialogue se poursuit dans la majorité métropolitaine pour trouver des solutions permettant la mise à l’abri de toutes les mères isolées avec enfants en bas âge. Les communistes souhaitent contribuer à des initiatives qui unissent toutes les situations d’urgence et de mal-logement. Nous appelons à un dialogue entre élus, militants, citoyens sur ces questions qui divisent notre peuple. On ne peut défendre une situation particulière en ignorant les autres, une catégorie de demandeurs en ignorant les autres, une mère isolée avec nourrisson à la rue et pas une mère non isolée, ou avec un enfant de 3 ans et un jour. Il faut faire converger toutes les actions contre le mal-logement, pour les personnes à la rue, comme pour celles menacées d’expulsion, exploitées par des trafiquants dans un squat, en situation dramatique de suroccupation aggravée, pour les personnes âgées ou handicapées enfermées dans un logement en étage non accessible…

C’est pourquoi, nous demandons que la Métropole renforce sa politique d’hospitalité et nous appelons à unir tous les demandeurs de logement ou d’hébergement et à interpeller les politiques publiques nationales et l’ensemble des acteurs du logement et de l’hébergement.

Un nouveau ministre du Logement doit enfin prendre des décisions en rupture avec celles impulsées par les gouvernements successifs depuis 20 ans. Il faut réaffecter d’urgence deux milliards d’euros des dépenses militaires, un milliard d’euros pour le logement et un milliard d’euros pour l’hébergement. Nous demandons également que soit posée la question de la réquisition des logements et immeubles de bureaux laissés vacants à des fins spéculatives, afin de les mobiliser pour satisfaire aux besoins humains fondamentaux de notre population.

On ne peut sortir de la crise de l’hébergement d’urgence sans sortir de cette terrible crise générale du logement.

Que faire après le 7 juillet ?

Nous sommes soulagés d’avoir fait barrage à l’extrême-droite. C’était l’objectif du nouveau Front Populaire. Mais les problèmes restent. Il est urgent d’ouvrir en grand le débat dans le monde du travail et les quartiers populaires.

– Quel est le rapport de forces réel dans la société ; comment gagner de vraies mesures sociales sans mettre en cause la domination des plus riches, des « premiers de cordées » de Macron ?

– Comment unir notre peuple quand il a été cassé en deux par l’extrême-droite, qui atteint 37 % des exprimés ?

– Comment faire une politique de gauche, soutenue par moins de 30 % des exprimés (moins de 20 % des inscrits), avec toutes les confusions et contradictions internes à la gauche ?

– Qu’espérer d’un « Front républicain » avec ceux qui, dans les gouvernements Hollande puis Macron, ont affaibli les services publics, précarisé le travail, aggravé les inégalités ?

La puissance du vote d’extrême-droite ne s’est pas transformée en députés RN, c’est l’essentiel ce 7 juillet. Mais les milieux populaires sont profondément divisés partout par l’extrême-droite, y compris dans la métropole et même Lyon, où elle mobilise 38 000 électeurs.

Le Front Populaire est à construire… pas à l’Assemblée, mais sur le terrain…

La majorité métropolitaine doit élargir sa base populaire !

Comme pour la ZFE, sur des dossiers d’aménagement urbain qui exacerbent les tensions entre habitants, cyclistes et automobilistes, résidents et passagers, jeunes et anciens, handicapés, … le Président doit donner du temps aux transformations, donc aux concertations, pour construire le plus large rassemblement des citoyens, des communes, de l’immense majorité qui peut se retrouver dans de nombreuses politiques publiques malgré les crises économiques, sociales et démocratiques.

Dans un contexte de rigueur financière contrainte, il faut dire ce qui est prioritaire et ce qui peut être ralenti, voire reporté. Sur les premières années, nous avons privilégié les modes actifs et la végétalisation, moins le social et les collèges. Nous pouvons faire évoluer nos priorités pour les deux années qui viennent et montrer plus fortement les priorités pour lesquelles l’État est en défaut, quitte à entrer en conflit sur des partenariats qui ne permettent pas de répondre aux urgences, comme sur le logement ou sur le rail.

Bref, l’enjeu de 2024 est d’élargir les bases populaires de notre majorité pour une métropole humaine, sociale, solidaire, qui garantit les droits et fait reculer les inégalités.

Face à la crise, trouver un nouvel équilibre budgétaire !

2024-2322 - Compte financier unique (CFU) 2023 -

M. le Conseiller MILLET : Madame la Vice-Présidente, chers collègues, le Compte administratif, désormais Compte financier unique, est marqué par des évolutions fortes : une baisse des recettes de plus de 2 % et une hausse des dépenses de près de 9 %. Cela ne peut pas continuer sans mettre en péril notre capacité d’agir. L’épargne nette résultante en 2023 n’est que 40 % de celle de 2022. Nous perdons 200M€ de capacité d’action propre.

Il faut, cependant, éviter tout catastrophisme car, fort heureusement, notre collectivité reste dans une situation acceptable en capacité de désendettement avec une dette faible. Nos investissements bien concrets sur nos projets sont en hausse.

Mais la baisse des recettes est une alerte, et nous savons tous qu’elle est le résultat de la situation de l’immobilier avec 30 % de baisse des DMTO, qui représentent une perte de 120M€, expliquant plus de la moitié de la baisse de l’épargne nette.

Cependant, cette baisse nous paraît d’autant plus brutale que nous sortions d’une décennie de hausse continue des DMTO. Ce qui fait, d’ailleurs, que le montant perçu en 2023, qui nous paraît très bas, est en fait celui perçu en 2017 et 2018… Dans beaucoup de départements, ce montant de DMTO est très variable et notre situation d’une hausse continue avait un caractère particulier. Cela ne fait que confirmer l’impasse, à long terme, des réformes qui privent les collectivités locales de fiscalité propre.

Si les dépenses de personnel augmentent, en gros, au même niveau que l’inflation, on sait qu’il faut porter une grande attention aux effectifs présents, pour assurer la maîtrise de cette masse salariale. C’est difficile car il n’y a pas d’efficacité des services publics sans l’engagement des agents, et les discussions en cours génèrent des questions et des inquiétudes légitimes. C’est dans le dialogue social que nous trouverons, avec les agents de la Métropole, les solutions pour réaliser nos missions dans la maîtrise de nos budgets.

Mais, bien sûr, la forte hausse des dépenses sociales (75M€) et des charges générales (50M€) est un défi, comme la hausse des taux pour les charges financières de 10M€. L’augmentation des dépenses sociales correspond à des actions connues et largement soutenues. En dehors du RSA, dont le nombre de bénéficiaires baisse et qui n’augmente qu’au niveau de l’inflation, les autres hausses sont justifiées par l’augmentation du nombre de bénéficiaires, notamment le maintien et l’accompagnent à domicile pour handicap, la PCH autonomie, l’Allocation personnalisée d’autonomie, … Mais, en fait, hors inflation, la hausse des dépenses sociales n’est que de 3 % ; 6 % pour les frais de séjour, qui sont l’augmentation la plus préoccupante.

Or nous savons que le vieillissement continuera de marquer les besoins d’accompagnement, que les fractures sociales vont continuer à faire pression à la hausse des dépenses sociales, notamment de séjour. Et, plus globalement, que le lien social, au cœur de beaucoup de nos missions, est essentiel à toutes les autres politiques. Pas d’efficacité de nos politiques d’éducation, d’insertion, de développement économique, de transition énergétique, de logement sans lien social avec les usagers, les habitants, les citoyens.

Or, et c’est le sens de notre appel à élargir les bases populaires de notre majorité, nous savons la profondeur des fractures sociales et citoyennes, qui nous conduisent à interroger le renforcement nécessaire de nos politiques de proximité -pour le logement comme pour l’éducation, pour le social, pour l’insertion, pour la prévention. Comment en créer les conditions ? C’est la question budgétaire qui est devant nous.

Il faut travailler à un nouvel équilibre budgétaire permettant de financer le renforcement de ces politiques, ce qui demande, bien sûr, d’optimiser tout ce qui peut l’être dans les charges générales, d’assurer la maîtrise de nos effectifs en les orientant sans doute plus clairement sur nos priorités. Cela suppose aussi, certainement, de plus interpeller l’État sur ses responsabilités et cela renvoie au débat actuel sur le financement des services publics que j’évoquais en introduction. Il faut redonner, de manière globale, les moyens à tous les services publics et aux collectivités. Et il faut une autre politique nationale qui mette enfin à contribution ces 500 grandes fortunes dont la valeur a explosé, en dix ans, de 200 à 1 200 milliards.

Cependant, nous avons un levier de fiscalité qui reste : la CFE, qui n’évolue en 2023 qu’au niveau de l’inflation. Cela ne nous semble pas acceptable dans le contexte tendu de ce Compte financier unique. Il faut ouvrir le débat d’une nette augmentation de cette contribution des entreprises, afin de pouvoir orienter le budget 2025 fortement sur nos priorités sociales.

Je vous remercie.

La vidéo de l’intervention : https://youtu.be/8vpjwzLuqc4?t=31138

Un équipement sportif utile, mais une attention au contexte de proximité difficile…

2024-2319 - Vaulx-en-Velin - Vénissieux - Sport - Attribution de subventions d’équipement à la Commune de Vaulx-en-Velin et à Lyon Métropole Habitat pour la création d’îlots sportifs inclusifs -

M. le Conseiller MILLET : Monsieur le Président, chers collègues, nous voterons, bien entendu, cette délibération avec un commentaire sur l’attention qu’on doit porter sur les difficultés que nos bailleurs rencontrent dans la gestion du quotidien et de la proximité.

J’aurais un avis un peu plus équilibré que le vice-président sur la préparation, la relation avec les locataires, les habitants du quartier. Pour ceux qui ne le savent pas, un peu au-dessous du rond de droite de votre photo, c’est un point de deal bien connu du quartier. Et donc, les difficultés du quotidien sur l’entretien des allées, sur les difficultés des gardiens, c’est quand même ce qui est dominant dans le vécu des locataires.

Je crois qu’il faut faire attention… parce que nos bailleurs sont en difficultés sur ces sujets. Ils sont en difficulté, évidemment, pour des raisons générales sur la situation des bailleurs, sur les atteintes contre le logement social mais ça les met, concrètement, en difficultés dans la relation aux locataires.

J’ai rencontré l’Amicale des locataires, qui faisait une Fête des voisins à peu près à l’endroit de ce projet… Je vous assure qu’il faut les entendre, les écouter pour avoir une bonne représentation de ce qui se passe.

Je crois que nous finançons nos trois offices métropolitains sur leur politique de proximité et sociale. Je crois qu’il faut qu’on soit plus attentifs pour avoir la vérité de la situation de terrain que nous connaissons bien, pour ce qui concerne Vénissieux.

La vidéo de l’intervention : https://youtu.be/8vpjwzLuqc4?t=27765

Réaménagement de l’îlot Milan… et une crèche pour les enfants des salarié.e.s du centre commercial de la Part-Dieu…

2024-2351 - Lyon 3° - Réaménagement de l'îlot Milan au sein de la ZAC Part-Dieu -

Mme la Conseillère ARTHAUD : Monsieur le Président, madame la Vice-Présidente, cher.e.s collègues, mon intervention ne portera pas sur le complément à la délibération que nous avions adopté en septembre 2023, mais sur le projet de réaménagement de l’îlot Milan. En effet, dans ce projet de réaménagement, que nous soutenons dans son ensemble, est évoquée la création d’une crèche.

Je voudrais attirer votre attention sur ce point précis, et me faire le relais d’une revendication portée, depuis de nombreuses années, par le syndicat CGT du centre commercial de la Part-Dieu. Alors qu’environ 5 000 salarié.e.s travaillent sur ce site, dont 75 % de femmes -et que, parmi ces femmes, 81 % ont moins de 40 ans-, aucune solution de garde pour les enfants n’est proposée ni par les employeurs ni par la direction du centre commercial. Pour les travailleuses, soumises à une amplitude horaire très large, dans un centre commercial ouvert tous les jours de la semaine, cela signifie, pour beaucoup, des temps partiels contraints. Contraints parce que la réduction de leur temps de travail est une nécessité pour s’occuper dignement de leurs enfants. Contraints parce que leur salaire, surtout à temps partiel, ne leur permet pas de vivre dignement. Nous savons tous ici, et j’ai croisé d’ailleurs certains d’entre vous hier au rassemblement féministe contre l’extrême droite, que l’émancipation des femmes passe par un travail, un salaire et des conditions de vie dignes. Or, dans l’état actuel des choses, une des conséquences des conditions de travail particulièrement difficiles au centre commercial de la Part Dieu (il n’y a pas de salle de pause, pas de parking gratuit, pas de crèche, etc.), c’est un turn-over particulièrement élevé. Les salariées ne restent pas au centre commercial de la Part Dieu, ce qui signifie -en plus de la précarisation de ces emplois- des coûts importants pour les employeurs pour le recrutement et la formation.

C’est pourquoi je porte la parole des salariées de la Part Dieu qui se mobilisent pour l’ouverture d’une crèche. L’ouverture de cette crèche, dans le cadre du projet de réaménagement de l’îlot Milan, peut être une opportunité pour répondre à la demande et aux besoins des salariées. Peut-on envisager des places attribuées, prioritairement, aux enfants des salariés du centre commercial dans cette crèche ? Si oui, est-il envisageable alors de demander une participation financière du groupe Westfield, qui ne prend pour le moment pas cette question en compte ?

Je sais, madame Vessiller, que vous avez déjà été interpellée sur ce sujet, mais je tenais à l’aborder en conseil de la Métropole pour appuyer et rendre publique cette demande légitime des salariés. Aujourd’hui, le plus grand centre commercial d’Europe en centre-ville ne prend aucune mesure en faveur des salariés, et ce serait un geste très apprécié et très attendu de la part des salariés que d’avoir une structure de garde d’enfant à proximité.

Je vous remercie.

La vidéo de l’intervention : https://youtu.be/8vpjwzLuqc4?t=24838

Une meilleure prise en compte des contributions… c’est susciter plus d’adhésions de nos concitoyens…

2024-2300 - Bron - Lyon 2° - Lyon 3° - Lyon 5° - Lyon 7° - Lyon 8° - Lyon 9° - Voie lyonnaise n° 12 - Arrêt du bilan de la concertation -

M. le Conseiller HAON : Monsieur le Président, chers collègues, mon intervention porte sur les 6 délibérations concernant les voies que nous continuons à appeler « Voies grand-lyonnaises » 5, 6, 7, 9, 10, 11 et 12.

Notre groupe réaffirme ici son soutien total à la réalisation de ces 13 lignes pour 2030, dans l’objectif de la montée en puissance de modes de transports actifs non polluants. Nous n’oublions pas qu’avant 2020, nous faisions partie de ceux qui, tout en reconnaissant les efforts engagés pour le développement des modes actifs, affirmaient cependant qu’ »il faut changer de braquet ». Nous avons changé de braquet, et ces voies lyonnaises en sont le signal le plus fort.

Ce réseau -dessiné en toile d’araignée pour irriguer largement la métropole, de la périphérie au centre mais aussi entre les communes périphériques- doit se réaliser en complémentarité et concomitamment avec une amélioration du réseau de transports en commun (métro, bus, tram). Cette alternative de déplacement ne doit pas se faire au détriment de l’investissement en transports collectifs. C’est la préoccupation que nous avons au sujet de l’élaboration du futur PDM (Plan de mobilités) qui, pour nous et en l’état actuel des choses, n’est pas en adéquation avec les enjeux du nouveau SCOT ; mais nous aurons certainement l’occasion d’en reparler.

Ces voies lyonnaises apportent une réponse utile aux enjeux de mobilité, de bien-être et de santé, mais aussi de lutte contre les îlots de chaleur par la végétalisation et les aménagements paysagers structurants accompagnant les lignes, ainsi que du confort et de la sécurité pour les cyclistes qui sont de plus en plus nombreux.

Elles sont véritablement nécessaires et ceux, comme une part de l’opposition, qui ne voient en elles que des « autoroutes à vélos » perturbant le « bon vieux trafic automobile » se trompent d’époque. Opposition de droite, qui joue la récupération politicienne en opposant les commerçants et les usagers, les automobilistes et les cyclistes sans voir que beaucoup d’habitants sont les deux et qu’il faut, au contraire, favoriser le partage intelligent des espaces, de la rue… ce qui suppose, d’ailleurs, un effort de tous, autant des automobilistes que des cyclistes et piétons. Cette instrumentalisation des questions concrètes posées dans les concertations est un petit jeu nauséabond et populiste que notre groupe ne peut cautionner.

Cependant, nous vous faisons part, ici, monsieur le Président, de nos préoccupations concernant les concertations et leur arrêt. Nous savons qu’il y a eu un réel effort de concertation. Et pourtant, nous n’avons pas réussi à construire un accord suffisamment large. Beaucoup d’usagers ont le sentiment de ne pas avoir été suffisamment entendus… ce qu’expriment, de manière très citoyenne, plusieurs collectifs.

Cette situation n’est pas suffisamment prise en compte dans le bilan et l’évaluation du consensus réalisé ou pas. Des situations se sont tendues, notamment sur la VL 12 -à Bron comme dans le 5ème. Des collectifs citoyens se sont créés. Nous pensons nécessaire de poursuivre le travail de prise en compte de leurs propositions. Nous ne pensons pas que le temps de la réflexion et des échanges avec ces collectifs, afin de déboucher sur des consensus plus larges, soit terminé.

Une meilleure prise en compte de leurs contributions, c’est susciter plus d’adhésions de nos concitoyens à ce mode de déplacement, accompagnée d’une meilleure information et une sensibilisation sur les comportements à adopter, afin de partager au mieux la chaussée avec les automobilistes et les piétons.

C’est pourquoi nous nous abstiendrons sur le vote de la Voie lyonnaise n° 12.

La vidéo de l’intervention : https://youtu.be/8vpjwzLuqc4?t=17222

La Cité internationale des arts du cirque au Puisoz !

2024-2318 - Culture - Construction de la Cité internationale des arts du cirque - Lancement de la consultation du concours restreint sur esquisse -

Mme la Conseillère BURRICAND : Monsieur le Président, chers collègues, cette délibération décline le projet de Cité internationale des arts du cirque dans ses aspects éducatifs, artistiques, sociaux et urbains comme dans ses éléments immobiliers sur le site du Puisoz. Nous approuvons le choix de soutenir les arts du cirque sur notre métropole ; c’est d’autant plus nécessaire qu’en France ils sont loin d’être considérés à leur juste valeur, réduits à un art mineur. Nous approuvons les objectifs annoncés d’inclusion sociale, de maillage du territoire, d’impact environnemental et d’égalité entre femmes et hommes, de structuration de la filière professionnelle des arts du cirque indispensable pour un égal accès à ces métiers de toutes et tous comme pour sécuriser des parcours professionnels trop souvent marqués par la précarité, d’autant que le statut d’intermittent du spectacle est plus que jamais menacé.

Nous nous félicitons donc de l’engagement de consultation de la maîtrise d’œuvre pour la construction de l’équipement situé au Puisoz et d’une réalisation à l’horizon 2028, que nous souhaitons effectif.

L’aménagement du site est le fruit d’une longue bataille qui a toujours mobilisé la ville de Vénissieux. Celle-ci a fait preuve d’une longue patience au regard de ses partenaires. Notre ville, comme beaucoup d’autres, a expérimenté la coupure du périphérique, entaille dans la ville mais aussi dans le Grand Lyon devenu Métropole. Le projet Puisoz Grand Parilly a donc été un soulagement, après des années d’attente, mais il a aussi fait l’objet de nombreux débats, discussions aussi avec l’investisseur privé, autour, finalement, d’une question centrale : il ne s’agissait surtout pas de construire une nouvelle zone commerciale mais bien un lieu de vie, mêlant activité commerciale et de loisirs, services administratifs à la population, offres de santé, logements et nous nous sommes battus pour que le logement social y trouve sa place. En somme, un nouveau quartier ouvert sur sa ville, Vénissieux, et sur son agglomération, d’autant que bien desservi par la ligne D et le T4 et adapté au développement des mobilités douces.

Une importante réserve foncière avait été réservée pour la réalisation d’un équipement d’agglomération, c’est donc un engagement métropolitain de longue date qui est respecté avec l’arrivée de la Cité internationale des arts du cirque au Puisoz.

Depuis que la Région Rhône Alpes s’est retirée du projet, nous entendons beaucoup dire, à droite, qu’il faudrait revenir sur ce projet d’autant que nous connaissons des difficultés financières.

D’une part, ce serait revenir sur l’engagement de deux majorités métropolitaines.

D’autre part, c’est faire peser un soupçon de « gabegie » financière sur la majorité alors que la délibération prend clairement en compte le retrait de la Région en déclinant en deux phases le projet.

Enfin, cela dédouane la responsabilité du président de la Région, Laurent Wauquiez, pour son désengagement partisan.

Nous entendons les difficultés des personnels, tant dans la mobilisation de ce jour que dans les recours des habitants en attente de traitement de leurs demandes.

Mais ces difficultés grandissent… d’abord, du fait du désengagement de l’État sur ses missions essentielles- éducation, santé, logement d’urgence -… de l’aggravation des inégalités sociales liées aux politiques gouvernementales qui ont sacrifié salaires et retraites… des ponctions des gouvernements successifs sur les ressources de collectivités locales…

La situation du pays montre combien les postures politiciennes sont contre-productives.

Nous voterons cette délibération.

La vidéo de l’intervention : https://youtu.be/8vpjwzLuqc4?t=9377