La culture serait-elle devenue une variable d’ajustement électorale ?

2025-2772 + 2025-2773 - Culture - Subventions de fonctionnement pour 2025 -

Mme la Conseillère M-C. Burricand : La culture a fait l’objet de larges débats, et c’est nécessaire. Mais ceux qui accusent la Métropole de faire de la culture une variable d’ajustement se trompent. Car chacun mesure que les restrictions menées dans la concertation, notamment sur le musée des Confluences, ne sont pas de nature à empêcher la même démarche dans d’autres secteurs. Je m’interroge, au vu des débats, la culture serait-elle devenue une variable d’ajustement électorale ?

Nous voudrions faire plus à la Métropole comme à Vénissieux, où nous avons de belles réussites… une médiathèque et un réseau de bibliothèques de quartiers… le théâtre La Machinerie et une salle Bizarre pour les musiques actuelles… le cinéma Gérard Philippe… le festival Fêtes Escales… l’école de musique… plusieurs équipements, donc, d’échelle métropolitaine… Et les besoins, comme les possibles, sont immenses.

En France, la moitié du budget public de la culture est assumée par les collectivités locales -à 80 % par les communes et intercommunalités.  Revient à l’État, tous ministères confondus, l’autre moitié du budget. C’est peu !

D’autant que, dans ce domaine, l’État dépense 20 fois plus pour un habitant de Paris que pour les autres.

La culture est aussi largement financée par ses usagers. Les français consacrent, en moyenne, 16 milliards d’euros -presqu’autant que le financement public-, soit 3,4% de leur budget en moyenne.

Mais cet accès reste inégal. L’Observatoire des inégalités indique des écarts de 20 à 44 points selon l’activité concernée entre les cadres supérieurs et les ouvriers employés.

La culture ne peut être laissée dans les mains du marché, il y a besoin d’un grand service public de la culture, de partenariats plus forts entre les collectivités et l’État.

Oui, nous voudrions faire plus. Nous préfèrerions que « Lire en Fête » n’ait pas fermé ses portes, que le musée des Confluences vogue en disposant de tous les moyens que son succès -et son succès populaire- autorise.

Mais personne ne peut ignorer que c’est bien l’État qui est à la source des difficultés des collectivités locales en imposant un budget d’austérité qui affaiblit l’action des collectivités locales, ses coupes sur le budget de la culture, les attaques contre le Pass Culture.

L’Union européenne réclame 8oo milliards pour la guerre, soit six fois le budget de la Russie, à peine moins que celui des États-Unis (892 milliards)… Combien pour la France (50 milliards, aujourd’hui) ?

Qui peut s’imaginer que, dans une telle situation, la culture s’épanouirait ?

Et n’oublions pas, dans cette affaire, ceux qui sont en première ligne de cette attaque… les artistes, auteurs et travailleuses, travailleurs précaires, toujours menacés, remis en cause…

C’est aussi en respectant ces femmes et hommes, leurs métiers que notre société montre son intérêt pour la culture.

Nous allons donc être de ces combats pour une culture émancipée de l’ordre dominant et des replis identitaires de toute nature, car nous voulons une société de partage et de vivre ensemble dans un monde de paix.

La vidéo de l’intervention : https://youtu.be/XbK0et0pTAo?t=26810

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