Mme la Conseillère L. Arthaud : Madame la Présidente, cher·es collègues, la délibération que vous nous présentez aujourd’hui fixe à 5 le nombre minimum d’élu·es pour constituer un groupe politique au sein du Conseil. Vos prédécesseurs avaient fait le choix de fixer ce nombre minimum à 2.
Vous avez déclaré à la presse qu’ « à deux on ne fait pas un groupe mais un binôme ». En mathématiques, 2, c’est déjà un groupe.
Le 26 mars, vous déclariez ici même que vous souhaitiez « conduire une gouvernance différente, plus proche, plus respectueuse, plus pragmatique et moins idéologique » et « être la présidente de tous les Grands Lyonnais » (et je rajouterais Grandes Lyonnaises).
Une gouvernance plus proche, plus respectueuse, qui représente tous les Grands Lyonnais et toutes les Grandes Lyonnaises, ce n’est pas une gouvernance qui ignore le vote de milliers d’électeurs qui ont porté leur choix sur des listes de gauche, listes qui -pour au moins l’une d’entre elles- a fait le choix d’une diversité de partis politiques, parce que nous savons que la démocratie se construit dans le débat.
Nous, élu·es communistes, dénonçons depuis la création de la Métropole en 2015 le statut de cette institution qui, malgré le suffrage direct, ne permet pas une vie démocratique à la hauteur des défis de nos sociétés fracturées. Cette métropolisation n’est, pour nous, qu’une remise en cause du triptyque Commune-Département-Nation au profit de ce qui éloigne les institutions des citoyen·es, le triptyque Métropole-Région-Union européenne.
Avec cette délibération, vous ne faites que renforcer l’éloignement des citoyens de la Métropole. Nous continuerons à défendre une métropole des communes et des citoyen·es, en portant un projet alternatif à votre majorité, qui ne va faire exister qu’une métropole des maires.
Une gouvernance plus proche, plus respectueuse, qui représente tous les Grands Lyonnais et toutes les Grandes Lyonnaises, ce n’est pas une gouvernance qui cherche à invisibiliser des partis, des idées, des forces politiques dans son assemblée. La démocratie en France, ce n’est pas museler l’opposition. La vie politique a besoin de pluralisme, d’expressions politiques contradictoires, nuancées. Dans un monde où le débat démocratique est de plus en plus abîmé, où l’invective, la violence et la force remplacent le débat et la construction collective, il nous paraît nécessaire que l’ensemble des sensibilités politiques désignées par les électeurs puissent participer de façon pleine et entière aux débats et décisions en disposant des moyens d’un groupe politique.
Avec cette délibération, vous montrez votre défiance envers le débat démocratique. Nous continuerons à défendre la démocratie, et nous savons le faire.
Enfin, une gouvernance moins idéologique ce n’est pas une gouvernance qui tend la main à l’extrême droite. Permettre, dans cette assemblée, l’existence d’un groupe politique du Rassemblement National et chercher à effacer des groupes de gauche est un acte politique fort. Le seuil de 5 élu·es est clairement choisi pour permettre ce groupe politique. C’est un choix que vous devrez assumer, lourd de conséquences. Avec cette délibération, vous sortez du barrage républicain à l’extrême droite, reniant une partie de notre histoire commune. Nous continuerons à lutter contre l’extrême droite, contre ses mensonges éhontés et ses idées nauséabondes.
Nous sommes, avec Aline Guitard et Michèle Picard, déterminées à mener le combat. Les femmes communistes savent se faire entendre dans toutes les circonstances. Contre cette délibération anti-démocratique, nous appelons tous les élus et toutes les élues qui se reconnaissent dans les valeurs de la République et de la démocratie à voter en faveur de l’amendement que nous portons avec le groupe des Écologistes et apparentés et le groupe Socialiste et Place publique.
Je vous remercie.
La vidéo de l’intervention : https://youtu.be/orgbNnl3zF8?t=9771